Un blog pour quoi faire?
L’enseignement d’exploration « Littérature et société », ce fut un atelier d’écriture, une fabrique de l’histoire, un carnet de route d’ apprentis-écrivains, un laboratoire multimédia… Le blog, outil et vitrine du travail des élèves, est donc tout cela à la fois.
« Déracinement(s) ». Tel est le thème de l’atelier d’écriture à la croisée de l’histoire individuelle et de l’histoire collective, selon le principe même de la scénographie actuelle de la Cité de l’immigration. L’enjeu était, pour questionner la « Figure de l’Etranger », de produire des récits de vie (biographies, autobiographies, autofictions, témoignages, romans biographiques) témoignant des horizons culturels et géographiques multiples des élèves de ce lycée international.
La première séquence d’écriture consista à rédiger le portrait d’un proche ayant connu l’expérience d’un déracinement vers la France et, avant toute chose, de recueillir, si possible, la parole vive de cette personne. Puis, fort de ce témoignage, à rendre compte, par l’écriture, de son trajet depuis la Colombie, le Sénégal, l’Algérie, le Mexique, l’Egypte, le Portugal… Il a fallu trouver les mots, le ton et la mise en page pour retracer aussi respectueusement que possible des trajectoires bouleversées.
Pour lire les portraits, naviguez par ici.
Dans une deuxième séquence, l’objectif était de rédiger la description d’un objet qui aurait accompagné la traversée du migrant. Ce fut alors le temps du « parti pris des choses ». Photographie, valise, collier, cassette d’un groupe de rock adulé… : ces objets sont alors plus que des objets. Ce sont des mondes à part entière, témoins d’une vie à nulle autre pareille.
Pour voyager dans le « parti pris des choses », c’est par là.
Parallèlement à cet atelier d’écriture, les élèves devaient tenir un journal de bord de l’avancée de leur écriture, une sorte de carnet d’un portraitiste à la manière de Benoit Peeters dans son livre Trois ans avec Derrida (Flammarion, octobre 2010) : ” j’ai consigné les étapes de cette recherche, les rendez-vous et les lectures, les découvertes et les fausses pistes (…), chronique d’une expérience, ce n’est pas un journal intime, ce sont mes impressions que je livre (…) d’un lien intense et étrange qui s’établit entre le biographe et son sujet.”
C’est certainement ce que les élèves ont eu le plus de difficulté à mener avec régularité et constance. Pour feuilleter quelques pages de leur carnet, c’est un peu plus loin.
Au terme de ce parcours, les élèves ont parfois découvert des pans jusque là inconnus ou méconnus de leur histoire familiale. Certaines séances furent empreintes d’émotion. Mais la pratique littéraire de l’écriture et la réflexion sur l’histoire des migrations collectives ont permis de créer un filtre nécessaire pour prendre de la distance avec des récits parfois tragiques.
Pour découvrir comment se tissent leur histoire individuelle et l’histoire collective, cliquez ici (mais pensez à remonter la page, et non à la descendre… étrange migration des diaporamas!)
La lecture de ces textes, le regard sur les objets, laissent clairement apparaître que le migrant est une des figures héroïques de notre monde globalisé.
Christine Delage Virginie Soubrier

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