La biographie : question transversale sur un corpus
Ce sujet dans le programme du Bac français s’inscrit dans l’objet d’étude : ” L’autobiographie “, à destination de la série littéraire (ce sujet a été donné il y a quelques années dans l’ojbet d’étude “le biographique”, qui était à l’époque destiné à toutes les séries générales).
Attention à ne pas faire de confusion entre le biographique et l’autobiographie. Ce sont deux concepts proches, certes, mais pas équivalents. Le biographique c’est l’ensemble des formes qui constituent un récit de vie, l’autobiographie n’est qu’un des genres du biographique. La confusion est fréquente dans les copies ou à l’oral du bac, alors attention ! De plus, la question sur le corpus de textes peut être la suivante : ” repérez les textes qui relèvent de l’autobiographie “. Il ne faudra alors pas tout mélanger et vous devrez justifier vos choix… Une bonne connaissance des notions est donc requise !
Corpus
Texte A - François René de Chateaubriand [1768-1848], Mémoires d’outre-tombe, livre premier, chapitre III (manuscrit de 1847).
Texte B - Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], Les Confessions, livre premier, 1771. Texte C - Georges Perec, [1936-1982], W ou le Souvenir d’enfance, © Denoé «l, 1975. Texte D - Nathalie Sarraute [1900-1999], Enfance, © Editions Gallimard, 1995.
Question sur le corpus : Vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) : Analysez rapidement le fonctionnement de la mémoire et des souvenirs dans chacun de ces textes.
Commentaires du professeur : Vous devez montrer que vous avez bien compris la spécificité de chaque texte, et donc la spécificité de l’écriture de chaque auteur. Notez aussi que la question sur le corpus nécessite le plus souvent des comparaisons entre les textes. C’est le cas ici. Pensez aussi à traiter cette question avant de vous lancer dans l’un des sujets d’écriture. Cette phase peut être considérée en effet comme une phase préparatoire à l’analyse. Si vous prenez bien le temps d’y répondre, vous en gagnerez pour la suite.
Les textes du corpus : Texte A - François René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe. Le chapitre III du livre premier est daté par l’auteur du 31 décembre 1811. La maison qu’habitaient alors mes parents est située dans une rue sombre et étroite de Saint-Malo, appelée la rue des Juifs : cette maison est aujourd’hui transformée en auberge. La chambre où ma mère accoucha domine une partie déserte des murs de la ville, et à travers les fenêtres de cette chambre on aperçoit une mer qui s’étend à perte de vue, en se brisant sur des écueils. J’eus pour parrain, comme on le voit dans mon extrait de baptême, mon frère, et pour marraine la comtesse, fille du maréchal de Contades. J’étais presque mort quand je vins au jour. Le mugissement des vagues soulevées par une bourrasque annonçant l’équinoxe d’automne, empêchait d’entendre mes cris : on m’a souvent conté ces détails ; leur tristesse ne s’est jamais effacée de ma mémoire. Il n’y a pas de jour où, rêvant à ce que j’ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la chambre où ma mère m’infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil, le frère infortuné qui me donna un nom que j’ai presque toujours traîné dans le malheur. Le Ciel sembla réunir ces diverses circonstances pour placer dans mon berceau une image de mes destinées.
Texte B - Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions. Jean-Jacques Rousseau est agé de dix ans quand il est mis en pension chez le pasteur Lambercier, à Bossey, près de Genève. Près de trente ans se sont passés depuis ma sortie de Bossey sans que je m’en sois rappelé le séjour d’une manière agréable par des souvenirs un peu liés, mais depuis qu’ayant passé l’âge mûr je décline vers la vieillesse, je sens que ces mêmes souvenirs renaissent tandis que les autres s’effacent, et se gravent dans ma mémoire avec des traits dont le charme et la force augmentent de jour en jour; comme si, sentant déjà la vie qui s’échappe, je cherchais à la ressaisir par ses commencements. Les moindres faits de ce temps-là me plaisent par cela seul qu’ils sont de ce temps-là . Je me rappelle toutes les circonstances des lieux, des personnes, des heures. Je vois la servante ou le valet entrant dans la chambre, une hirondelle entrant par la fenêtre, une mouche se poser sur ma main, tandis que je récitais ma leçon: je vois tout l’arrangement de la chambre où nous étions ; le cabinet de M. Lambercier à ma droite, une estampe représentant tous les papes, un baromètre, un grand calendrier; des framboisiers qui, d’un jardin fort élevé dans lequel la maison s’enfonçait sur le derrière, venaient ombrager la fenêtre, et passaient quelquefois jusqu’en dedans. Je sais bien que le lecteur n’a pas grand besoin de savoir tout cela; mais j’ai besoin, moi, de le lui dire. Que n’osé-je lui raconter de même toutes les petites anecdotes de cet heureux age, qui me font encore tressaillir d’aise quand je me les rappelle. Cinq ou six surtout… composons. Je vous fais grace des cinq, mais j’en veux une seule ; pourvu qu’on me la laisse conter le plus longuement qu’il me sera possible, pour prolonger mon plaisir.
Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :
-
Le biographique : écrire sa vie, écrire une vie (les notions sur la diversité du genre et des extraits commentés)



Commentaires
Laisse un commentaire !