Exploiter la musique en cours d'histoire

Les documents les plus utilisés en Histoire-Géographie proviennent en partie de la recherche universitaire et du monde des médias.

musiqueTextes, images et statistiques inondent nos pratiques et les documents sonores apparaissent comme une richesse inexploitée : leur variété (déclarations radiodiffusées, chansons, témoignages) et leur importance dans l’histoire méritent un traitement revalorisé.

En glissant la musique dans l’éventail de nos supports, nous y gagnons une proximité avec le vécu et le quotidien des élèves. Outil de la liberté d’expression, la chanson donne de nombreuses pistes pour aborder l’Histoire des arts en classe.

Nos élèves sont issus de la « première génération multimédia » : baignant dans la civilisation de l’image et la culture du zapping, ils entretiennent avec la musique un lien presque charnel. Si à la fin des années 1990, 80% de la « population jeune » possédait un baladeur, le lecteur mp3 du XXI°s a dû convertir les 20% restants… En 2010, une enquête montrait que les adolescents passaient plus de 1h30 avec leurs écouteurs dans les oreilles.

Travailler sur l’environnement culturel des élèves

Ce qui intéresse, influence ou intrigue l’élève, c’est-à-dire ce qui constitue son environnement culturel, doit avoir sa place à l’école. L’environnement culturel des adolescents est tributaire de leur cadre familial, de leurs pratiques culturelles, des références communes à une génération. Les médias (auxquels j’intègre la musique), avec toutes les informations et les modes qu’ils véhiculent participent à la construction identitaire des élèves. L’utilisation de la chanson en cours est une manière :

  • d’estomper la frontière entre le monde quotidien et l’univers scolaire ;
  • d’ancrer chez l’élève une culture du questionnement face aux médias et à sa consommation musicale (quel sens donner à ce que j’écoute ?) ;
  • de lui faire découvrir une époque à travers un style musical qu’il connaît ou méconnaît.

Captiver les élèves et croiser les sources

Une enquête sur les pratiques culturelles des Français en 1997 montrait que 94% des adolescents déclaraient discuter musique entre amis. Introduire une chanson dans un cours d’Histoire-Géographie est de nature à motiver et captiver les élèves : d’autres sens sont mis en éveil et peu importe si la chanson n’est pas de leur époque. Leur curiosité a été titillée et il est facile de croiser la chanson avec des images ou du texte. C’est une source historique à part entière qui témoigne de l’histoire politique, sociale ou encore économique.

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ACTIVITÉ 1 : Aborder la justice des mineurs à travers « La chasse à l’enfant » de Jacques Prévert (4e)

Thème du programme d’éducation civique de la classe de 4ème, la justice des mineurs suscite depuis longtemps le débat. Comment remettre dans le droit chemin des jeunes qui commettent des infractions ? Entre les mesures éducatives et répressives, où faut-il placer le curseur. En 1934, l’affaire de Belle-Île-en-mer échauffe les esprits en France et inspire au poète Jacques Prévert  La chasse à l’enfant. “Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !”, c’est par ces mots que débute cette chanson et une étude sur la justice pénale des mineurs et son évolution dans le temps.

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ACTIVITÉ 2 : US Festival, le traitement de l’information en temps de guerre (3e)

Pour l’ancien programme de 4ème, j’ai utilisé l »album Revolution.com pour aborder le traitement de l’information en temps de guerre. L’étude conjuguée de la chanson US festival (No one is innocent) et de la pochette de l’album permet, à travers l’exemple des guerres du Golfe, d’aborder efficacement les notions de désinformation, de censure et de mise en scène de l’information. Cette séquence est réutilisable pour le programme d’Education civique en 3ème.

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ACTIVITÉ 3 : Douce France, « les façons d’être français » (3ème)

La comparaison entre deux versions de Douce France (version originale de Charles Trenet, 1942 / reprise de Carte de séjour, 1986) permet d’aborder le thème Citoyenneté et nationalité en 3ème et de montrer que le métissage en France se traduit aussi en musique.

Image de prévisualisation YouTube

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ACTIVITÉ 4 : Les voix de la France après la débâcle (3ème)

En temps de guerre, la musique dépasse son effet distrayant pour devenir une arme politique et un outil de propagande. Après la débâcle de 1940, les voix de la France mobilisent les esprits et ouvrent deux voies, deux choix pour le pays : la collaboration ou la résistance. L’étude comparative de « Maréchal nous voilà » et du « Chant des partisans » permet aux élèves de bien les distinguer.

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ALLER + LOIN

L’Histgeobox, une ressource incontournable

L’Histgeobox est « un blog, tenu par des professeurs de Lycée et de Collège, qui a pour objectif de vous faire découvrir les programmes d’histoire et de géographie par la musique en proposant de courtes notices sur des chansons et morceaux dignes d’intérêt. » Au fil des années, l’Histgeobox est devenu une banque de données incontournable et une boîte à idées pour construire ses cours.

Julien (que je salue ici en compagnie de Véronique et Etienne) a mis en ligne un article très intéressant permettant de faire un tour d’horizon des ressources disponibles sur le thème « Chansons et histoire »

A bientôt !

Emmanuel Grange

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