Déc 23 2010

Blog BD : Monter un Studio !

Publié par paulglaudel dans Bizness, Les histoires d'Onc' Popol      

Vous commencez à monter quelques projets, vous avez des commandes d’un éditeur pour des calendriers, vous aimez fonctionner comme une agence de com et vous avez quelques copains comme vous, avec une grosse envie de se consacrer à son métier de dessinateur et scénariste, les dents jusque par terre : Montez un Studio !

C’est la formule la plus pratique pour éviter la surcharge de travail, et l’ennui du métier de solitaire qu’est être artiste. De surcroit, ça vous permettra de vous partager certaines taches, de vous sentir plus sûr de vous, de partager vos compétences et aussi vos réseaux et vos carnets d’adresse, tout en gagnant plein d’argent !

Bref, tout n’est pas si rose mais qui n’espère rien n’a rien, et puis vous avez la vie devant vous, alors ?

Bien sûr, renseignez-vous sur un statut pour vos activités, monter une association ou une société – pourquoi pas- et surtout comment facturer vos travaux communs et séparés. Choisissez bien vos collaborateurs, selon vos affinités profondes, en évitant les doublons (« il fait comme moi, mais pourquoi je bosse pas seul sur ce truc ? »), les trop bavards, les nocturnes retardataires, les pas sympa, les trop beaux, les sans talents surtout….

Scénariste, dessinateur, graphiste, infographiste, coloriste, votre équipe petite ou grande, devra être homothétique et complémentaire.

A vous de jouer !

Hum ! Petite anecdote personnelle :

Il y a quelques années, je faisais partie d’une petite équipe de création …On venait tous d’une boîte de com qui faisait des programmes de formation pour des industriels, dans la banlieue d’Aix-en-Provence (Aix-Audio-visuel) et de fil en aiguille, on eut l’idée de monter un studio sur Marseille, entre la Canebière et le Centre Bourse…Il y avait Eric Cartier ( Flip, Assoc. Stakhano, Diego de la SPA, BD Blues, Alunÿs), Christophe Arleston (Lanfeust, les Trolls, Leo Loden, les Gnomes de Troy) et moi-même. Six mois d’expérience communautaire dans le dessin et la BD, quelques commandes et des projets BD qui nous permirent à défaut pour tous de la fortune, de réaliser nos rêves d’albums de BD et de partir vers de nouvelles aventures, aguerri de cette expérience hors du commun…

Il en reste ce dessin nous représentant dans nos habits de lumière, immortalisant nos espoirs et le souvenir de notre amitié…^^

Paul Glaudel


Juil 12 2008

Blog BD : Pétition pour la sauvegarde du prix fixe du livre

Publié par paulglaudel dans Bizness      

dessin prix fixe coul

Appel pour le livre publié par Le Monde dans le numéro daté du mercredi 2 juillet. Pour signer :

http://www.lekti-ecriture.com/signezpourlelivre/?petition=2

POUR LE LIVRE
Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ». 

Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature.

Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel. Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière.

Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre. Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés du réseau de la lecture publique, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes.

Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d’un véritable choix.

Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle. 

Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. En permettant d’infléchir les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre, elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable. Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.

De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation. En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture. 

La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore. 


Nov 30 2007

BD :Passer pro…

Publié par paulglaudel dans Bizness      

glaudel buro

 » Une journée de la vie d’un dessinateur de BD professionnel  » vous a rendu compte de l’emploi du temps varié et multiple d’un auteur de Bandes Dessinées. Mais pour accéder à cette activité et gagner sa vie avec, comment faire ?

Tout démarre à l’adolescence ou tout au moins quand on commence à publier en amateur dans un fanzine, sur un site web ou dans un journal d’entreprise. Vos amis et collègues connaissent votre coup de crayon et  le téléphone sonne de temps en temps pour une affiche, une carte de visite ou un logo. Savoir établir un prix quand on y connaît rien, c’est pas compliqué mais comme vous avez affaire à un ami, une connaissance ou un inconnu, une gène peut s’installer au moment de demander un prix. Voici un petit barème moyen pour vous en donner une idée :

Dessin-illustration simple en noir et blanc : A partir de 30 euros. C’est le minimum…Et un dessin de presse vaut 40 euros en moyenne.

  • Dessin-illustration en couleur en couleur : A partir de 45 euros et même 75 pour un faire-part de mariage ou un carton officiel.
  • Strip BD ( 3 cases ) noir et blanc ou couleur : A partir de 100 euros, voire 150 si c’est en réaliste avec décor et tout.
  • Planche BD : 180 euros minimum s’il y a beaucoup de planches. Le scénario ( 75 minimum ) et la couleur ( minimum 65 euros ) sont en plus. Mais cela peut monter jusqu’à 400 euros la page, rien que pour le noir et blanc ! Pour les petits formats genre manga, 2 pages valent une.
  • Affiche : De 150 euros pour un petit ou moyen format, jusqu’à 2000 euros pour un grand événement, et plus pour une affiche de Cinéma !

Voilà des prix de départs. Bien sûr, vous serez à même de faire des cadeaux à vos amis, et des ristournes à vos relations. Pourtant, faites attention : Il y a des tapeurs ou des pleurnicheurs partout, voire des personnes qui pensent que le dessin ou la BD en général, ça n’a pas de valeur ! Alors, faites preuve de psychologie dans vos contacts et écoutez un peu votre clientèle éventuelle si elle ne vous prend pas pour un imbécile…Si cela n’a pas de valeur pour certains, laissez-les dessiner eux même ce dessin dont ils ont tant envie ! Et quelquefois, selon la sympathie, n’hésitez pas à faire du troc de vos dessins, contre un bon repas, un logiciel de jeu ou une bonne bouteille de bon vin !

Une fois que vous avez estimé que vous pouvez vous lancer dans cette activité à plein temps, vous essayerez de planifier quantité et qualité de vos travaux. Attendez de décrocher un contrat avec un éditeur de BD qui vous garantira les ¾ de vos revenus annuels. Référez vous à l’article sur ce blog, intitulé  » Faire un dossier BD…Et contacter un éditeur ! « . Une fois cette opération réalisée, vous allez apprendre à :

  • Tenir un délai et estimer un temps de travail. Et s’organiser à travailler chez soi ! Pas facile…
  • S’engager sur une qualité de travail minima, en dessous duquel tout travail sera considéré comme bâclé ! Pas de blagues, on pourra refuser votre travail et le faire recommencer ! En étant payé une seule fois. Ce n’est pas une activité salariée normale, n’oubliez pas…
  • Trouver une méthode de travail : Techniques graphiques et narratives, recherches de documentation, concentration et inspiration, prise de notes…

Voici un fichier Word d’un contrat d’édition pour une série BD :

contrat d’édition bd

Et une fois que vous cumulerez albums BD à réaliser, affiches, illustrations et autres petits boulots, vous pourrez enfin vous déclarer à une caisse de cotisation sociales pour votre couverture, de l’URSSAF à la Maison des Artistes ou l’AGESSA ! Cherchez avec GOOGLE ! Puis renseignez-vous !

Voilà, ce n’est pas si dur de passer professionnel. Il suffit de le vouloir et d’avoir du travail ! Bien sûr, les aléas de la profession rend la vie incertaine, sauf quand on a du succès. Et là les euros coulent à flots…comme les créateurs de Titeuf, du Petit Spirou, XIII, Thorgal ou Astérix ! Qui sont milliardaires…!

Sinon, il y a d’autres portes qui s’ouvrent comme assistant, encreur ou coloriste…Sans oublier les reprises de personnages célèbres, tel ACHDé qui a repris Lucky Luke de Morris, ou BATEM qui a repris le MARSUPILAMI de Franquin (qui lui-même avait repris Spirou de…JiJé ! ). Et moi-même, j’ai été assistant de Pierre SERON sur les  » Petits HOMMES  » et fait quelque essais sur le personnage ci-dessous…

essai gaston

Bon courage et bonne chance, mais dans tous les cas, c’est l’assurance de faire un métier formidable : Dessinateur de Bandes Dessinées !


Jan 11 2007

BANDES DESSINEES 2006 : Bilan et Chiffres

Publié par paulglaudel dans Bizness      

stef kaidi kaida

Le début de la nouvelle année est souvent l’heure du bilan de la précédente. 2006 a rendu tous ses chiffres, ses conclusions et ses statistiques. L’ACBD (Association des Critiques et journalistes de BD) via son secrétaire Gilles Ratier a réalisé et dévoilé un document récapitulant et analysant ce bilan…En résumé sur l’édition BD, on peut lire que :

  • 4130 livres ou albums ont été publiés en 2006 ( dont 3195 nouveautés et 935 rééditions )…
  • …édités par 225 éditeurs ! Dont plus de la moitié par les grands groupes d’édition. ( Exemple : MEDIA PARTICIPATION regroupe Dargaud-Lombard et Dupuis.)
  • Il n’y a plus que 21 journaux ou magazines spécialisés BD.
  • 1799 albums concernent les traductions étrangères dont 1418 mangas !
  • Il y a 1325 auteurs de Bandes Dessinées qui vivent de leur art, en cumulant plusieurs activités.
  • Les femmes représentent 10% des auteurs et les scénaristes exclusifs 16%.

Si l’ensemble de la profession a l’air florissante avec une progression générale de 14,7 %, éditeurs et diffuseurs en tête, l’auteur de BD moyen ne gagne pas bien sa vie. Les succès style TITEUF ou ASTERIX sont des exceptions et seuls quelques auteurs se partagent la part du lion !

ACBD BILAN 2006

Je vous laisse lire et faire vos propres analyses d’après le rapport de Gilles Ratier et dont le lien est ci-dessus.

La BD c’est aussi un métier. Donc à vos calculettes…