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PREMIÈRE PARTIE : Composition d’histoire
Sujet 1 – La guerre d’Algérie
Ce sujet correspond à un des sujets d’étude du programme. Rien d’extraordinaire, si ce n’est l’absence de dates dans le sujet, qui oblige à choisir et à justifier son choix. Les dates habituelles de la guerre d’Algérie sont 1954-1962, même si certains historiens ont tendance à faire commencer la guerre en 1957 (bataille d’Alger), et si l’historiographie algérienne la fait débuter dès les émeutes de Sétif et Guelma (1945). Nous nous en tiendrons ici à la problématique attendue des correcteurs : une explication des modalités de la décolonisation algérienne. L’absence de dates permet de revenir aux origines de la colonisation et des difficultés rencontrées par le colonisateur et le colonisé, et de dire quelques mots des conséquences de l’indépendance algérienne dans les années 1960, à la fois pour les réfugiés (pieds-noirs, harkis) que pour la place nouvelle que prétend prendre l’Algérie dans le concert des nations.
Un plan chronologique est le plus simple.
1. L’Algérie, une colonie ancienne au statut particulier dans l’Empire français, très divisée au début des années 1950. Il s’agit ici de rappeler qu’après l’invasion de 1830, l’Algérie est devenue une colonie de peuplement, que les juifs algériens ont acquis la nationalité française par le décret Crémieux, que les mouvements indépendantistes se sont développés depuis les années 1930-1940, et que l’Armée de Libération Nationale (ALN), bras armée du parti indépendantiste FLN, est aidé par l’Égypte et par l’URSS en 1954.
2. Un territoire au cœur des enjeux de pouvoir, en Algérie comme en France (1957-1961). Il s’agit ici d’expliquer les difficultés rencontrées par l’armée en Algérie, la bataille d’Alger et les répercussions de l’usage de la torture, le poids de l’armée française dans le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, le référendum d’autodétermination de 1960 et le retournement de De Gaulle favorable à l’indépendance, ce qui provoque contre lui le putsch d’avril 1961.
3. Une décolonisation aux conséquences importantes en France, en Algérie et dans le Tiers-monde. Après les accords d’Evian (mars 1962) et l’indépendance (juillet 1962), la France recueille sur son sol nombre de réfugiés, pieds-noirs et harkis ; les menaces contre de Gaulle le poussent à organiser un référendum sur l’élection au suffrage universel direct du président de la République ; l’Algérie indépendante devient un des fers de lance du Tiers-monde, notamment lors de la conférence d’Alger (1982) qui exige des anciens colonisateurs et des pays industrialisés une aide économique aux pays sous-développés.
Sujet 2 – Les mutations de la population active en France de 1850 à nos jours
Sujet qui correspond à la mise en œuvre d’un chapitre du manuel. Il faut s’efforcer de s’adapter au cas français, et justifier les charnières des parties d’un plan chronologique.
La problématique peut être : Comment la population active française s’est-elle adaptée aux mutations économiques, sociales et culturelles ?
Un plan chronologique pour les grandes parties, et thématique pour les sous-parties, semble le plus efficace pour brosser les grands éléments de l’ensemble de la période.
1. De 1850 à 1939, une population active qui devient majoritairement urbaine et en partie industrielle. Cette partie doit permettre d’expliquer les conséquences de l’essor des techniques, du monde ouvrier, dire un mot de la politique nataliste menée par l’État et de l’influence des migrations européennes et coloniales sur l’économie française.
2. De 1945 aux années 1970, une population active qui augmente et devient une société de loisirs. Il s’agit ici d’expliquer l’essor du crédit, les conséquences de l’urbanisation, le baby-boom, et les besoins en main d’œuvre étrangère créés par cette forte croissance économique.
3. Depuis les années 1970, une population active qui fait face à un chômage de masse, accède fortement à l’enseignement supérieur et s’ouvre aux nouvelles technologies. On peut ici dire un mot des chocs pétroliers et des difficultés des gouvernements à répondre à la forte croissance du chômage, et expliquer ensuite les inégalités croissantes entre une population peu éduquée qui se maintient dans un chômage de longue durée aggravé par l’industrialisation, et une population qui accède en plus grand nombre aux études longues, s’ouvre au commerce européen et mondial, et aux nouvelles technologies, c’est cette partie de la population, en grande partie urbaine, qui maintient la natalité à un niveau parmi les plus importants en Europe.
DEUXIÈME PARTIE
Exercice A – Réalisez un croquis de l’organisation des réseaux de transports en France métropolitaine et de leurs connexions avec l’Europe et le monde.
Croquis de cours. Il faut bien mettre en évidence les nœuds de connexion entre les transports du territoire français et les réseaux européens et mondiaux.
Titre : l’organisation des réseaux de transport en France métropolitaine et leurs connexions avec l’Europe et le monde.
Légende possible. D’autres sont parfaitement valables, il n’y a jamais une seule légende possible.
1. Un territoire inégalement desservi par des transports encore fortement centralisés autour de Paris. Une forte densité de transports (est de Le Havre/Marseille) due à une industrialisation et une grande densité de population. Des métropoles inégalement influentes (Paris / les métropoles d’équilibre). Des axes de transports centralisés autour de Paris (axes ferroviaires, axes autoroutiers). Des grands travaux de déconcentration (viaduc de Millau, axes autoroutiers et TGV Lyon/Marseille).
2. Une connexion inégale du territoire français à l’espace européen. Des nœuds de connexion majeurs : tunnel sous la Manche, autoroutes internationales (pays basque, Perpignan, Nice, Alsace, région lilloise. Des ports maritimes d’influence continentale (Le Havre, Dunkerque, Bordeaux, Marseille).
3. Une connexion inégale du territoire français à l’espace mondial. Un hub aéroportuaire mondial : Roissy-Charles-de-Gaulle.
Exercice B – Analyse d’un document en histoire.
La politique nazie d’asservissement et d’extermination. Après avoir situé le document dans son contexte, montrez son apport pour la connaissance de la politique nazie d’asservissement et d’extermination.
La politique d’asservissement et d’extermination. Après avoir situé le document dans son contexte, montrez son apport pour la connaissance de la politique nazie d’asservissement et d’extermination.
Un discours, prononcé en privé, en octobre 1943 à Poznan, devant des dignitaires SS par leur chef, Himmler, justifie le sort réservé aux populations civiles pendant la Seconde Guerre mondiale, et notamment la mise en œuvre de la Solution finale de la question juive, comme l’avait annoncé Hitler dans un discours au Reichstag en janvier 1939.
En octobre 1943, l’Allemagne se trouve dans une situation militaire particulière : la bataille de Stalingrad s’achève par une défaite, et les armées du Reich reculent en URSS ; l’Italie est en passe d’être perdue après l’invasion de la Sicile puis du sud de l’Italie par les Alliés ; face aux besoins nouveaux nés de ces difficultés, le Service du Travail Obligatoire a été instauré dans une partie des États qui collaborent avec l’Allemagne, comme la France. La question du sort des civils se pose avec acuité pour Himmler, d’abord parce que la destruction des Juifs d’Europe (pour reprendre une expression de Raoul Hilberg) est un des objectifs majeurs de la politique nazie, et ensuite parce que l’armée allemande et la SS ont moins de facilités pour atteindre ces buts.
Deux thèmes sont traités par Himmler dans ce discours, telles que les notes nous en sont parvenues : les modalités de l’asservissement des populations inférieures, les conditions de la destruction des Juifs d’Europe. Les théories raciales nazies reposent sur deux piliers : la pureté de la race aryenne, fondement d’une Allemagne forte et victorieuse, et la constitution d’une hiérarchie entre les races. Au bas de cette hiérarchie, les Slaves sont considérés comme devant être réduits en esclavage pour le service des Aryens, et les Juifs devant être soit écartés soit exterminés.
Partant de ces fondements raciaux dont les SS sont la tête et les garants de leur application, Himmler justifie les enlèvements d’enfants élevés comme des enfants de « race pure » (on parlera de lebensborn à leur propos), et la mise en esclavage des populations civiles, notamment slaves, dans l’intérêt du Reich. La question du respect des conventions de Genève, qui fixent depuis la fin du XIXe siècle le sort des civils en temps de guerre, ne se pose pas pour Himmler : tout civil non aryen est un objet asservi aux besoins du Reich. La politique d’extermination des Juifs est affirmée avec force, et Himmler met également en place les fondements du négationnisme nazi (« une page non écrite »), fondements qui seront dramatiquement appliqués en 1944 lors de la destruction visuelle d’une partie des camps d’extermination, et par les « marches de la mort » qui verront une partie des survivants des camps de concentration disparaître le long des chemins de fuite des SS face à l’avancée de l’Armée rouge.
Par ce discours secret, Himmler rappelle les fondements de l’idéologie nazie, énonce les conditions de non-application des conventions de Genève à propos du sort des civils, et explique aux SS le sens de l’extermination des Juifs, qui s’accélère depuis 1942, et se trouve ainsi affirmé comme un des objectifs vitaux du Reich nazi.




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