A suivre… donc. Avec un peu de retard.

L’étude déjà menée laisse entendre, pour l’instant, qu’un phénotype est déterminé par un gène, le gène permettant la synthèse d’une protéine : le phénotype moléculaire. Cette stricte causalité peut ouvrir sur un intérêt alors d’une généralisation des tests génétiques, ceux-ci permettant d’obtenir, avec les connaissances que nous possédons, des informations précieuses pour soigner, guérir, prévenir… Sauf que….

Sauf que chaque chromosome est double et donc chaque gène est double dans chaque cellule, mise à part les cellules sexuelles. Des gènes doubles mais pas obligatoirement semblables. Deux allèles (versions d’un gène)  différents peuvent se trouver chacun sur un des chromosomes. la question est donc de savoir si la présence d’un seul allèle détermine un phénotype alternatif. Une argumentation est demandée aux élèves à partir d’un support documentaire : l’arbre généalogique d’une famille dont certains membres sont atteints de drépanocytose et la connaissance des allèles que possède chacun de ces membres. Il apparaît ici que ce n’est pas le gène qui détermine le phénotype alternatif, mais la combinaison de ses allèles, l’un étant récessif, l’autre dominant. Les choses se compliquent : réaliser des tests génétiques et en informer les patients pourrait revenir  donc à leur donner des informations sur leur statut génétique qui ne déboucherait pas sur une maladie mais qui engagerait seulement leur projet parental futur… avec des conséquences psychologiques possibles sur leur relation à l’autre au sein du couple… Faut-il prendre ce risque ? Au delà des raisons exclusivement éthiques, la généralisation du test ADN a du plomb dans l’aile pour des raisons scientifiques ….

Pour aller un peu plus loin, et voir si d’autres arguments ne pourraient pas faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre,  prenons un débat très polémique qui s’est déroulé dans les colonnes du mensuel “Philosophie Magazine” en mars ou avril 2007 entre Michel Onfray, Philosophe et Nicolas Sarkozy, Candidat à la Présidence de la République.

L’extrait polémique :

“Michel Onfray : Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.
Nicolas Sarkozy : Je ne suis pas d’accord avec vous. J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie.”

Autrement dit pour ce qui nous intéresse, la position de Michel Onfray, inclinerait à refuser une généralisation des tests car, de toute façon, certains phénotypes sont du ressort du contexte social, environnemental et non du génotype. Celle de Nicolas Sarkozy est totalement à l’inverse.   Quelle position choisir ? Une étude scientifique sur la couleur des lapins dits Himalayens permet de comprendre la multiplicité des causes et donc la complexité de la situation. Expliquer scientifiquement cette couleur permet de montrer que, à la fois le génotype et l’environnement (plus particulièrement la température externe) influent sur le phénotype.  L’intérêt d’une généralisation des tests est alors à nouveau posé. Une élève avance que ceux-ci permettrait alors de préconiser une certaine hygiène de vie si ce sont ces conditions qui participent à la réalisation d’un phénotype (cf l’alimentation). Certes mais pourquoi ne pas avoir, d’abord, une hygiène de vie, tel qu’une alimentation équilibrée ? La question du test ne se poserait alors plus.