Destruction “irréversible” de la biodiversité 8
La fragilité de la biodiversité-2ème 0 commentaire »Toujours le même thème… y-a-t-il lassitude des élèves ? Me semble-t-il, non. C’est une question que je me suis souvent posée : Comment dans un environnement médiatique privilégiant le zapping éviter la lassitude des élèves autrement qu’en leur disant qu’ils sont sous cette emprise médiatique ? Finalement, sans leur donner de véritable réponse, sinon, un “C’est comme ça, tu comprendras plus tard” péremptoire. Expression supposant une richesse du sujet telle qu’ils me seraient reconnaissants, plus tard, de les avoir conduit jusqu’à son étude exhaustive.
Non, cette réponse est vraiment insatisfaisante ! Pour notre part, nous sommes en 8ème semaine. Ce qui nous tient en haleine c’est cette recherche de l’explication scientifique de “l’irréversibilité de la destruction de la biodiversité”. Tenir en haleine c’est d’abord, me semble-t-il, ne pas solliciter les élèves en début de séance pour savoir ce qui a été vu lors de la précédente. Désolé pour les esprits chagrins, nostalgiques de la leçon précédente qu’on apprend et qu’on récite, notre histoire est trop complexe pour cela. C’est donc moi qui la raconte tout en présentant, du fait de sa complexité, une structuration sous forme d’un organigramme permettant de se repérer sans oublier de rappeler les savoirs et les questions encore en perspectives.
Aujourd’hui il s’agit donc de poursuivre cette recherche qui doit nous conduire à savoir, si oui ou non, la cellule est l’unité fonctionnelle du vivant ce qui serait une sacrée preuve de l’origine commune de ce vivant ! Sa capacité à utiliser de la matière constitutive du monde, connue comme organique et minérale, pour “vivre” c’est à dire se multiplier ou accomplir son activité (se déplacer, sécréter d’autres molécules…) est la conséquence vérifiable expérimentalement de cette possibilité. Après avoir proposé de mettre en culture des cellules en présence de chacun de ces deux types de molécules (organiques et minérales) et de les comparer à une culture dépourvue de ces apports, une recherche d’expériences était à entreprendre en partant d’une culture cellulaire qui mettrait à disposition des cellules les deux types de molécules.
Il s’agit bien sûr de supprimer successivement un des éléments et de s’intéresser non pas comme la semaine précédente à leur capacité à se développer “en présence de” par rapport à une situation “témoin” de déficit mais en “absence de” par rapport à une situation “témoin” d’abondance. De même que la semaine précédente, le possible résultat attendu est exprimé comme argument de l’intérêt de chaque expérience.
L’intérêt de ces réflexions aboutissant à la proposition de deux stratégies expérimentales est d’exercer ces difficiles raisonnements hypothéticodéductifs et de repérer que l’invariant pour proposer un protocole expérimental est de repérer le témoin et par rapport à celui-ci de construire une expérience qui lui diffère par un seul facteur. Seule condition pour pouvoir conclure sur l’importance ou non de ce facteur pour obtenir le résultat attendu.
Vous comprenez qu’avec ces objectifs cognitifs relatifs à la démarche scientifique demandant un certain temps pour être construit et compris par les élèves, il m’en reste guère pour manipuler. Ce que je me suis donc refusé à faire ici. Et, si vous ne le comprenez pas, je vous invoquerai “le programme à finir”. Je serai alors malhonnête en voulant faire porter sur ces “experts qui pondent les programmes sans savoir jamais enseigné”, un choix pédagogique que je revendique pleinement. Oui, je manipule chaque fois que je le peux, c’est à dire le plus souvent possible, mais aussi chaque fois que je le veux ! Et, aujourd’hui cette absence de manipulation est d’autant plus légitime, à mon sens, que je souhaite pour suivre mon travail sur la démarche expérimentale par un croisement avec la démarche d’argumentation à partir d’information scientifique que nous avons vu dès les premiers jours de l’année scolaire.
En effet, les résultats que je communique aux élèves des manipulations qui auraient pu être menées en comptabilisant des cellules de levures d’une part et d’euglènes d’autre part au temps to et 7 jours plus tard dans différentes conditions de cultures, vont me permettre de leur demander de formuler la consigne nécessaire pour conclure. Vous imaginez, jusqu’à présent, depuis le début de l’année c’est le professeur qui formule la consigne mais ici les élèves sont en capacité de le faire… alors pourquoi ne pas leur laisser la main ? “A partir des résultats expérimentaux obtenus, montrez si l’hypothèse est vérifiée”… et j’ajoute : “et précisez la”. Un “xième” apprentissage sur ce type de démarche mais avec une difficulté supplémentaire dans l’utilisation des données qu’il est intéressant de noter : la nécessaire prise en compte du temps (comparaison entre t0 et t7jours) alliée à la nécessaire comparaison des conditions de cultures… une double lecture d’un tableau. Waouh !!!!
Bref, au delà de la validation de la cellule unité fonctionnelle des êtres vivants et donc nouvelle preuve d’une origine commune du vivant, on aboutira aux notions d’autotrophe et d’hétérotrophe : cerises notionnelles sur le gâteau d’investigation préparé dans la rigueur scientifique.

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