Correction : faire fructifier l'erreur

La correction de copies

Sisyphe avait son rocher, les profs ont leurs copies. Sport pratiqué par le corps professoral, la correction de copies a ses sprinteurs, ses coureurs de fond mais compte peu de passionnés. Il en est de même pour les élèves : la correction d’un devoir les mobilise peu alors que c’est une étape importante de l’apprentissage. Comment faire pour que la correction soit un moment où l’élève s’active pour remédier à ses erreurs ?

1. Le code de correction : pour que les élèves comprennent nos annotations

C’est une pratique courante à l’école ou en cours de Français. Pourtant, on fait souvent l’économie d’un code de correction qui fournit aux élèves les clés pour comprendre nos annotations. Sur le site « Dans la classe des Farfadets », on trouve des codes de correction à destination de CM2.

« En orthographe comme en production d’écrits, nous demandons aux élèves de se relire suivant un code. (…) Chaque élève recevra une fiche. Dans la classe, un espace avec cet affichage et des cartes outils pour s’aider à se corriger sera créé. » 

La correction de copies

L’idéal est de distribuer et d’expliquer le code de correction au début de l’année : pour composer le code de correction ci-dessous (premier jet), j’ai associé un verbe d’action à un symbole et à sa signification. Certains verbes d’actions revenaient constamment dans mes annotations (décris, développe, explique, …) mais ce qui était clair pour moi ne l’était pas toujours pour les élèves. Uniformiser ses annotations, c’est une façon de pointer du doigt les types d’erreur qui reviennent le plus fréquemment dans les copies d’un élève et aussi d’être plus efficace dans sa correction.

code de correction

Piste d’utilisation 1 : corriger, c’est faire fructifier l’erreur. Pourquoi ne pas laisser dix ou quinze minutes suite à la remise des copies pour  que les élèves confrontent ce qu’ils ont sur leur copie avec le code de correction. Un élève qui a réussi peut venir en aide à celui qui a plus de difficultés. Ainsi, on combat l’ennui qui guette ceux qui réussissent et on remobilise ceux qui ont failli. On sort aussi  de la correction automatique où l’élève recopie la réponse attendue sans y prêter véritablement attention.

 Piste d’utilisation 2 : le code de correction est également un support qui peut être utilisé à la maison pour comprendre à tête reposée ce qui a manqué.

2. Distribuer ou mettre en ligne des corrigés d’élèves sur son blog

C’est un bon moyen d’animer la correction et de sortir du temps des questions-réponses. Sur la [email protected], l’élève peut ainsi se confronter à la correction d’un camarade. Vidéoprojetées et utilisées en classe, ces corrections permettent de redynamiser un temps souvent monotone et rébarbatif. « Il ou elle a réussi, je peux aussi y arriver ». Distribuer un corrigé d’élève sur un exercice précis est une façon de rappeler les attentes et de les concrétiser. Le corrigé de l’élève devient ainsi un support de travail méthodologique.

3. Trois ressources sur le net

– Un dossier de Ressources Eccole sur la correction en classe

– Un dossier sur la correction menée par l’académie de Nantes 

« Ce numéro ouvre des pistes qui s’efforcent de dépasser cet écueil en distinguant nettement la fonction corrective de la fonction évaluative. Certains enseignants remplacent leur note par des annotations ; d’autres effectuent deux corrections, différenciant note de progression et note finale ; d’autres encore, avant une séquence d’apprentissage, recourent à une évaluation et à une correction qui permettent à l’élève d’identifier ce qui lui reste à acquérir et justifient ipso facto de la séquence qui a pour but de l’y aider. Les pistes sont donc nombreuses pour que corriger son travail soit réellement le levier qui permet à l’élève d’être acteur de son apprentissage. Car tout enseignant sait bien que, quelle que soit la qualité de son enseignement, c’est toujours l’élève, et lui seul, qui se corrige ! »

– L’erreur pour apprendre, n°494 des Cahiers Pédagogiques

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Image en une : © FotoYakov / Shutterstock.com

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