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Rencontre avec François Bégaudeau, auteur de “Entre les murs”

22 déc 2006 dans Lycée par LeWebPédagogique

François Begaudeau a publié en janvier dernier Entre les murs, un livre sur l’école, la banlieue et l’enseignement. Depuis sa parution, le succès est immense : 100 000 exemplaires vendus. Comme beaucoup, nous avions lu et aimé son livre. Nous avons donc pris contact ! François a eu la gentillesse de nous rendre visite. LeWebPédagogique l’a interrogé sur son métier, son livre, la littérature, les blogs, le langage texto…

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13 réponses à Rencontre avec François Bégaudeau, auteur de “Entre les murs”

  1. Doc said on 7 septembre 2006

    Intéressant. Bégaudeau est un prof qui a du recul et ne se prend pas trop au sérieux. C’est mieux et plus constructif que Brighelli !!

  2. Amesoul said on 7 septembre 2006

    François Bégaudeau devient petit petit une voix qui compte… C’est toujours aussi intéressant de lire ses points de vue. Comment fait-il pour faire tout ça ? De plus, je l’ai vu ce matin en chroniqueur littéraire sur canal+ (La Matinale). A quand un blog ?

  3. Lanneau Nadine said on 9 septembre 2006

    Excellent « Entre les murs », quel humour ! Il paraît que François Bégaudeau a écrit d’autres livres. Il me faut les trouver même si le foot n’est pas ma tasse de thé, mais c’est vrai que parler ou plutôt faire semblant dans mon cas de parler de foot (car je n’y entends rien) est apprécié des élèves au CDI de mon collège.
    J’attends avec impatience le film.
    J’ai connu cet auteur par le Monde de l’Education de juillet-août où il réfléchit sur « Le Maître ignorant » de Jacottot pédagogue du début XIX°. Maître ignorant ne pas prendre au pied de la lettre, plutôt maître qui n’impose pas sans arrêts sa parole. Mais il arrive aussi que même dans l’ignorance d’une connaissance on puisse aider quelqu’un dépasser sa propre ignorance par une présence amicale et encourageante : le principe de l’éducabilité ?

  4. une ancienne élève said on 13 septembre 2006

    excellent livre, je n’en ai pas perdu une miette et je connais l’auteur tout simplement parce que…j’étais une de ses élèves! certes pas dans la région parisienne, c’était au lycée Branly de DREUX en 1999/2000, l’année ou je passais mon bac L et je dois dire que c’est le prof qui m’a le plus marqué dans ma scolarité et l’attitude du narrateur dans son livre est absolument celle qu’il avait avec nous : il ne se prenait jamais au sérieux. enfin bon, excusez la digression mais quand on eu un prof aussi « atypique » (en positif), forcément, on s’en souvient…et on voudrait le crier sue les toits!
    Merci pour l’interview en tout cas, je suis fan de M. Bégaudeau (les vieux réflexes d’élève restent) et j’attends avec impatience le film adapté de son oeuvre.

  5. C.Juste said on 1 octobre 2006

    Bonjour,
    je viens de finir ce livre et le ton m’a beaucoup plu. Il est l’image de ce métier : multi facettes. J’y ai retrouvé de nombreuses anecdotes de mon quotidien ( les agrumes oubliés dans les casiers…),ainsi que la relation ambivalente qui nous lie ce métier (entre idéalisme et désillusions), nos élèves (la palette des sentiments est large : de l’affection et la compréhension jusqu’ un certain mépris parfois)et ce lieu (un univers part- »entre les murs »- la fois hermétique et ouvert, qui possède ses propres règles).Concernant la fameuse ambiance de la salle des profs, la retranscription est fidèle. Bravo François Begaudeau, mais un mauvais point pour le scribe qui a tapé l’article : langage sans « u »(anglicisme), merci: je m’échine pour le faire entrer dans la tête de mes élèves…( je suis prof de lettres)

  6. Maud Nourisson said on 5 octobre 2006

    Bonjour !
    60 ans,j’ai quittée l’école 15 ans,misère familiale peu propice l’encouragement aux études;l’essentiel étant savoir vite « gagner son pain »…mais heureusement la porte sur la connaissance ne s’est pas refermée entièrement…j’ai toujours souhaité, toujours eu envie de voir, connaître, savoir…mais sans les bases fondamentales de l’éducation primaire, secondaire…ce n’est pas facile… et entre temps il a fallu construire sa vie professionnelle, familiale…Je ne comprends pas tout; le niveau est parfois au dessus de mes moyens !…alors je passe…je cherche les explications…mais j’aime ! et quel meilleur partage que celui de la connaissance ?
    J’ai découvert le site par l’intermédiaire de l’émission « Blog part » sur France Inter, tôt le matin (6h20-6h25)avant d’aller travailler !
    Merci vous tous !

  7. Sylvain .P(ancien élève) said on 6 octobre 2006

    Bonjour,
    Je suis un ancien élève de Monsieur BEGAUDEAU (1998-1999) et en garde un tres tres bon souvenir!!!
    J’ai été surpris de le voir hier matin sur canal (La Matinale), j’ai donc effectué des recherche pour en savoir plus sur lui. J’apprends qu’il a déj écrit 4 livres! Je vais donc me dépécher ce midi d’aller acheter son dernier ouvrage! Merci Monsieur Begaudeau, il n’ya que grace a vous que je lit des livres! lol! Le premier c’était pour le BAC de français, et le second ce sera le votre mdr ;) !
    Car contrairement ma cammarade du lycée Branly (cf:ci-dessous) j’étais en filière STI (technique). Par conséquent le français n’est pas forcément notre matière préférée. Mais je dois avouer qu’avec Monsieur BEGAUDEAU c’était différent! Nous aimions nous rendre en cours de français, nous savions que nous nous passerions un bon moment ;)
    Merci pour l’interview… et qui sait? peut etre a bientot!

  8. Gudrun Aeberli said on 16 octobre 2006

    Bonjour,
    J´ai lu le livre avec grand intérêt, mais j´étais choquée par un passage concernant l´Autriche. Oui, l´Autriche est un tout petit pays sans grande importance dans le monde, oui, on s´en fiche un peu, oui, moi non plus je ne remarquerait probablement pas son absence sur une carte géographique, mais non au passage qui suit (p.176). On (= une classe de terminale autrichienne) aurait envie de réagir et d´envoyer nos réactions l´auteur, mais tout cela serait nettement plus motivant si on pouvait compter sur une réponse (même très brève). On a déj essayé de contacter l´éditeur, mais en vain. Gudrun Aeberli

  9. Gudrun Aeberli said on 21 octobre 2006

    C’est au nom d’une classe de terminale autrichienne (mais oui, ça existe!) que je voudrais adresser ce courrier à Monsieur Bégaudeau.
    L’ année dernière, nous nous sommes beaucoup intéressés aux problèmes dans les banlieues ainsi qu’ à la situation des immigrés en général. Ne voulant pas nous restreindre � la presse et aux médias audiovisuels, nous avons aussi lu des textes littéraires. C’est pour cela que la parution du livre « entre les murs » ne pouvait pas passer inaperçue. J’ étais fort impressionnée et par les méthodes du narrateur-prof et par les questions, réactions …des élèves. Arrivée à la page 176, j’ ai été d’autant plus déçue de la manière de laquelle était traitée l’ Autriche. Il me parait normal qu’ une jeune Chinoise ne connaisse pas notre pays et que l’on la console en lui disant qu’il s’agit d’ un tout petit pays sans grande importance dont on ne remarquerait même pas l’ absence sur une carte géographique, mais je suis choquée qu’un prof puisse prononcer ce qui est dit dans la suite. On en a discuté en classe et les élèves ont décidé de s’adresser directement � l’auteur. Avant de rédiger les textes qui suivent, on a lu l’interview avec François Bégaudeau qu’on a trouvée sur internet. D’aucuns étaient surpris de tomber sur un homme aussi intéressant, polyvalent et cool.
    Dans la suite, vous trouverez les textes que les élèves ont écrit seuls ou en petits groupes pendant un cours de français. Ce sont des réactions spontanées, non censurées, subjectives ; j’ai juste essayé d’éliminer les plus grosses erreurs linguistiques sans intervenir � propos du contenu. Evidemment, nous serions tous ravis de recevoir une réponse aussi succincte soit-elle. Prochainement, on s’occupera du projet « Clichy sans cliché », de sorte que François Bégaudeau ne pourrait qu’enrichir notre programme.

    « Nous ne sommes pas d’accord avec votre déclaration qu’on pourrait bombarder l’Autriche sans que personne s’en rende compte. Ce n’est pas parce que nous habitons dans un tout petit pays qu’on a le droit de nous tuer. L’Autriche n’est pas si anodine que ça, mais les Français se prennent souvent pour le centre du monde. On pourrait penser que vous voulez vous venger parce que vous n’arrivez pas � oublier la défaite de Napoléon contre Andreas Hofer. D’ailleurs, votre Napoléon était tout petit aussi (1,50m) » (Christoph & Christoph)

    « Je suis fâchée d’un passage dans votre livre « entre les murs ». Vous répondez � une fille qui ne connaît pas l’Autriche que ça ne fait rien parce que l’Autriche n’est d’aucune importance dans le monde. Moi, je pense que c’est une réponse fausse, parce que mon pays était et est encore très important et influent. Pensez aux grands compositeurs et écrivains – parmi eux, on trouve beaucoup de personnages très connus. Et aujourd’hui il y a des Autrichiens comme Hermann Maier ou Thomas Morgenstern ! Je suis très étonnée que vous et vos élèves ne les connaissiez pas ! Ils passent � la télé plusieurs fois par semaine. Vous ne donnez pas de bon exemple � vos élèves ! A mon avis, il est important d’ apprendre la tolérance aux jeunes étrangers qui sont dans une situation difficile en banlieue ! La tolérance y est d’autant plus importante !» (Irina)

    « Il est inacceptable de prendre l’image d’une bombe tombant sur l’Autriche ou n’importe quel autre pays. L’Autriche est assez importante pour être connue. En outre, on ne peut pas juger un pays d’après le nombre des personnages célèbres. Mais vous ne pouvez quand même pas nous dire que vous ne connaissez pas Mozart ou Schwarzenegger, par exemple. Votre attitude est très arrogante et nous pensons qu’un homme cultivé ne devrait pas dire et enseigner quelque chose comme ça. (Lisa et Franz Xaver)

    Nous n’aimons pas votre attitude envers l’Autriche ! « Petit » ne signifie pas « peu important » et l’Autriche possède beaucoup de choses magnifiques !
    Préférez-vous les pays où il y a beaucoup de gens célèbres qui sont mondialement connus grâce � leurs activités guerrières ? Venez en Autriche et vous verrez que c’est un très beau pays riche de gens gentils et de choses intéressantes bien qu’il soit tout petit ! » (Dagmar & Kathrin)

    « Nous avons lu un extrait de votre livre « entre les murs » où vous dites que l’Autriche est un petit pays qui n’a pas d’importance dans le monde. A notre avis, la taille d’un pays n’a pas d’importance parce que chacun est unique. En Autriche, il y a beaucoup de gens connus, intelligents, intéressants et magnifiques. L’Autriche est aussi très célèbre pour sa belle nature, ses montagnes, ses richesses culturelles qui attirent beaucoup de touristes. Nous pensons que vous êtes un petit perturbateur ! » (Mathea et Maria)

    « « Si une bombe rayait l’Autriche de la carte, personne s’en rendrait compte.» Au moins nous, qui vivons en Autriche, nous nous en rendrions compte. L’Autriche a beau être petite, il y a quand même des êtres humains. S’il y a un seul homme qui meurt � cause d’une bombe, c’est un homme de trop, ce n’est pas égal ! Je suis un peu triste que vous ayez une telle opinion des minorités. Qu’est-ce que c’est pour vous, un pays important ? Un pays qui a le pouvoir de lancer une bombe ? » (Flora)

    « Il faut que vous fassiez attention � ce que vous dites. Nous sommes Autrichiennes et nous étions choquées quand nous avons lu que vous pensez que notre pays n’est pas important. De plus, ce n’est pas vrai qu’il n’y ait personne de connu. Mozart par exemple est célèbre dans le monde entier. L’Autriche est petite, mais ça ne veut pas dire que ce serait égal si elle n’existait plus. Peut-être que ce serait mieux que vous réfléchissiez un peu plus � ce que vous dites � vos élèves. Ils peuvent certainement se forger leurs propres idées. » (Marianne et Nathalie)

    « Nous n’aimons pas ce que vous avez écrit sur l’Autriche. Peut-être que l’Autriche n’est pas très grande, mais elle est importante quand même. Il y a des Autrichiens connus dans le monde entier, pensez seulement � Mozart ou Schwarzenegger. Nous ne sommes pas du tout d’accord avec ce que vous dites. Il n’est pas vrai que personne ne s’en rendrait compte si l’Autriche disparaissait. » (Verena & Bernadette)

    « On vous trouve cool et on voudrait bien avoir un prof comme vous. On admire votre engagement pour les jeunes qui habitent en banlieue, mais ce que vous avez dit sur l’Autriche nous a choqués. Ce n’est pas la taille qui fait l’importance d’un pays. Autrefois, l’Autriche était aussi importante que la France, et même plus importante (pensez � l’Empire austro-hongrois). De plus, vous avez certainement entendu parler de Mozart (puisque vous le citez dans votre interview) ou bien de Vienne. Vous devriez profiter de l’occasion pour faire sortir les jeunes de leur banlieue et pour élargir leur horizon. » (Carolin + Sebastian)

    « Nous sommes très concernés par votre texte dans lequel vous dites que l’Autriche n’est pas important. Un prof a une responsabilité devant ses élèves. C’est pourquoi il ne doit pas dire qu’éliminer un pays par une bombe, ce n’est pas grave. Il y a beaucoup trop de gens qui meurent � cause d’une bombe. Ce n’est pas drôle du tout. Vos élèves reprendront votre attitude. » (Florian, Tim, Benedikt)

    “Nous trouvons que vous ne devriez pas dire que l’Autriche n’est pas importante seulement parce qu’elle est petite. Il y a des gens extraordinaires en Autriche, par exemple Mozart, Elfriede Jelinek (prix Nobel de littérature), Sigmund Freud et aussi Arnold Schwarzenegger. Même si nous vivons dans un petit pays, nous sommes très importants dans le monde des sports d’hiver. Nous voulons vous inviter � faire un tour en Autriche avec nous. Mais ce tour se fera � pied de l’ouest � l’est sur une distance de plus de 700 kilomètres. Ainsi, vous verrez que l’Autriche n’est pas si petite que ça et que les Autrichiens sont un peuple très sympa et accueillant. Si une bombe détruisait l’Autriche, vous et le monde entier perdriez notre excellente cuisine : les gâteaux Sacher, la célèbre escalope viennoise, le speck et les stroudels aux pommes. Nous savons que pendant toute l’année il y a des Français qui viennent en Autriche pour passer leurs vacances dans les Alpes tyroliennes et pour visiter nos monuments historiques. En outre, nous avons une gentille assistante qui est venue de France pour vivre en Autriche.» (Karin, Lisa, Stephan)

    « Cher François ! On ne peut pas dire aux élèves qu’il serait égal si on éliminait un pays par une bombe. C’est la bombe qui nous choque, pas le fait que ce soit l’Autriche. Le mot « bombe » déclenche des souvenirs horribles comme Hiroshima et Nagasaki, Hitler, la Seconde Guerre Mondiale, évènements qui concernent aussi la France. En tant que prof, vous devriez en être conscient. Nous avons grande envie de vous inviter en Autriche. Nous pourrions vous montrer tout : les montagnes, les gens, la nourriture traditionnelle, les habitudes et aussi la « Gemütlichkeit » qui est unique au monde. » (Jasmin + Juliana)

  10. Gudrun Aeberli said on 24 octobre 2006

    Entre-temps, on a envoyé de longs commentaires tout en espérant qu´ils arrivent leur destination/ destinataire.
    Gudrun Aeberli

  11. Christian B said on 29 octobre 2006

    Bonjour,

    Je viens de finir ce livre que j’ai trouvé plutôt bon, bien que ne sois ni un ancien élève de M Bégaudeau ni un prof, mais un simple parent d’élèves français qui ne connaît pas l’auteur…

    Ce qui m’a intéressé surtout, au del du rendu de la vie quotidienne dans la classe, en salle des profs et l’égard de l’administration c’est que le professeur va parfois trop loin dans ses propos et s’en rend compte, pressé par le temps, excédé par un élève,fatigué par sa journée, même si cela n’est pas toujours affiché explicitement.

    Cela le conduit par exemple présenter des excuses un élève dans un passage du livre.

    A nos amis autrichiens je veux dire que c’est ce que j’ai ressenti en lisant le passage qu’ils incriminent juste titre. J’ai pensé que l’auteur, homme de culture, avait voulu montrer au lecteur sa vérité quotidienne sans autocensure, avec ses propos parfois très outranciers, justifiés dans ce cas précis par sa trop grande empathie pour ses élèves asiatiques.

    Bref je ne l’ai pas pris au premier degré… d’autant plus que je me suis déj rendu en Autriche et que je sais ce que ce pays a apporté au monde, en matière de culture notamment.

  12. Un ancien fan... said on 15 avril 2007

    Alors là, quelle surprise! J’ai (re)découvert François Begaudeau grace à une amie. Je ne pensais pas lire un jour un roman d’une personne dont j’avais le poster dans ma chambre et dont j’écoute toujours les disques. Passé la première surprise, moi qui ne lit plus vraiment depuis quelques années, et bien je dois reconnaitre que c’est bon. L’histoire comme les descriptions, il y a quelque chose de tellement vrai et réaliste là dedans… je le conseille vivement autour de moi.

  13. LECTEUR said on 18 août 2007

    Le livre « Entre les murs » est simplement génial. Beaucoup de pertinence, de finesse et de courage.
    Enfin un roman-témoignage qui n’est pas un lourd pamphlet de droite ou une insupportable utopie de gauche…
    En revanche, je trouve F.Begaudeau nettement moins bon analyste (émissions, essai…) que romancier. Quand il analyse (le langage, les banlieues etc.), il se prend tout à coup au sérieux et tombe dans des formulations-clichés au goût du jour…(pour le cinéma, j’attends de voir! :)

    Mais quel romancier, vraiment! Ecrivez en une douzaine encore, c’est classe et profond…

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