Le co-enseignement et si vous testiez ?

coenseignement

Bonjour à tous,

Aujourd’hui nous allons parler de co-enseignement. La pratique se développe certes,mais reste sporadique dans bien des académies. Pourtant ses bénéfices pour les élèves comme pour les enseignants sont multiples. Or le plus souvent on n’ose pas ou peu, on se freine par les contraintes qu’une telle pratique impose. Éclairage sur tout-ceci.

1.   Qu’est ce que le co-enseignement?

Il s’agit d’intervenir au sein d’une même classe à deux enseignants. La pratique de co-intervention avec les maîtres spécialisés est très largement répandue mais celle du co-enseignement avec un professeur non spécialisé l’est beaucoup moins notamment en primaire.Pourtant avec le développement du surnuméraire cette pratique va être amenée à nous concerner de plus en plus.

Il s’agit en effet de tout mutualiser qu’il s’agisse des élèves, des moyens, des locaux, du matériel.

Co-enseigner signifie que deux adultes ayant une mission d’enseignement interviennent dans un même espace, un même temps, en direction des mêmes élèves.

 

2.   Quels sont les intérêts?

Ils sont multiples.

Tout d’abord le co-enseignement permet d’individualiser et différencier les apprentissages beaucoup plus efficacement. En effet des élèves en difficultés dans deux classes distinctes ne pourraient pas former un groupe de travail.

Avec le co-enseignement crée des groupes de travail différencié est chose bien plus aisée que ce soit par des ateliers, sous forme de jeu, à l’aide de jeux de société, jeux de plateau ou via les outils numériques (tablettes, ordinateurs)

Deuxième avantage certain: l’implication des élèves.Chacun trouve dans cette pratique une reconnaissance de sa personne, de son niveau d’apprentissage, se sent valoriser et aider.

Lors de moments de décrochage on peut rebondir plus vite auprès d’un élève, réexpliquer, conseiller au niveau méthodologique. L’élève prend plus de plaisir en classe par la variété des formes de travail proposées.(petit groupe/grand groupe, en binôme, en équipe, dans tout l’espace , dans un coin de la classe)

Enfin il y a une qualité d’interaction individualisée qu’il y a trop peu dans nos classes lorsque nous sommes seuls face à nos 25-30 élèves.

Autre avantage: l’enrichissement des pratiques. Tout enseignant vous le dira personne n’enseigne de la même manière. Nous avons tous une expérience (personnelle ou professionnelle) différente, nous avons des personnalités différentes. Lors des préparations ce n’est pas un mais deux cerveaux qui bouillonnent ensemble. Pour peu que ce soit plusieurs classes d’un même cycle qui se mettent à faire du co-enseignement le travail en conseil de cycle peut s’avérer très fructueux.

Le travail est ainsi mieux planifié, mieux exécuté mais aussi mieux évalué.

Le fait d’être à deux permet également de mieux observer nos élèves. Quand nous sommes seuls nous passons malheureusement  à coté de beaucoup de choses qu’il s’agisse de détection de problèmes de comportement, de problèmes de vue ou d’ouïe mais aussi de bonne compréhension des consignes. A deux on peut prendre du recul, s’attarder plus longuement sur un élève, faire une analyse fine d’éventuels problèmes de graphisme, de tenue de l’outil scriptural par exemple.

3.   Quelles en sont les limites ou les difficultés?

Il en existe aussi. Tout d’abord il faut

  • rompre avec l’éternel modèle de personnification: « Ma classe, mes élèves, mon local »
  • accepter également d’être observé et ne peut pas être gêné par le regard d’un autre professionnel de l’éducation sur notre pratique
  • travail de préparation commun d’où un temps passé au sein de l’école plus long (à moins de préparer ensemble le soir via Skype 🙂 )
  • avoir une vision compatible de la manière d’enseigner
  • faire confiance et faire preuve de connivence
  • Savoir ou l’on va et avoir bâti ensemble des progressions et des programmations annuelles.
  • Ne pas avoir d’effectifs trop lourds (au delà de 25 par classe/ groupe de 50 cela devient très difficile )
  • Adapter son espace, des « rangs d’oignons » sont rédhibitoires pour ce genre de pratique, il faudra opter pour des pôles dans la classe avec des coins spécifiques (lecture, informatique, manipulation, jeux) L’idéal serait d’ailleurs que dans le cas de deux classes côte à côte la porte soit toujours ouverte (voir élargie), que dans l’une des deux classes la disposition soit orientée sur des groupements de tables et que dans l’autre des coins chaleureux soient aménagés.

 

Vous le comprenez bien c’est toute une manière de pratiquer qui est repenser que ce soit en terme de préparation, de gestion, d’aménagement, d’intervention.

Si vous souhaitez en savoir plus je vous invite à consulter cette webographie:

À bientôt pour de nouvelles chroniques

Mathieu Quénée
Professeur des écoles-Ludologue-Auteur
Le Blog de Monsieur Mathieu
Page facebook du Blog de Monsieur Mathieu

 

 

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2 Comments

  1. franny 15 décembre 2016
  2. mweinzorn 27 mars 2014

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *