Cette fiche vous est offerte par Carole Lemaitre, professeur de français.
1. Les points communs
- Le titre du roman est conservé.
- Le genre est respecté : le billet au début adressé à la Présidente de Tourvel, une fois déplié révèle le titre « Dangerous Liaisons ».
Il y a de nombreuses lettres dans le film : c’est un moyen de communication entre les personnages : Lettres de Valmont à la marquise, de pouvoir, de libertinage.
Les lettres sont lues par les personnages et non par une voix off.
- Les scènes libertines et le mensonge sont omniprésents
Les scènes érotiques : il s’agit de scènes d’amour et de libertinage : Valmont /Cécile/Présidente
De gros plans se focalisent sur le décolleté de la marquise, sur la bouche gourmande et menteuse deValmont.
Les paroles travesties et les sous entendus grivois fusent.
La religion est également très présente avec des scènes de messes qui témoignent du comportement irreligieux et libertin de Valmont et de la dévotion de Tourvel.
- La visée
A la visée satirique et moralisatrice développée dans le roman répond une condamnation moins sévère, à l’égard de Valmont, tout au moins :
Les jeunes gens ne sont pas punis dans le film. La jeunesse est donc préservée.
Valmont se suicide par amour durant le duel. La sensibilité et les remords du libertin atténuent sa noirceur.
La marquise est rejetée socialement et elle sombre dans une atroce solitude : la scène finale au cours de laquelle elle hurle en apprenant la mort de Valmont, chasse ses domestiques et casse le miroir montrent combien elle est désormais condamnée à vivre une éternelle solitude.
2. Caractéristiques du film
a) Structure du film
- La sturcture est simplifiée car le film suit un déroulement linéaire et chronologique et ne respecte pas l’entrecroisement d’échanges épistolaires du roman. De la même façon, le spectateur n’assiste pas à un changement de point de vue.
- L’ouverture du film sur la sortie du couvent de Cécile et le projet de mariage correspondent aux premières actions importantes du roman. La fermeture correspond également à la mort de Valmont et évoque la mort sociale de la marquise.
- L’action est concentrée dans le film : 115 minutes environ.
- L’aventure de la marquise et de Prévan disparait dans le film mais l’intrigue est globalement conservée.
b) Les registres
Les registres sont identiques : registre réaliste par le respect de l’époque, des costumes, décors, comportements et caracètres. Il s’agit bien d’une peinture sociale et d’une étude des mœurs, le paraitre et la comédie sociale l’emportent.
Le registre comique apparait dans le contraste entre Cécile interprété par Uma THurman grande et gauche et sa mère, interprétée par Swoosie Kurtz, petite et ridicule.
Le registre pathétique est accentué dans le film : la sincérité de l’amour de Valmont pour Tourvel s’y exprime davantage, évoluant d’un jeu libertin à un véritable atachement et au désespoir… La présidente meurt mais en sachant qu’elle a été aimée ; le registre tragique se développe avec la mort des deux personnages.
c) La temporalité est respectée : époque, âges, durée de l’action (5 mois et demi) et saisons.
d) Les lieux sont plus détaillés dans le film : Paris (demeure luxueuse de la marquise), la campagne avec le chateau de Madame de Rosemonde. Ces décors expriment luxe et raffinement. Les jardins sont les lieux où Valmont et la Présidente sont enfin isolés et peuvent se retrouver pour discuter.
La chapelle et l’opéra sont plus présents dans le film que dans le roman pour témoigner du fait qu’il s’agit de lieux de représentation sociale et culturelle apparence où se jouent des scènes de manipulations, de séduction, de travestissement.
Les portes qui se dédoublent, s’ouvrent, se ferment, la présence des miroirs enfin témoignent de la dissimulation, des transgressions, des déplacements complexes auxquels se livrent les libertins pour parvenir à leurs fins.
e) Les angles et plans
Les acteurs interprétés par les grandioses Malkovitch, dans le rôle de Valmont, Glenn Glose, dans celui de Merteuil, et Michelle Pfeiffer dans celui de la Présidente.
Les gros plans se concentrent sur les effets de toilette, le décolleté de Merteuil, sur le regard limpide et chaste de la Présidente, sur la bouche dévoratrice de Valmont.
L’alternance champ/contrechamp témoigne de l’effet produit par les parole des uns sur les autres et participe à la tension durant les scènes de duel verbal.



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