prélude n°1 en Do majeur Bwv 870

Samedi 10 mai 2008

Il fut un temps, peut-être inspirés d’un esprit qui soufflait avec feu “la pédagogie d’éveil”, où des maîtres faisaient écrire ou dessiner en musique.

La pratique laissait perplexe tant le hasard guidait les choix. La dispersion de la pensée ou la didacture de la musique pouvaient interroger sur son intérêt .

Notre Monde est trop accompagné d’un fond sonore inintelligible. Tout s’y confond dans un égalitarisme de bazar où l’on ne distingue plus la musique publicitaire, la guimauve standardisée et un extrait du “Clavier bien tempéré”…

La musique est revenue alors sagement dans sa discipline et les auditions sont parfois des pensums où “il faut se taire” pendant que le cédérom défile… Et les écarts culturels se creusent entre un “happy few” de plus en plus restreint et les autres qui voudraient bien aller ailleurs qu’au fast-food culturel s’ils savaient, s’ils osaient…

La musique vivante se fait rare, l’histoire de la musique portion congrue.

L’école maternelle ose parfois avec bonheur donner aux oreilles “fraîches” de la musique choisie. Je n’ai pas dit “classique” ce serait réducteur. Mais construite, avec un sens, une recherche dans ses rythmes et motifs qui touche le coeur, les sens et l’intelligence.
Mais contrairement aux apparences la musique n’est pas faite pour distraire et frapper dans ses mains, pas plus que le roman n’est là pour délasser.
L’oeuvre d’art est là pour nommer en nous ce que nous n’avions pas su dire, pas su nommer , subversive, elle prend le pari de nous élever toujours.
Le reste est flatterie, dispersion, futilité et n’a son utilité que pour nous aider à comparer pourvu que nous ne nous laissions pas piéger.

C’est si facile d’aller à la restauration rapide.

Pour avoir beaucoup écrit ces temps-ci, j’observe que la musique de Jean Sébastien Bach, le piano de Zhu Xiao-Mei par exemple, me permet à la fois de créer la bulle nécessaire à la mise en place de la pensée puis aide à dérouler le fil.

Les plans naissent avec aisance. La page se dessine, s’organise, se structure.

Leurre d’une relation individuelle à la musique, je n’en tirerais aucune généralisation… Il n’empêche qu’il y a peut-être une réflexion à mener dans ce que la musique sait construire comme relation au temps et à l’espace, sait nous replacer dans notre individualité.

La musique peut-elle aider à penser ?

Les notes bien détachées de Jean Sébastien, différenciation, éléments isolés, particules qui soudain reliées prennent un sens lumineux. Quelque chose d’appliqué, qui trace son chemin tout en s’autorisant des motifs. Différencier, relier, transmettre, resserer sur l’essentiel.

Quel autre but que celui du maître ?

Austère ? Ici pas de superflu. La musique de Bach m’aide à élaguer les longues phrases. Et si je dois me relire toujours j’ai un fil solide qui ne ressemble jamais au plan en trois parties…

Hélène Martin avait repéré des pages je crois chez Giono, écrites au rythme de Bach. Qui se souvient de Gould se parlant-chantant en le jouant, pressent que de la musique vient un chant, une parole, une pensée… miracle du génie du musicien qui nous unit, nous parle et nous montre à notre tour comment “faire de la pensée”…

Faut-il encore accepter cette transformation intime, ce pari…

Mais avons-nous réfléchi à ce que nous attendons d’un enseignement de la Musique et d ece que nous pourrions faire de la musique pour aider aux apprentissages ?

Tags : ,

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Aucun vote pour le moment)

Loading ... Chargement ...