l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Sur son blog, une jeune diplômée de FLE, présente une approche intéressante de la pédagogie différenciée ou après un temps de recherche individuel, les élèves se confrontent en binôme avant de travailler en groupe élargi.
Le modèle qu’elle propose invite tout à la fois à la recherche individuelle, à la confrontation, mais permet également à l’élève de donner du sens à l’apprentissage on conceptualisant mieux ce qui est « attendu ».

Ainsi, la pédagogie différenciée nous montre qu’il ne s’agit pas d’une simple individualisation de la tâche mais bien de favoriser les interactions, la mutualisation, la métacognition avec cette antienne résolue que l’intelligence est la seule chose qui se multiplie quand on la partage !

Il faudrait aux maîtres un appareil spécial qui leur permettrait lors d’une séance en classe, de mesurer les écarts d’objectifs entre ceux du maître et ceux de l’élève. Cet appareil s’appelle souvent « la reformulation » ou « la métacognition ».
Il faudrait encore que l’appareil mesure les écarts entre les objectifs du maître et ceux induits par la situation ou l’exercice proposé.

Ces écarts viennent souvent du brouillage provoqué par l’exécution de de tâches connexes (colorier, découper, coller) qui deviennent envahissantes et nuisent à la centration sur l’essentiel. Ou encore d’un exercice mal questionné par le maître et qui vient comme en illustration du thème, occuper l’espace d’un fichier, sans répondre vraiment à l’objectif.

Et d’ailleurs j’ai dit objectif plutôt qu’objectifs : car la fiche de préparation qui multiplie les objectifs finit aussi par brouiller.

Il faut que le maître s’assure lui même de son objectif premier, celui qu’il entend développer et pour lequel il se battra tout au long de la séance même si bien entendu « tout en faisant faire ça », il travaillera aussi « ça » ou aura besoin de….

En secouant fermement l’arbre des exercices et des « activités » données aux élèves chaque jour, nous verrions que tomberaient comme autant de feuilles mortes, ces pages passées à servir un « autre chose », à « exécuter sans penser »…

Il faudra aussi, mais c’est un autre sujet, interroger toutes ces tâches déjà élucidées avant d’être mises en oeuvre, cet étayage surabondant qui dénature la situation problème et s’en tient à des problèmes de mise en scène, ou de mise en page… qui n’aident plus à apprendre ou à conforter l’objectif à servir…

Les maîtres parlent beaucoup dans la classe, pour expliquer et rassurer pensent-ils… ce qui peut faire problème, nous l’avons déjà évoqué .

Lorsque la parole est laissée à l’élève, parfois seulement concédée, c’est pour dire quoi ?

Est-il certain que nous écoutions vraiment les élèves ?

Pour les écouter, il faut peut-être les solliciter sur de bons sujets : que faire du récit interminable de la promenade dominicale au zoo ?

Le maître y apprend parfois des choses sur la vie quotidienne de ses élèves mais…

La question posée en classe, qui appelle « la bonne réponse », ou cette quête de l’élève qui a compris « où le maître voulait en venir » et permet donc à ce dernier d’entretenir l’illusion que le consensus est là, qu’il est possible de passer à l’étape suivante… cela ne suffit pas .

Quand le maître écoute-t-il vraiment ce que l’élève peut avoir dire d’un problème, d’une question relative à une notion, une norme ?

Cela passe par le choix de ne pas considérer qu’il y a faute en classe, ni même « erreur » mais « essai ». Il faut « faire parler » l’essai de l’élève le plus incongru pour découvrir avec lui la logique de son raisonnement…

Il faut accorder ce crédit à l’élève et l’inclure dans une démarche d’intelligence où la parole en classe ne vient pas seulement raconter ce qu’on a fait ou ce qu’on fera, mais explique le « comment de ce que l’on est en train de faire  » (lever l’implicite), il faut montrer que la parole est en classe un outil de la pensée individuelle et collective…

En classe, il faut savoir « réfléchir à haute voix »… Y compris le maître lorsqu’il écrit au tableau et vérifie… mais le plus souvent possible avec tous ses élèves…

La parole est faite pour convoquer l’intelligence sur le devant de la scène scolaire et la mettre en partage.