Recherche

 

«  Il n’y a rien de simple, disait Gaston Bachelard,  il n’y a que du simplifié.  » La complexité est le problème auquel font face toutes les sciences aujourd’hui (…). Edgar Morin. Comprendre la complexité: Introduction à La Méthode (2000) .

 

 

La recherche en milieu extrême nécessite...
La recherche en milieu extrême nécessite…
... quelques ajustements du protocole utilisé.
… quelques ajustements du protocole utilisé.

Le raid 56/2

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  •  Protocole:

Le programme raid s’inscrit dans un projet mêlant ergonomie à technologie, en collaboration avec l’IPEV et le responsable logistique, concepteur du raid, Patrice Godon.
Depuis 2012, date du premier raid auquel j’ai participé, nous nous intéressons à la construction de la sécurité en articulation avec la performance durant la traversée.

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Le travail porte sur une compréhension de la construction de la sécurité mêlée à une efficacité du travail/de l’organisation en conditions extrêmes. Les questions de recherche concernent alors la résilience du système, la conception du raid et ses régulations, la gestion d’imprévus, la prise de décision, la coopération en situation d’urgence, le développement de nouveaux savoir-faire. La transmission de l’expérience capitalisée depuis 1993 devient un axe d’étude incontournable en vue de former les futurs raideurs, puisque c’est bien la continuité du raid en sécurité sur les prochaines années qui est en jeu.

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A partir des raids étudiés précédemment, nous avons pu constater qu’une des activités principales durant le raid porte sur la maintenance des engins.

 

 

 

Le raid 54/3

  • Protocole:

Le protocole repose sur la construction de la sécurité collective au sein du raid. Le but est de comprendre comment se construit et évolue la sécurité durant le  déplacement du convoi.
Les travaux de recherche précédents montrent  que la gestion d’imprévus, la planification, les savoir-faire de prudence permettent de gérer la sécurité.  J’ai donc décidé d’identifier les régulations de sécurité collective, sur incidents
mais pas que ça. Car si on sait qu’on apprend des situations de dysfonctionnement, les travaux sur la résilience des systèmes (Hollnagel, 2010) montrent que d’étudier le système lorsqu’il fonctionne bien, permet de comprendre aussi comment il
construit sa sécurité.
Le protocole initial portait sur les événements de sécurité : le but était de relever les actions mettant le groupe en danger, et les actions volontaires de sécurité. Un événement est un élément perturbateur, gênant le déroulement du raid et des
activités. 

 

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Inspirée de l’étude de Amalberti et al. (2001) sur la sécurité collective auprès d’un groupe d’intervention du SAMU, j’ai décidé de recueillir le maximum de traces sur les actions du chef de convoi suite à un incident, ou non, et de relever les
situations redoutées (ce qui faut éviter qu’il arrive). 

Pour chaque événement, seront relevés l’origine de l’événement, la nature en lien avec la sécurité, la solution apportée (ou le mode de contrôle), et le contexte de l’activité collective, à savoir la coopération dans l’action, la coopération dans la planification, la méta-coopération.

Concrètement, je suis présente sur chaque situation, intégrée au convoi et je relève le maximum de traces de l’activité :
–    Les contacts radio avertissant un problème ou un dysfonctionnement, heure, coordonnées gps, durée intervention etc…
–    Entretien chaque soir avec le chef de convoi sur les événements particuliers de la journée, qui l’ont marqué ou qui ont été source de préoccupation et de réflexion dans la journée dans l’engin.

Comme vous l’avez vu en cours, on peut planifier beaucoup de choses, dans la réalité ça se passe rarement comme prévu… en recherche c’est pareil… Vu les conditions extrêmes de recherche, mon but est de revenir avec le maximum d’éléments. 

J’ai donc tenté de récupérer des savoir-faire de prudence . J’ai distribué le jour du départ en raid, à chaque raider, un petit carnet, sur lequel ils sont chargés, pendant le raid, de noter  toutes leurs actions en lien avec la protection contre le risque ou le danger, pendant mais aussi en dehors des incidents. Dans un deuxième temps, il est prévu un débriefing collectif avec l’ensemble des raiders pour échanger et partager ces notes, afin de co-construire une amorce de savoirs de prudence partagés par tous, permettant à termes, l’élaboration d’un cadre de sécurité, dans un but de transmission future des savoir-faire aux raiders successeurs . Je ne suis pas sûre de cette méthodologie, d’où la petite recherche que je vous demande de faire. Auriez-vous d’autres propositions ?
Plus on avance et plus je remarque des changements de plans. Car les entretiens que je mène se terminent par les objectifs de demain et le mode opératoire choisi pour mener à terme l’objectif. Le cas s’est produit entre l’objectif et le plan de
convoi annoncés la veille au soir à 23h et ce qui s’est mis en place le lendemain à 7h30, ce n’était plus la même chose…
Donc plus le raid se déroule, et plus il devient intéressant  de s’attarder une fois de plus sur cette histoire de planification et de régulation.
Les prises de décisions en situation délicate ; J’ai pris note d’un bel exemple durant le raid : le passage des 3 attelages à D17, zone de crevasses mais aussi caractérisée par une pente très forte. La situation redoutée est que les engins s’arrêtent dans la côte. Car avec les charges, il faut dételer plusieurs engins pour tracter. Donc perte de temps.
Le 1er attelage passe sans aucun problème, les engins sont très puissants et la piste n’est pas encore creusée. Le 2ème attelage passe  in extremis, la piste est glacée, ça patine mais ça passe. Le 3ème plante. Cette situation a été abordée avec le chef de convoi en entretien.
Enfin, j’installe des go pros sur le convoi pour rendre compte des caractéristiques du terrain. Par ailleurs j’essaie de prendre en photo chaque composition d’attelages dès que ça change. Mais c’est aussi compliqué étant donné les nombres de
changements…
Avec tout ça, les journées commencent avec un lever à 6h30, et un coucher pas avant 1h. Je manque de temps. Le chef de convoi, voyant cela, a proposé de me dispenser des pleins de fuel du soir, remplacée par un mécanicien. C’est l’erreur à ne pas faire : accepter. Le but est de se fondre dans le paysage et ne pas être un poids supplémentaire pour les autres si on veut garder les portes ouvertes dans le milieu le plus longtemps possible. Vivre le raid, c’est appartenir au groupe et respecter la répartition des tâches. Chacun à un rôle à jouer assurant  la sécurité de l’ensemble des membres. Le raid ne peut pas subir la manip scientifique. C’est donc à moi de m’organiser.
C’est une des difficultés que je rencontre : les journées n’ont que 24h, ça ne suffit pas ! J’essaie d’optimiser le temps dans l’engin. Mais passé la piste D85, les sorties de route ne pardonneront plus…

 

 

 

  • Problématiques:

Ici sont récapitulées toutes les problématiques sur lesquelles vous pourrez réfléchir de manière collective, en utilisant les commentaires…

 

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