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Bac de français – L’ironie

Cette fiche vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

L’ironie permet de dénoncer une situation ou un discours absurde, ridicule ou révoltant.

COMMENT REPERER L’IRONIE DANS UN TEXTE ?

1. Les modalisateurs : « évidemment », « certes », « il va s’en dire que », « comme chacun sait », « bien sûr », …

Ils mettent en évidence une distance entre le locuteur (celui qui parle) et l’énoncé qu’il rapporte.

Ils ont l’air de donner du crédit au propos mais en fait ils soulignent son ridicule.

Ex : La chanson « Bien mérité » de Clarika (2009) repose toute entière sur l’ironie. On remarque dans les paroles que la présence de nombreux modélisateurs a  pour rôle de souligner le caractère révoltant de l’inégalité arbitraire entre pays riche et pays pauvre. Leur répétition exagérée est un indice qui signifie à l’auditeur de se méfier de ce qui est dit car tout est à prendre à contrepied :

« Les bancs de mon école, le pouvoir d’étudier,
ah ouais, je l’ai bien mérité. (…)
bon sang, c’est sûr, c’est la loi de la nature,
c’est l’évidence, t’avais qu’à naitre en France.
Et tant pis pour ta gueule si t’es né sous les bombes,
bah ouais, tu l’as bien mérité.
T’avais qu’à tomber du bon côté de la mappemonde,
bah ouais, tu l’as bien mérité. »

http://www.dailymotion.com/video/x8ic1i

2. La typographie et la ponctuation :

  • Les points d’exclamations peuvent montrer le caractère révoltant d’un propos et signifier que le locuteur s’en détache.
  • Les points d’interrogations peuvent cacher la présence de questions rhétoriques (fausses questions dont la réponse est évidente).
  • Les points de suspensions proposent parfois au lecteur de saisir une allusion.
  • Les guillemets ou les italiques qui suggèrent que le locuteur prononce les mots d’un autre (une citation) et ne les reprend pas à son compte.

3. L’usage de certaines figures de style :

  • L’antiphrase : le locuteur exprime exactement le contraire de ce qu’il veut dire.
  • La litote ou l’euphémisme qui atténuent son véritable avis sur quelque chose.
  • L’hyperbole dont l’exagération souligne le caractère inacceptable du propos.
  • Le paradoxe qui montre que quelque chose pose problème.
  • L’oxymore qui met en lumière une tension entre deux éléments normalement opposés.
  • Et bien d’autres selon le contexte où elles sont employées !

4. Un discours qui paraît paradoxal ou sans cohérence :

Toute prise de position extrême ou illogique doit paraître suspecte et mettre le lecteur sur la piste de l’ironie.

Par exemple, dans l’article « Torture », Voltaire, en tant que philosophe, ne peut pas défendre une telle pratique même s’il se plaît à en vanter les avantages, cela n’est qu’un masque pour mieux  la dénoncer et montrer en quoi elle est révoltante. Il parle au nom des tortionnaires pour mieux les condamner par le discernement du lecteur. Sous l’apparente légèreté du propos, se cache la gravité de sa prise de position : c’est cela l’ironie !

5. Les gestes, les mimiques et les intonations qui relèvent de la caricature au théâtre


LE ROLE PRIMORDIAL DU DESTINATAIRE (lecteur, spectateur, auditeur)

  1. Comprendre l’implicite : l’ironie repose sur ce qui n’est pas dit mais seulement suggéré. Elle se construit donc sur un partage des connaissances et des valeurs (le beau, le laid, le juste, l’injuste, l’humain, l’inhumain, …). Cela instaure une connivence entre l’auteur et le destinataire qui est censé reconstruire l’opinion réelle de l’auteur et la partager.
  2. Etre un destinataire actif et ne rien prendre au pied de la lettre : l’ironie ne fonctionne que si le destinataire la comprend ! L’auteur prend le pari de l’intelligence du lecteur et de son aptitude à ne pas se laisser duper par un discours paradoxal.

Lorsque l’ironie n’est pas comprise, cela peut aboutir à un quiproquo voire un heurt idéologique entre ironiste et destinataire. Par exemple, l’humoriste Dieudonné a prétendu faire de l’ironie sur les juifs, mais la prétendue ironie n’a pas été perçue par le public qui s’est indigné de ses sketches jugés racistes. Il a même été condamné à ce sujet. Toute la question est là : était-ce vraiment de l’ironie ?…

 

 

BILAN : Non seulement l’ironie est appréciée du lecteur car elle joue sur l’humour, mais, de surcroît, elle permet à l’auteur de ridiculiser ses adversaires car en faisant semblant de soutenir leur opinion adverse, il se moque d’eux implicitement.

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2 Comments » for Bac de français – L’ironie
  1. ellam dit :

    Bonjour, Merci bcp pour ces conseils! J’ai juste un petit problème : concernant le modalisateur « il va s’en dire que », notre professeur nous a dit qu’il fallait écrire « il va SANS dire » et non « il va s’en dire » comme écrit dans cette page. Que dois je écrire si cela se présentrait? Merci encoer! Ella

  2. candrose dit :

    merci :)

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