Pour réviser le bac français, retrouvez dans cet un article un texte de L’Avare de Molière.
Jean-Baptiste Poquelin dit Molière (1622-1673) est sans doute le dramaturge français le plus célèbre. Il s’essaie d’abord à la tragédie mais sans succès. Il est surtout célèbre pour ses comédies : Les précieuses ridicules, Les femmes savantes, Le bourgeois gentilhomme, etc. Le rire de Molière tourne les hommes en dérision et fait tomber leurs masques hypocrites. La démystification par le rire est l’élément moteur de ses pièces.
Quelques extraits et des liens vers des ressources intéressantes vous sont proposées dans cet article.
Extrait de L’Avare, Molière
Le texte suivant est extrait de L’Avare (Acte I, scène 3). Harpagon entre en scène et dévoile sa nature.
Harpagon : Hors d’ici tout à l’heure, et qu’on ne réplique pas. Allons, que l’on détale de chez moi, maître juré filou, vrai gibier de potence.
La flèche : Je n’ai jamais rien vu de si méchant que ce maudit vieillard, et je pense, sauf correction, qu’il a le diable au corps.
Harpagon : Tu murmures entre tes dents.
La flèche : Pourquoi me chassez-vous ?
Harpagon : C’est bien à toi, pendard, à me demander des raisons : sors vite, que je ne t’assomme.
La flèche : Qu’ est-ce que je vous ai fait ?
Harpagon : Tu m’as fait que je veux que tu sortes.
La flèche : Mon maître, votre fils, m’a donné ordre de l’attendre.
Harpagon : Va-t’ en l’attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison planté tout droit comme un piquet, à observer ce qui se passe, et faire ton profit de tout. Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître, dont les yeux maudits assiégent toutes mes actions, dévorent ce que je possède, et furettent de tous côtés pour voir s’il n’ y a rien à voler.
La flèche : Comment diantre voulez-vous qu’on fasse pour vous voler ? êtes-vous un homme volable, quand vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit ?
Harpagon : Je veux renfermer ce que bon me semble, et faire sentinelle comme il me plaît. Ne voilà pas de mes mouchards, qui prennent garde à ce qu’on fait ? Je tremble qu’il n’ait soupçonné quelque chose de mon argent. Ne serois-tu point homme à aller faire courir le bruit que j’ai chez moi de l’argent caché ?
La flèche : Vous avez de l’argent caché ?
Harpagon : Non, coquin, je ne dis pas cela. (à part.) J’enrage. Je demande si malicieusement tu n’irois point faire courir le bruit que j’en ai.
La flèche : Hé ! Que nous importe que vous en ayez ou que vous n’en ayez pas, si c’est pour nous la même chose ?
Harpagon :
Tu fais le raisonneur. Je te baillerai de ce raisonnement-ci par les oreilles. (il lève la main pour lui donner un soufflet.) sors d’ ici, encore une fois.
La flèche : Hé bien ! Je sors.
Harpagon : Attends. Ne m’ emportes-tu rien ?
La flèche : Que vous emporterois-je ?
Harpagon : Viens çà, que je voie. Montre-moi tes mains.
La flèche : Les voilà.
Harpagon : Les autres.
La flèche : Les autres ?
Harpagon : Oui.
La flèche : Les voilà.
Harpagon : N’ as-tu rien mis ici dedans ?
La flèche : Voyez vous-même.
Harpagon : (il tâte le bas de ses chausses.) ces grands hauts-de-chausses sont propres à devenir les receleurs des choses qu’ on dérobe ; et je voudrois qu’ on en eût fait pendre quelqu’ un.
La flèche : Ah ! Qu’ un homme comme cela mériteroit bien ce qu’ il craint ! Et que j’ aurois de joie à le voler !
Harpagon : Euh ?
La flèche : Quoi ?
Harpagon : Qu’ est-ce que tu parles de voler ?
La flèche : Je dis que vous fouillez bien partout, pour voir si je vous ai volé.
Harpagon : C’est ce que je veux faire. (il fouille dans les poches de la Flèche.)
La flèche : La peste soit de l’ avarice et des avaricieux !
Harpagon : Comment ? Que dis-tu ?
La flèche : Ce que je dis ?
Harpagon : Oui : qu’ est-ce que tu dis d’ avarice et d’ avaricieux ?
La flèche : Je dis que la peste soit de l’ avarice et des avaricieux.
Harpagon : De qui veux-tu parler ?
La flèche : Des avaricieux.
Harpagon : Et qui sont-ils ces avaricieux ?
La flèche : Des vilains et des ladres.
Harpagon : Mais qui est-ce que tu entends par là ?
La flèche : De quoi vous mettez-vous en peine ?
Harpagon : Je me mets en peine de ce qu’ il faut.
La flèche : Est-ce que vous croyez que je veux parler de vous ? »
Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :
-
Lire une biographie de Molière.
-
L’Avare de Molière en bande dessinée, c’est ici, et c’est plutôt réussi !
-
Voir aussi le blog A la rencontre de L’Avare de Molière qui rassemble de nombreuses ressources (vidéos, images) sur l’oeuvre.




Faire un commentaire
Vous devez être connecté pour faire un commentaire.