Bac Français 2013 première



Les combats de la Résistance et la refondation républicaine (1940-1958)

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La Résistance naît en 1940 du refus de l’armistice, de l’occupation allemande et du régime de Vichy. En quelques années, le général de Gaulle devient le chef légitime d’une Résistance qui prépare la Libération de la France, la restauration de la République et l’approfondissement de la démocratie. Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) dirigé par de Gaulle commence à mettre en œuvre ce programme entre 1944 et 1946. La IVème République tente de poursuivre cette œuvre mais elle ne parvient pas à surmonter ses difficultés.

I)    Résister et restaurer la République (1940-1944)

Comment la Résistance s’est-elle crée, organisée et développée de 1940 à 1944 ?

A) Les origines de la Résistance

L’offensive allemande de mai 1940 provoque en quelques semaines la déroute des armées franco-anglaises. Dans la panique, des millions de Français se jettent sur les routes : c’est l’exode. L’armistice est signée à Rethondes le 22 juin. Malgré son âge (84 ans) le maréchal Pétain apparaît alors comme l’homme providentiel, un officier prestigieux, respecté de tous. Dans un climat de désarroi, de résignation et d’intimidation, la majorité des députés et sénateurs votent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain afin « de promulguer une nouvelle Constitution de l’État français ». C’est la fin de la IIIème République. Les pouvoirs exécutif et législatif sont reconnus au maréchal Pétain, chef de l’État et du gouvernement, alors que les Assemblées sont suspendues.

Le nouveau régime veut instaurer une France rurale, respectueuse des hiérarchie traditionnelles (l’armée et l’Église), où les valeurs d’autorité, d’obéissance et d’efforts remplacent les valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de droits. Avec la Révolution nationale, l’extrême droite nationaliste et cléricale hostile à la République triomphe. La devise de la Révolution nationale résume le programme du nouvel ordre économique et social. L’exaltation du travail, en particulier celui de la terre, se double de l’instauration du corporatisme. La famille et l’image de la mère au foyer sont célébrées par le régime. Un culte de Pétain le « sauveur » est développé par une intense propagande.

Dès l’été 1940, les arrestations de personnalités politiques, surtout socialistes (Léon Blum) et communistes, se multiplient avant de frapper tous les opposants. A partir d’octobre 1940, avec le statut des Juifs, l’antisémitisme devient légal. A partir de 1943, la création de la milice rend la répression de plus en plus violente. Le choix de la collaboration d’État avec l’Allemagne est un choix de Vichy et résulte d’un calcul stratégique. Le régime espère ainsi alléger les lourdes conditions d’armistice. La collaboration est officialisée par l’entrevue de Montoire le 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler. Si l’occupant obtient effectivement la collaboration de l’administration et la bienveillance de l’État français, il ne fait aucune concession et envahit la zone Sud en novembre 1942 après le débarquement allié en Afrique du Nord. La collaboration devient alors une véritable soumission. Les rafles des Juifs, comme celle du Vél d’Hiv le 16 juillet 1942 à Paris où plus de 13 000 juifs sont arrêtés, opérées par la police française rendent Vichy complice de la Solution finale.

Charles de GaulleLa France libre se forme à partir du refus de l’armistice. Le 18 juin 1940, à la radio anglaise, la BBC, Charles de Gaulle invite les soldats, les gouverneurs des colonies et les Français à refuser l’armistice demandé par le président du Conseil Philippe Pétain, et à continuer le combat. De Gaulle fonde la France libre qui est reconnue et aidée par la Grande-Bretagne et son premier ministre Winston Churchill dès l’été 1940. Elle diffuse des émissions de radio afin de critiquer le gouvernement de Pétain , tente de rallier les colonies et continue la guerre en Afrique aux côtés des alliés, grâce aux Forces Françaises libres (FFL). Les FFL, menées par kœnig, remportent une première victoire face aux Allemands, à Bir Hakeim en juin 1942. Le 14 juillet 1942, la France libre prend le nom de « France combattante ».

La résistance intérieure reste faible et divisée jusqu’à la fin de l’année 1942. Les entrées en Résistance obéissent à des motivations diverses, comme le refus de l’armistice, de la collaboration, du régime de Vichy et de ses mesures d’exclusion. Les actions peuvent être individuelles et ponctuelles, comme la manifestation des lycéens sur la tombe du soldat inconnu à Paris le 11 novembre 1940. Certains rejoignent des mouvements ou des réseaux qui distribuent des tracts, font du renseignement pour la France libre et mènent des opérations de sabotage. La faiblesse de la Résistance intérieure s’explique par l’attentisme de la majorité des Français et par l’absence d’unité et de coordination entre les mouvements.

B) Une Résistance unifiée et renforcée à partir de 1943

Le nombre de résistants augmente à partir de 1943. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution : un ralliement plus marqué des communistes à la Résistance dès l’attaque de l’URSS par l’Allemagne en juin 1941 ; l’occupation de l’ensemble du territoire par les Allemands à partir de novembre 1942 ; le renforcement de la politique de collaboration de Vichy et le refus du STO à partir de 1943 ; les défaites allemandes en URSS et en Italie et l’approche de la Libération.
La Résistance s’unifie sous l’autorité du général de Gaulle. Jean Moulin, en créant le CNR en mai 1943, parvient à regrouper les différents mouvements de Résistance ; tous reconnaissent alors l’autorité du général de Gaulle. En février 1944, tous les combattants de la Résistance sont regroupés dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI).

C) Le retour à la République mis en œuvre par le GPRF

Les résistants participent à la bataille de France. Les FFI préparent l’avancée des troupes alliés, les aident et libèrent certaines régions comme le sud-ouest de la France. Les FFL participent aux débarquements, notamment celui de Provence.
Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) prend le pouvoir en août 1944. Créé le 2 juin 1944 et dirigé par le général de Gaulle, le GPRF devient l’autorité légitime de la France après la libération de Paris, le 26 août 1944.
Le GPRF restaure l’autorité de l’Etat. Des commissaires de la République sont nommés dans chaque département où ils suppriment les Comités départementaux de Libération tenus par les résistants. En décembre 1944, les communistes acceptent la dissolution de leurs milices et soutiennent l’action du GPRF. Celui-ci met également fin à l’épuration spontanée et la remplace par une épuration légale, afin de favoriser le retour à l’unité nationale.

II)    Refonder la République (1945-1958)

A) La refondation de la République et l’instauration d’une démocratie sociales par le GPRF

Le GPRF met en œuvre les réformes économiques et sociales du programme du CNR de mars 1944. Des entreprises sont nationalisées. L’ordonnance du 4 octobre 1945 fonde la Sécurité sociale, une caisse unique de protection sociale (assurance vieillesse, assurance chômage, assurance maladie, allocations familiales) gérée par les représentants élus des patrons et des salariés. Les comités d’entreprise, créés en 1945, donnent de nouveaux droits aux salariés. Le GPRF instaure ainsi un État-providence et une démocratie sociale en France.

Le GPRF restaure une démocratie politique. Les partis politiques se reconstituent et d’autres, comme le MRP, sont créés. Des élections, désormais ouvertes aux femmes, sont organisées en 1945. Après des élections municipales, le peuple élit le 21 octobre 1945 une Assemblée rendue constituante par le référendum organisé le même jour. Elle reconduit à l’unanimité de Gaulle à la tête du GPRF. Pourtant, dans les colonies, la manifestation de Sétif, en Algérie, le 8 mai 1945, et sa répression meurtrière par les autorités françaises montrent que les valeurs de la démocratie peinent à s’imposer dans l’Empire.

La mise en place des institutions de la IVème République est cependant difficile. Suite à des désaccords avec l’Assemblée, de Gaulle démissionne le 20 janvier 1946. Le 5 mai, les Français rejettent par référendum le premier projet constitutionnel. Une nouvelle Assemblée est alors élue pour en rédiger un nouveau. Le 13 octobre 1946, il est adopté par 53,5 % des votants représentant 36 % des inscrits.

B) La poursuite de l’œuvre du GPRF par la IVème République dans un contexte de difficultés croissantes.

Les institutions de la IVème République façonnent la vie politique. L’Assemblée Nationale, élue pour 5 ans au suffrage universel direct, a de nombreux pouvoirs : elle a l’initiative et le vote des lois, elle est maîtresse de son ordre du jour, elle investit le président du Conseil et peut le renverser. Le Conseil de la République, élu au suffrage universel indirect pour 6 ans, n’a qu’un rôle consultatif. Le président de la République, élu par le Parlement, désigne le président du Conseil mais il a aussi peu de pouvoirs que sous la IIIème République. C’est donc à l’Assemblée nationale que se prennent les grandes décisions et que les partis animent la vie politique du pays.

La IVème République poursuit la reconstruction économique engagée par le GPRF et renforce la démocratie sociale souhaitée par le CNR et le GPRF. Dans le cadre d’une planification indicative instaurée par le GPRF, la reconstruction économique de la France est achevée au début des années 1950. Des mesures comme la création du SMIG, les vastes programmes de construction de logements, la création des HLM et la troisième semaine de congés payés améliorent les conditions de vie des Français.

La IVème République ne parvient pas à surmonter ses difficultés. Le tripartisme, union des trois principales forces politiques (PCF, SFIO et MRP), instauré dès 1945, ne résiste pas à la Guerre froide. La double opposition du PCF et du RPF à partir de 1947 fragilise un régime marqué par une forte instabilité ministérielle. La décolonisation ne survit pas à la guerre d’Algérie et à la crise du 13 mai 1958.




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