l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Transmettre avant tout et sans équivoque. Différencier pour aider l’élève à questionner le Monde. Différencier parce que chaque pensée chemine selon sa voie propre.
Mais relier … les connaissances entre elles. Relier c’est à dire, non pas favoriser simplement le « vivre ensemble » dans le registre de l’aimable convivialité… mais démontrer que penser à plusieurs aide à penser mieux, que travailler ensemble si l’on sait pourquoi peut démultiplier les forces… relier pour aider à reconnaître dans un savoir ce qui vient d’un autre, ce qui se transpose, se transfère.
La phrase se questionne comme le cocon en sciences. Le problème mathématique raconte une histoire.

Voici le maître témoin et historien. Il dit aux élèves ce que les hommes ont apporté aux hommes. Ces reconstructions inlassables après ces échecs terribles. La résilience. Et la poésie, le chant. Et les oeuvres d’art et les inventions. Le savoir savoureux qui chaque jour avance et soudain nous fait regarder le Monde autrement. Ce Monde où tout interagit. Interrogations.

Il faut un maître qui ose en classe aimer le savoir et cherche dans la conjugaison la plus banale, dans la table de multiplication la plus austère ce qu’elle nous montre : là une régularité que l’on peut observer en entomologiste, ici une singularité qui questionne, pousse à chercher et vient se garder en mémoire plus facilement… Petits et grands phénomènes. Hypothèses.

Il faut soulever les cailloux, démonter les objets, classer, réfléchir, comparer, reconnaître, ranger, chercher, bricoler, inventer, essayer… tout mettre en intelligence, stimuler, enrichir, partager … essayer, essayer encore, oser… voir si c’est pareil, si « ça marche à chaque fois », refaire, refaire pour se rassurer, s’assurer, stabiliser…
Il y a dans ces intelligences qui s’expriment et se frottent en classe la vraie jubilation du bonheur d’apprendre.
Maître, pour y aider, es-tu toujours assez curieux du Monde ?

Question piège ou bateau d’une amie sur « ce qu’il me semblait le plus important pour un maître »…

Je n’allais pas lui citer le cahier des charges de la formation des maîtres et les dix compétences… J’ai répondu : « transmettre, différencier, relier ».

Transmettre, parce qu’un enseignant doit oser mettre en partage ses connaissances.

Différencier parce qu’il faut aider l’élève à questionner le monde, classer, trier, identifier, chercher à construire de la pensée rationnelle. Histoire de devenir élève… Différencier parce que chaque élève n’avance pas du même pas vers la connaissance pas plus qu’il n’en a le même regard…

Relier parce que tout interagit et qu’il faut à la fois montrer ce qui relie l’homme et son Monde, les systèmes entre eux, la complexité et parce que le partage d’intelligences reste la chance de l’Humanité. Relier parce que vivre ensemble est difficile mais ce qui nous ressemble en nous doit nous rassembler plus que ce qui nous sépare…

L’école pour goûter à l’Universalité et revendiquer l’éducabilité de tous …

C’est un peu grandiloquent et pourtant c’est aussi là que le socle commun peut se retrouver (transmettre les connaissances, différencier les domaines et construire de la transversalité…) ou la polyvalence du maître capable d’aider l’élève à observer et classer les particularités de la langue comme il l’a fait la veille avec des catégories animales en sciences… ou bien parce qu’il lui permettra de comprendre la langue scolaire au travers des différentes disciplines… Un maître qui doit aimer apprendre autant qu’enseigner et qui doit aussi s’interroger sur le chemin et les obstacles que rencontre l’élève face au savoir…

Comme il doit savoir s’émerveiller de ces intelligences neuves que chaque rentrée scolaire conduit devant lui…

Et vous, qu’auriez-vous dit ?