Le roman et ses personnages : Commentaire (Bac Polynésie 2008, séries ES et S) [Corrigé gratuit]
Retrouvez les sujets des premières épreuves écrites de français du bac 2008 ! Dans cet article, le sujet et des pistes pour un corrigé sur le commentaire.
L’objet d’étude :
Le roman et ses personnages, vision de l’homme et du monde.
Le corpus de textes :
Texte A : Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1652.
Texte B : Alfred de Musset, La Confession d’un enfant du siècle, 1836.
Texte C : Marcel Proust, Un Amour de Swan, 1913.
Sujet de commentaire :
Vous commenterez l’extrait de Un Amour de Swann de Proust (texte C).
Des pistes pour un plan corrigé du commentaire :
Problématique : Dans quelle mesure la scène présente-t-elle ici l’incommunicabilité entre les êtres ?
I. Les états d’âmes de Swann
1. Plongée dans l’intériorité
2. Les hésitations de l’amour
3. La jalousie
II. Une scène comique
1. La chute
2. Comique de situation
3. L’amant dépité
III. Les désillusions de l’amour
1. La souffrance du héros
2. Swann, archétype de l’amant malheureux
3. Une fin prévisible
Le texte C :
Marcel Proust, Un Amour de Swan, 1913.
[L'intrigue se déroule à Paris à la fin du dix-neuvième siècle. Charles Swann, membre de la haute société, a entamé une liaison avec Odette de Crécy, une femme aux mœurs légères. Un soir, elle lui demande de la quitter plus tôt que d'habitude, prétextant qu'elle est souffrante et a besoin de dormir. Swann, la soupçonnant d'attendre un autre homme retourné un peu plus tard devant chez elle.]
Sur le point de frapper les volets, il eut un moment de honte en pensant qu’Odette allait savoir qu’il avait eu des soupçons, qu’il était revenu, qu’il s’était posté dans la rue. Elle lui avait dit souvent l’horreur qu’elle avait des jaloux, des amants qui espionnent. Ce qu’il allait faire était bien maladroit, et elle allait le détester désormais, tandis qu’en ce moment encore, tant qu’il n’avait pas frappé, peut-être, même en le trompant, l’aimait-elle. Que de bonheurs possibles dont on sacrifie ainsi la réalisation à l’impatience d’un plaisir immédiat ! Mais le désir de connaître la vérité était plus fort et lui sembla plus noble. Il savait que la réalité de circonstances, qu’il eût donné sa vie pour restituer exactement, était lisible derrière cette fenêtre1 striée de lumière comme sous la couverture enluminée d’or d’un de ces manuscrits précieux à la richesse artistique elle-même desquels le savant qui les consulte ne peut rester indifférent2. II éprouvait une volupté à connaître la vérité qui le passionnait dans cet exemplaire unique, éphémère et précieux, d’une matière translucide si chaude et si belle. Et puis l’avantage qu’il se sentait - qu’il avait tant besoin de se sentir - sur eux, était peut-être moins de savoir, que de pouvoir leur montrer qu’il savait. II se haussa sur la pointe des pieds. II frappa. On n’avait pas entendu, il refrappa plus fort, la conversation s’arrêta. Une voix d’homme dont il chercha à distinguer auquel de ceux des amis d’Odette qu’il connaissait elle pouvait appartenir, demanda :
« Qui est là ?»
Il n’était pas sûr de la reconnaître, il frappa encore une fois. On ouvrit la fenêtre, puis les volets. Maintenant, il n’y avait plus moyen de reculer et, puisqu’elle allait tout savoir, pour ne pas avoir l’air trop malheureux, trop jaloux et curieux, il se contenta de crier d’un air négligent et gai :
« Ne vous dérangez pas, je passais par là, j’ai vu de la lumière, j’ai voulu savoir si vous n’étiez plus souffrante. »
II regarda. Devant lui, deux vieux messieurs étaient à la fenêtre, l’un tenant une lampe, et alors, il vit la chambre, une chambre inconnue. Ayant l’habitude, quand il venait chez Odette très tard, de reconnaître sa fenêtre à ce que c’était la seule éclairée entre les fenêtres toutes pareilles, il s’était trompé et avait frappé à la fenêtre suivante qui appartenait à la maison voisine.————————–
Notes :
1 - La phrase peut se comprendre ainsi : Il savait que la réalité des faits [...] était visible derrière cette fenêtre.
2 - indifférent : le savant ne peut rester indifférent à la richesse artistique des manuscrits.
Le sujet dans son intégralité à lire en ligne :
c’est ici ! sur le site magister.



problématique: montrer que Swan est une victime de l’amour:
I- par son caractère:
- sa jalousie.
- qu’il ne fasse pas confiance à Odette.
- sa curiosité qui va le faire souffrir/ recherche de la vérité.
II- la situation montre que c’est une victime:
a- comique.
b- pathétique.
j’aurais voulu savoir si ce plan serait possible car j’ai beaucoup de mal à trouver les plans merci d’avance.
Bonjour Karo,
Il me semble que votre problématique est bien trouvée.
Votre deuxième partie risque d’être un peu disproportionnée, vous pourriez traiter cela en deux parties comme proposé dans le plan du billet (votre partie sur le pathétique revient en fait à parler des désillusions de l’amour)
Bon courage pour vendredi et revenez nous dire si vous avez réussi !
Est-ce que ce plan serait possible svp
- I) Swan, un personnage attachant (c’est peut-être trop subjectif??)
- défauts typiques de l’amant (possessif, curieux, etc..)
- mais tournés en dérision –> (maladroit, surestime “désir de connaitre la vérité..”)
- II) Le mélange des registres
- registre comique
- registre épique
- registre satirique (de l’amant méfiant)
Merci d’avance
I) une mise en abîme
a)Thème de l’amour et de ses vis
-jalousie
-doute
-volonté de vérité: curiosité
b) Effet de projection dans Charles du lecteur
-focalisation interne: on voit ce qu’il voit et entend ce qu’il pense
c) Cette focalisation interne lié à la syntaxe (les phrases sont de plus en plus courtes) permet de créer en nous un sentiment de tension: , on se met à la place du personnage et partageons sa peur et sa curiosité.
Attente vive du dénouement (de toute façon il sera perdant) trompé ou honteux.
II. Une scène comique
a. La chute
b. Comique de situation
c. L’amant dépité
ouverture:la montée en tension dans cette scène peut correspondre à la montée de tensions en 1913 vis à vis de la guerre imminente.
Que pensez vous de ce plan?
Merci pour se site formidable, plus que à voir le résultat demain à l’écrit… =s