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Bac de français – Bio + ressources – Flaubert, L’Education sentimentale

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de L’Education sentimentale.

Gustave Flaubert (1821-1880) publie L’Education sentimentale en 1869. Ce maître-livre de la littérature du XIXe siècle met en scène Frédéric Moreau, l’un des modèles les plus réussis de l’anti-héros. Le texte suivant est l’incipit du roman.

Tout au long de cet anti-roman d’éducation, on admire le style de Flaubert, son génie littéraire, son sens parfait de la dérision et de l’ironie, en même temps que la narration remarquable des désillusions et des échecs de Frédéric Moreau. Les ouvrages de Flaubert sont le lieu d’une recherche inlassable de la perfection dans le rythme de la prose. Le but est de ciseler chaque phrase. Pour ce faire, il expérimentait concrètement leur sonorité dans son « gueuloir ». Flaubert, de la recherche documentaire jusqu’à l’écriture, a toujours le souci de l’exactitude et de la perfection.


Incipit de L’Education sentimentale, de Flaubert

« Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard.

Des gens arrivaient hors d’haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s’absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s’échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d’une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l’avant, tintait sans discontinuer.

Enfin le navire partit ; et les deux berges, peuplées de magasins, de chantiers et d’usines, filèrent comme deux larges rubans que l’on déroule.

Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous son bras, restait auprès du gouvernail, immobile. A travers le brouillard, il contemplait des clochers, des édifices dont il ne savait pas les noms ; puis il embrassa, dans un dernier coup d’oeil, l’île Saint-Louis, la Cité, Notre-Dame ; et bientôt, Paris disparaissant, il poussa un grand soupir.

M. Frédéric Moreau, nouvellement reçu bachelier, s’en retournait à Nogent-sur-Seine, où il devait languir pendant deux mois, avant d’aller faire son droit. Sa mère, avec la somme indispensable, l’avait envoyé au Havre voir un oncle, dont elle espérait, pour lui, l’héritage ; il en était revenu la veille seulement ; et il se dédommageait de ne pouvoir séjourner dans la capitale, en regagnant sa province par la route la plus longue.

Le tumulte s’apaisait ; tous avaient pris leur place ; quelques-uns, debout, se chauffaient autour de la machine, et la cheminée crachait avec un râle lent et rythmique son panache de fumée noire ; des gouttelettes de rosée coulaient sur les cuivres ; le pont tremblait sous une petite vibration intérieure, et les deux roues, tournant rapidement, battaient l’eau. »


Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique


Ressources audio et vidéo

  • Un enregistrement audio du premier chapitre

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  • L’une des dernières scènes du film L’Education sentimentale, avec Jean-Pierre Léaud en Frédéric et Françoise Fabian en Mme Arnoux

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