Et si l'essentiel était dans la pédagogie du bonheur ?

La pédagogie du bonheur ? Il faut le reconnaître, nous la maîtrisons peu ou pas. Bien souvent nous sommes trop occupés ou préoccupés à faire travailler nos élèves, les évaluer, les faire réviser, les faire » bachoter » en quelque sorte. Nous devons parfois punir ou sanctionner pour participer à l’éducation des enfants qui nous sont confiés. Nous courons sans cesse après les programmes en sachant pertinemment qu’il est illusoire de vouloir les terminer. Dans cette course à l’apprentissage, à la différenciation, à l’éducation, nous oublions peut être l’essentiel: l’Humain !

Une enseignante innovante croit, elle, en cette place privilégiée laissée à l’humain. Privilégier le bien être de l’enfant qui est un humain avant d’être un élève. Voilà le fondement de la pédagogie du bonheur : découverte !

1.      La pédagogie du bonheur selon Nathalie Vermes

Vous êtes peut être tombé sur la vidéo de cette jeune enseignante innovante qui circule sur les réseaux sociaux actuellement. Cette enseignante respire, transpire le bonheur, on boit littéralement ses paroles. Je vous invite à visionner cette vidéo et à la faire circuler autour de vous.Privilégier le bien être de l'enfant

Pour Nathalie Vermes la première connaissance à faire acquérir à ses élèves c’est « la confiance en soi et le bonheur » qu’il s’agit à ses yeux « du plus beau programme de l’éducation nationale ».

Pour elle, les élèves sont avant tout des êtres humains avant d’être des écoliers et en cela ils ont besoin d’amour, d’estime de soi, de confiance en soi et de bonheur. Ils doivent être en « état de recevoir des connaissances ».

La pédagogie du bonheur consiste donc à accompagner, rassurer les élèves et les aider à donner le meilleur d’eux-même car tous peuvent réussir.

2.    Comment s’y prend elle concrètement ?

Une large part est faite au dialogue pédagogique (notion développée par Antoine de la Garanderie). Les élèves travaillent comme ils le veulent et ont pour seule contrainte une feuille de route qu’ils doivent avoir effectué sur la période donnée (quinzaine de jours).

L’enseignant s’efface au maximum et les enfants sont libres de s’organiser et de gérer leur programme comme ils l’entendent. Le travail de groupe est fortement mis en valeur ainsi que l’auto gestion chère à Carl Rogers.

Nathalie Vermes veille tout de même au bon déroulement des séances de travail et suit très « finement » ses élèves.

Privilégier le bien être de l'enfant

Elle prend soin, par exemple, de mettre ses élèves en sécurité affective et à gérer le conatif de ceux-ci. Ainsi, chaque matin elle procède au rituel de la « minute de bonheur » où les élèves peuvent raconter un moment positif du week-end passé ou de moments privilégiés vécus à la maison. En cas de détresse d’un enfant dans la journée elle l’aide à se remémorer ce moment positif pour qu’il se sente mieux.

Autre élément intéressant elle ne met pas de note. En effet elle rappelle à juste titre que les instructions officielles exigent de nous uniquement une « évaluation des élèves et non une notation » or on peut évaluer sans note. L’élève apprend pour lui même, se compare moins et angoisse beaucoup moins.

Privilégier le bien être de l'enfant

Nathalie Vermes consacre aussi des temps à la gestion du stress car il est « facteur d’inhibition et ferme les portes de la mémorisation et de la compréhension ». Elle procède notamment à des exercices de respiration, de visualisation (on pourrait également faire appel à la sophrologie et la relaxation) les enfants ont l’occasion d’aller dans un coin calme de la classe où ils peuvent ramener des objets de la maison. La pédagogie du bonheur trouve ses fondements dans la gestion du profil conatif de chaque enfant, de son vécu, de ses émotions et de sa gestion de ses peurs et ses angoisses.

Privilégier le bien être de l'enfantPrivilégier le bien être de l'enfant

Nathalie Vermes place aussi les enfants en posture d’expert dans les domaines qu’ils maîtrisent le mieux. Sa pédagogie du bonheur repose sur les compétences de chacun au service de tous. Un enfant meilleur dans un domaine va devenir un « élève référent ». Chacun est amené à développer au maximum ses propres aptitudes ou savoir-faire. Pour elle, tout doit être mené dans le plaisir d’apprendre et non dans la contrainte.

 

3.      Pour en savoir un peu plus sur la pédagogie du bonheur

Vous l’avez compris en lisant ce cours article, la pédagogie du bonheur repose sur de nombreux concepts comme l’estime de soi, la confiance en soi, l’autogestion, le travail de groupe, le profil conatif de nos élèves. Si vous souhaitez en savoir plus je vous invite à lire ou relire les publications suivantes ou à consulter les vidéos ci dessous:

  • Les publications d’Antoine de la Galanderie qui a notamment théorisé la pédagogie des gestes mentaux dite gestion mentale. Les livres suivants « Plaisir de connaître, bonheur d’enseigner » 2004, « Apprendre sans peur » 1999, « Tous les enfants peuvent réussir » 1988
  • Gisèle Georges pédopsychiatre dans cette interview pour le site graines de curieux où elle différencie la confiance de soi qui est selon elle « un sentiment de l’estime de soi qui est une « évaluation de soi »
  • Pascal Guillon et son livre « Comment apprendre le bonheur aux enfants? »
  • Les textes de Carl Rogers qui estimait notamment que « la notation ne mesure que le type d’apprentissage que nous n’avons pas trouvé vain ». Il préconisait aussi que l’enseignant soit un facilitateur pour que chacun trouve sa voie, que l’apprentissage devait être « authentique, construit et non conditionné » L’éducation centrée sur la personne
  • L’excellent dossier sur l’estime de soi de l’académie de Nancy Metz paru en 2007
  • L’interview vidéo d’Antonella Verdiani créatrice du site éducation à la joie
  • L’article consacré à la pédagogie du bonheur et l’interview de Nathalie Vermes pour le midi libre

Bonne lecture à tous pour que l’école ne soit que du bonheur !

M Mathieu

 

 

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