l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Nous avons déjà évoqué l’évaluation externe de l’action des ministres voulue semble-t-il par la Présidence de la République et qui fait l’objet de nombreux commentaires dans la Presse écrite et audio-visuelle.

Au delà des commentaires sur le principe lui – même et les dérives éventuelles, il faut observer combien la Presse ramène l’évènement à une vision réductrice où il s’agirait de noter et de classer les ministres.

On oublie d’ailleurs de développer le concept « d’entretien d’évaluation » en pratique dans l’entreprise et même déjà pour nombre de postes administratifs. Cet entretien qui introduit la dimension humaine n’est pas seulement un temps où il s’agit de « rendre compte » mais de discuter de la faisabilité des projets et du rapport entre les moyens, les organisations et l’objectif défini. C’est un moment où peut intervenir une forme de contractualisation.

L’association « évaluation – notation chiffrée » est une confusion bien française, entretenue il est vrai largement par notre système éducatif, en particulier le secondaire où l’on pointe « la personne » et non « son action ».
L’élève dit le plus souvent « j’ai eu telle note« , il ne dit pas « mon devoir vaut telle note« .

Je me souviens très bien de cette élève qui m’avait reproché une mauvaise note, car pensait-elle « je ne l’aimais pas« .

Dans des systèmes scolaires comme celui de la Finlande, connu pour ses réussites, la notation est très tardive, mais la culture de l’évaluation est présente dès le début.

Si l’action dépend de la personne, il ne s’agit pas d’aller faire porter la faute ou le mérite sur les simples qualités personnelles, mais plutôt d’essayer de rechercher avec rationalité, les effets d’une action menée au service d’un objectif identifié.

Lorsqu’on parle performance il ne s’agit pas de regarder le seul résultat dans un esprit de compétition mais de repérer pour une action si elle est pertinente, efficace et efficiente.

Cela ne peut se faire en occultant les interactions qui existent dans un système complexe. C’est d’ailleurs là le risque essentiel d’une évaluation fondée sur quelques indicateurs isolés.

Cette affaire de la notation des ministres, nous montre l’urgente nécessité à l’école, de nous libérer de « la note globale » et de « la moyenne » et de nous centrer sur une évaluation des compétences fondée pour l’élève sur le repérage de ses réussites.
Que sait-il ?
Que sait-il faire ?
Que sait-il transférer de ses connaissances dans un autre contexte ?
Que peut-il en dire ?
Quelle stratégie peut-on construire pour aller vers un nouvel objectif clairement désigné ?

Ainsi l’évaluation devient une démarche intégrée au travail, pour nous au « métier d’élève » et au « métier de professeur ».

La notation est souvent un obstacle à la bonne lisibilité des acquis, elle entretient la confusion entre la personne et les résultats ou ses acquis, elle est réductrice et contre-productive. Cet exemple médiatique en témoigne à sa façon.

Selon Europe 1, les ministres dont celui de l’Education, seront évalués par le cabinet de Conseil Mars & Co. Evaluation qui pour le ministère de l’Education est à croiser avec celle menée dans le cadre de la LOLF où chaque année le ministre rend compte de l’action de son ministère devant le parlement.