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Généraliser les tests ADN à des fins médicales 1

Les tests génétiques-1L 0 commentaire »

C’est la question que j’ai soumise, au cours des deux semaines qui viennent de s’écouler à mes élèves de Premières L. Qu’en pensez-vous ? Je dois dire que les échanges ont été assez policés et que j’ai du apporter la contradiction et pousser aux questions. Cette entrée déjà expérimentée avec mes élèves de ES avaient suscité, alors, une véritable polémique. Beaucoup d’opposition de principe et une argumentation proposant des alternatives ou faisant état des maladies génétiques avaient permis de problématiser avec efficacité. J’y reviendrais.

Avant de la soumettre, à un des groupes j’ai proposé d’abord le titre du thème “Phénotype, génotype et applications biotechnologiques”. Fou rire de deux élèves, effrayées par ce qui pouvait les attendre derrière ces termes nouveaux et étranges. “Bon, on va laisser de côté un temps ces sciences qui font si peur”. Faut-il généraliser les tests ADN pour mieux prévenir et soigner les maladies génétiques ? C’est déjà plus clair, plus concret !

Alors, allons-y, je vais faire ici appel à ma mémoire. Je n’ai pas enregistré l’échange comme je l’avais fait avec mes élèves de seconde sur le changement climatique. Premières interventions : “c’est bien, ça permettra de soigner” , “non, les discriminations deviendront possibles si certains, mal intentionnés, voulaient accéder à ces tests”. Pour autant “le test de séropositivité au VIH est mené et il n’entraîne pas de dérive, des précautions sont prises”. “Oui, mais, en plus, il n’est pas systématique… et ça change tout !”. Autre intervention : “peut-on vivre avec l’information selon laquelle on pourra peut-être déclarer telle maladie”. “Il faudrait que chacun dise, avant tout test s’il est d’accord”. “Alors, il faut éviter le test au moment de la naissance : le bébé ne peut pas choisir”. Ah ! le bénéfice peut ne pas être aussi net que cela. Bienfaisance ou malfaisance ? La liberté doit être respectée, l’autonomie des personnes en quelque sorte. Voilà des principes éthiques. Mais scientifiquement et médicalement est-ce que cette proposition de test tient la route ? . “Oui médicalement bien sûr, on pourra ainsi conseiller un régime particulier à une personne pour éviter que la maladie génétique ne se développe. Cela pourrait être le cas des maladies cardio-vasculaires.” Certes mais pourquoi ne pas prendre pour préalable une hygiène de vie en particulier en ce qui concerne son alimentation ? Et quelqu’un d’ajouter, “et si les maladies génétiques dépendent d’autres facteurs est-ce que la généralisation des tests est pertinents au regard des incertitudes ? ” V oilà que la science doit nous éclairer ! Elle doit nous éclairer aussi parce que si on ne fait pas de test génétique vu l’incertitude, vu les conséquences sociales ou psychologiques que ceux-ci peuvent avoir, il serait quand même intéressant de pouvoir agir précocement sur ces maladies surtout si on sait les soigner.

D’autres tests ne sont-ils pas possibles ? Autrement dit d’autres indices de la maladie avant quelle ne se “déclare” ne peuvent-ils pas être repérés ? Et d’ailleurs comment elle se “déclare” ? “C’est pas si simple, certains portent le gène et ne sont pas malades alors que d’autres le sont”. On atteint ainsi la strate scientifique, le dessous des cartes peut devenir accessible : la notion de phénotype, après avoir comparé les caractéristiques de maladies génétiques, moyen de savoir comment les détecter autrement ; leur déterminisme, une histoire de génotype et d’autres facteurs ; mais aussi une des caractéristiques du vivant, son unité, en s’interrogeant sur la possibilité de “soigner le gène” si sa connaissance et son repérage deviennent possible.

Le premier point est traité ce jour dans la foulée : comment identifier une maladie génétique avant qu’elle ne se déclare afin de pouvoir la soigner ? Quels indices peut-on repérer ? Une lecture de textes relatifs à trois maladies. L’identification de caractéristiques communes. La construction d’un outil scientifique pour les exprimer : le tableau à double entrée bien sûr ! (Après l’élaboration d’argumentation orale c’est la compétence travaillée aujourd’hui… et quand vous faites un tableau n’oubliez jamais le titre). La notion de phénotype est déclinée au niveau moléculaire, cellulaire et macroscopique avec une “grosse” question soulevée par une des élèves. “Mais où sont les molécules dans les cellules? ” Echanges ! On passe par les atomes, on revient à la cellule, la présence de molécules uniquement dans le noyau est débattu… Finalement ouf, on se met d’accord la cellule est constituée PARTOUT de molécules.

Et finalement le lien de causalité entre le niveau moléculaire, à chaque fois des protéines, et les niveaux d’organisation supérieure permet de trouver à quel niveau les tests pourraient être effectués : le niveau moléculaire. Ce lien est loin d’être évident pour les élèves. Il a été débattu à partir de la recherche du test possible. Il faut vraiment comprendre ce lien de causalité pour adhérer à la pertinence du test biochimique. Pas si facile. C’est d’ailleurs une des notions du programme.

Destruction “irréversible” de la biodiversité 1

La fragilité de la biodiversité-2ème 0 commentaire »

Bonjour,

Après le changement climatique (si vous n’avez pas lu ma chronique au quotidien sur le plone de l’INRP, c’est aujourd’hui lisible ici) voilà la nouvelle question que je traite avec mes élèves de seconde : La biodiversité est menacée… comment sensibiliser les citoyens de la Terre ?

Une entrée en matière : le choix de la Présidence de la République en février 2007, lors du sommet international qui s’est tenu à Paris sous l’intitulé “Pour une gouvernance écologique mondiale” présidé par M Jacques Chirac.

Le moins qu’on puisse dire c’est que les réactions de mes élèves n’ont pas été unanimes pour défendre ce mode de sensibilisation. Je vous laisse lire leurs commentaires… Le débat est vite passé de la discussion sur cette forme de sensibilisation, faisant appel à l’affectif et l’émotionnel, à des propositions alternatives allant jusqu’à proposer de faire une autre vidéo plus convaincante.

Qu’exprimer, alors, si ce type de message “porte plutôt à la passivité face à la catastrophe en cours” selon les termes d’une élève, certains proposent une sensibilisation plus violentes et catastrophistes, d’autres une sensibilisation au plus proche de leurs préoccupations, de ce qui les touche, de leur environnement direct… Je pense au site de la Côte Ste Catherine… mais pour l’instant, je propose de faire le choix des sciences, de l’explication scientifique. Sans doute faut-il utiliser tous les moyens possibles pour toucher le plus grand nombre de personnes.

Eh oui, les uns et les autres, sensibilisés disent combien le sujet est urgent. Nicolas Hulot note ainsi, à cette Conférence de Paris, que “chacun d’entre vous sais, je n’ai pas à vous faire offense, que chaque espèce qui disparait est un préjudice irréversible et inestimable”. IRREVERSIBLE ? Qu’est ce que cela veut dire ? Selon le Petit Robert “qui ne peut se produire que dans un seul sens, sans pouvoir être renversé” Pourquoi la destruction de la biodiversité serait-elle irréversible ? Si tel n’était pas le cas, il n’y aurait pas de problème ? La problématique est lancée. Impasse pour les élèves. Allons y progressivement.
Interrogeons la biodiversité. Qu’est ce ? En première approche c’est la diversité des espèces et des individus au sein de la biosphère. Quelle explication à ces différences entre les espèces ? “Le temps, l’évolution” s’aventurent certains… les gènes pensent d’autres. On devra effectivement aborder les deux origines : temporelles et fonctionnelles.

Commençons par les gènes qu’est-ce ? Il est question de chromosomes, de noyau, d’ADN…Une recherche est à mener en commençant d’abord par les acquisitions de l’an passé et à partir d’un article sur la découverte de l’ADN publié en 2003, 50 ans du nobel oblige, par le journal Libération .. Une histoire à 4 acteurs… certains ont découvert la molécule et n’ont pas été récompensés, d’autres ont été géniaux et ont eu le Nobel et une femme… pas grand chose pour cette femme, décédée avant d’être récompensée et surtout reconnue.