L'éducation affective, relationnelle et sexuelle

L'éducation sexuelle

L’éducation sexuelle, affective et relationnelle, une question difficile aujourd’hui ?

Comment aborder l’éducation à l’affectivité, à la relation et à la sexualité ? À l’heure d’une sexualisation à outrance de certains enfants, l’heure des lolitas, des grossesses précoces mais aussi de la découverte de plus en plus jeune du monde pornographique, l’école éprouve de grandes difficultés à aider et accompagner les élèves, aussi jeunes soient-ils.

L'éducation sexuelle

 1.  Une éducation et une approche biaisées

Si la reproduction humaine est bien au programme de cycle 3, beaucoup d’enseignants sont gênés pour aborder cette notion et la repoussent dans le temps jusqu’au moment fatidique. Pire encore, certains n‘en font qu’une étude biologique ou mécanique. Le reproduction ne serait donc qu’une question d’hormones. On tombe souvent dans des écueils classiques :

  •  On fait intervenir des spécialistes de la santé pour parler de prévention. Mais cela laisserait à penser que l’amour et la sexualité seraient des pathologies. La relation à l’autre se limiterait à un risque potentiel qu’il faudrait avoir à l’esprit à chaque début de relation.
  • On entre dans l’étude de la reproduction humaine par le biais de la technicisation. La reproduction ne serait qu’une simple fonction biologique. On travaille la mécanique, on est sur du factuel, sur le plan scientifique pour surtout éviter les questions pièges. Mais parle-t-on d’amour dans ce cas ? Parle t-on de sentiments ? On voudrait éviter à nos chères jeunes têtes blondes de limiter la relation sexuelle à ce simple caractère (comme pourrait le faire la pornographie) et on ne parle que de cet aspect. Cependant, ça a le mérite d’intéresser les jeunes qui sont en besoin de savoir comment ça marche (surtout concernant le sexe opposé ou même son propre sexe).
  •  On passe par le rire. C’est bien connu, le rirecasse tous les tabous et les limites ! Le fait de rire en groupe enlève une gêne plus individuelle. Car la sexualité, même pour de jeunes enfants, est une angoisse. Ils entendent des choses, voient des choses (pas toujours adaptées à leur âge), se posent des questions et s’inventent des réponses par des rumeurs, des discussions biaisées avec des pairs qui eux-mêmes ne connaissent pas bien (ou pour partie) le sujet.

Attention ! Je ne dis pas que ces trois écueils sont à éviter, mais on ne peut pas se limiter à cet aspect et se féliciter d’une telle approche. Tous doivent être abordés. Mais ce qui importe avant toute chose et avant même d’aborder ces notions, c’est d’éduquer à la relation, à l’affection.

 2. Comment s’y prendre ?

L’école doit être le lieu de la parole sur ce sujet, car la sexualité c’est secret. C’est secret parce qu’on n’en parle pas en famille, ou très peu. Les parents essaient bien de savoir, d’aider ou de conseiller, mais la gêne des ados et des enfants vis-à-vis de ce sujet resté longtemps tabou les empêche de poser toutes les questions qu’ils ont en tête. Mais c’est également secret dans la mesure où cela touche à l’intime. Ce travail sur l’intimité doit d’ailleurs être approfondi à l’école à une époque où nos élèves de cycle 3 sont déjà sur les réseaux sociaux et sont donc déjà dans « l’extimité ». Dans un sentiment narcissique et d’affirmation lié à leur âge, il n’est plus rare de voir nos enfants et nos ados prendre des dizaines de photos (dénudées ou pas) et de les publier aux vues de chacun.

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Il faut nécessairement relier la reproduction au sentiment amoureux, donner les bases d’une relation sereine : confiance, acceptation de l’autre, don de soi, sentiments, désir, réciprocité…  Il ne faut pas imposer de modèle unique, mais bien expliquer qu’il existe une  grande diversité de relations, en fonction des contextes familiaux et du vécu de chaque élève.

Dans certaines classes, on parlera peut-être plus de prévention/contraception. Dans d’autres, de couples homosexuels car chacun vient avec son histoire, son expérience, ses blessures peut-être. À mon sens, de nombreux débats sont nécessaires sur ce sujet. En voici quelques pistes :

  • Aimer peut-il être douloureux ?
  • L’amour peut-il être à sens unique ?
  • Doit-on céder aux attentes de l’autre pour être aimé ?
  • Qu’est ce que le coup de foudre ?
  • Comment aimer à 10, 11 ou 12 ans ?
  • Que veut dire être passionné en amour ?
  • Peut-on aimer puis ne plus aimer quelqu’un ?
  • Aimera t-on une seule personne dans sa vie ?
  • Comment une fille se représente-t-elle l’amour ?
  • Comment un garçon se représente-t-il l’amour ?
  • Mes sentiments ou mon intimité concernent-ils les autres ?

Il ne s’agit là que de quelques pistes, mais si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous recommande la webographie ci-dessous.

Bonne continuation, et faîtes de l’école un vrai lieu de parole sur ce sujet ô combien sensible !

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Webographie

 L’éducation affective relationnelle et sexuelle par le secrétariat nationale de l’enseignement privé

Les documents du site cler.net notamment sur » l’amour-amitié », le » premier baiser », ou « quand l’amour dérape »

Le rapport sur l’EARS de la commission parlementaire de la francophonie

L’excellent site belge du planning familial qui explique ce qu’est l’EVRAS éducation à la vie relationnelle affective et sexuelle

Pour les ados le site educationsexuelle.com

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Image en Une : © Cardens Design / Shutterstock.com

 

Commentaires

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2 Comments

  1. sloonis 17 décembre 2013
    • Vincent OLIVIER 18 décembre 2013

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *