Bac 2013 – Français, LV1 et maths : les sujets corrigés dès la fin de l’épreuve

corriges-bac-philo-2013

Retrouvez ici les toutes les dates des épreuves écrites du bac 2013 pour les séries générales et technologiques

Parce que rien ne vaut entraînement, retrouvez dans cette rubrique tous les sujets du bac, en attendant de retrouver les sujets et corrigés du bac 2013, qui seront mis en ligne dès la fin des épreuves !

LES SUJETS CORRIGÉS DU BAC 2013

Les sujets du bac 2013 Pondichéry

Les sujets corrigés du bac 2012


Sujets du bac S

Sujets du bac ES

Sujets du bac STG

Retrouvez ici des diaporamas de méthodologie ainsi que des conseils pour gagner des points bonus au bac : philo, maths, histoire-géo, physique-chimie, svt, SES, eco-droit …

LeWebPédagogique > BAC 2013 - sujets corrigés gratuits > Bac L > Philo > 4- La politique > Bac S 2010 – Cours de Philosophie – La démocratie

Bac S 2010 – Cours de Philosophie – La démocratie

Publié par
|

Submitting a Vote

La démocratie

Voici une rapide étude du thème de la démocratie, reprenant des passages de notre Cours de Philosophie. On s’aperçoit immédiatement qu’un apprentissage chronologique de la philosophie permet d’étudier logiquement les auteurs, et mieux comprendre l’évolution d’une notion ou un thème : la pensée et la philosophie suivent une évolution, la démocratie aussi.

Un cours chronologique est donc le seul excellent moyen pour apprendre à penser et articuler un bon devoir de philo !

Sujets apparentés :

  • Peut-on critiquer la démocratie ?
  • L’usage de la parole doit-il être soumis à des règles ?
  • En quoi la démocratie est-elle toujours à conquérir ?
  • La philosophie a-t-elle pour condition la démocratie ?

1° La démocratie, régime de la parole

Les sophistes, qui enseignaient la rhétorique, l’art de bien parler, sont les inventeurs de la démocratie. En effet, la démocratie est le régime de la parole où la vérité dépend moins d’une connaissance de la réalité que d’une capacité à convaincre, à imposer ses opinions par l’art du discours. Il n’y a que des opinions et la meilleure opinion n’est pas la plus vraie mais la plus convaincante. Celui qui détient l’art de convaincre, détient aussi le pouvoir.

C’est pourquoi les sophistes enseignent la rhétorique. La rhétorique a un rôle-clé pour rendre plus vraisemblable une opinion par rapport à une autre. Il ne s’agit pas de démontrer qu’une chose est vraie en elle-même mais seulement qu’elle parait vraie.

Platon aborde ce thème de la rhétorique dans le Gorgias, dialogue qui porte le nom d’un célèbre rhéteur, écrit vers 385 avant J.C. Selon Gorgias la rhétorique est l’art suprême, rien ne lui résiste : « il n’y a rien dont l’orateur ne puisse parler, en public, avec une plus grande force de persuasion que celle de n’importe quel spécialiste. Ah ! Si grande est la puissance de cet art rhétorique ! » Celui qui détient les clés du discours, détient les clés du pouvoir. Ainsi les lois ne sont que des conventions qui reflètent l’opinion du plus grand nombre. L’opinion la plus répandue devient la norme. La démocratie est donc le régime de la parole, où la vérité dépend moins d’une connaissance de la réalité que d’une capacité à convaincre, à imposer ses opinions par l’art du discours.

2° La démocratie : tyrannie de l’opinion (la conception antique)

Dans le Gorgias, Platon attaque les sophistes, qualifiés de démagogues ou de flatteurs mais il attaque aussi, de façon plus voilée, la démocratie. Pour lui, ce régime politique favorise l’apparition des sophistes parce qu’il est fondé sur le règne de l’opinion. La démocratie est la traduction politique du « relativisme » des sophistes (la connaissance est relative aux opinions subjectives de chacun).

De plus, pour Platon, la multitude ne peut pas bien gouverner, car elle ne peut voir avec discernement le bien commun, et ne cherche que son intérêt individuel. Il faut donc éviter tout fonctionnement démocratique. La démocratie n’est que la tyrannie du peuple, qui est ignorant et animal. C’est donc la tyrannie des opinions et des désirs. Platon pense que le peuple confond l’opinion la plus répandue avec la meilleure opinion. Non seulement il est manipulé par des démagogues, mais en plus il est esclave de ses désirs.

3° La démocratie : un moyen et non une fin (la conception moderne)

Tocqueville a essayé de rendre compte et d’analyser les immenses mutations sociales qui s’opèrent à son époque : émergence de l’individualisme, de la démocratie, nouvelles tensions insolubles entre liberté et égalité…

Tocqueville juge que la modernité est caractérisée par une tension fondamentale entre les deux passions politiques humaines : l’égalité et la liberté. La démocratie est d’abord une dynamique sociale d’égalisation des conditions. Ces revendications d’égalité, d’abolition des privilèges et des ordres, de participation égale à la vie politique amènent les révolutions et les premières tentatives de démocratie. « Dans les démocraties, les serviteurs ne sont pas seulement égaux entre eux ; on peut dire qu’ils sont, en quelque sorte, les égaux de leurs maîtres. »

Toutefois, Tocqueville constate que ce processus d’égalisation s’accompagne logiquement de la dissolution des influences sociales, des liens de dépendance et atomise le lien social, menaçant ainsi l’exercice même de la liberté et de la responsabilité politique du citoyen. En effet, l’égalisation s’accompagne d’une fragilité plus grande des individus qui deviennent isolés et séparé les uns des autres. Pour éviter l’anarchie et protéger leurs biens, ils s’en remettent à un pouvoir unique et central auquel ils délèguent tous leurs droits. Il faut donc, selon Tocqueville, remédier à ce problème en développant les associations civiles et la « démocratie locale » pour entretenir des contre-pouvoirs et par là même lutter à la fois contre l’individualisme narcissique et l’étatisme, tous deux liberticides.

Mais il faut surtout comprendre que l’égalité n’est qu’un moyen en vue de la liberté et non une fin en soi. Si les hommes sont égaux, c’est parce qu’ils sont tous capables de vivre et de penser par eux-mêmes, sans être soumis à la tutelle d’un Etat.

Le grand message de Tocqueville, c’est que la majorité n’a pas le droit de tout faire. Lorsqu’on prétend que, dans une démocratie, tout ce qui est légal est juste, la démocratie dégénère en démagogie, en tyrannie de la majorité. Autrement dit, la démocratie doit être au service de la liberté et la règle majoritaire doit être limitée par la règle du respect absolu des droits fondamentaux : droit à la vie, droit de propriété, liberté de parole, liberté religieuse, liberté d’entreprendre.

Par Damien Theillier, professeur de philosophie.
www.cours-de-philosophie.fr

Pour découvrir le Cours de Philosophie multimédia, cliquez ici !




Faire un commentaire

Vous devez être connecté pour faire un commentaire.

Les corrigés dès la sortie sur ton mobile

PUBLICITE


Tous les contenus par série !

Le petit journal du Bac



Aimez nous;-)