Parlons Roms en classe !

roms

Le titre de cette chronique est un peu provocateur mais il va permettre je l’espère de poser sur la table un sujet de discussion qui mériterait d’être un peu plus aborder dans nos classes. En effet la question des Roms fait qu’on le veuille ou non partie du quotidien de certains de nos élèves. La situation d’enfants du même âge qu’eux ne peut que les interroger. Alors comment parler des Roms en classe? Comment éclairer les mythes et les croyances qui entourent et malheureusement stigmatisent le plus souvent cette communauté? C’est l’objet de ma chronique d’aujourd’hui. Je vais partir pour les différentes parties de mon propos de questions que les enfants pourraient vous poser.

1°/ Quelle est la différence entre Roms, gens du voyage, gitans, Tsigane, Bohémiens, Manouches?

 

Tout d’abord il faut expliquer à nos élèves que les Roms sont des citoyens européens et que les tziganes dans leur ensemble représentent la plus grande des minorités d’Europe avec près de 12 millions de personnes mêmes si celles-ci vivent dispersées à travers toute l’Europe.

Parlons aussi des termes employés. On parle de Tsigane, de Rom qui sont les termes génériques et les plus communément employés mais on entend aussi parler:

  • Manouches (environ 4% des Tsiganes et vivent plutôt en Allemagne, en Belgique, dans le Nord de la France)
  • gitans (environ 10% des Tsiganes, ils vivent plutôt dans le sud de la France et en Espagne) en Anglais on parle de Gypsi
  • bohémiens (en référence aux lettres de protection délivrées par les rois de Hongrie,Bohême et Pologne au XVième siècle) terme peu usité de nos jours
  • Romanichels qui est un terme péjoratif associé aux Roms
  • Les « gens du voyage » il s’agit à la base d’un terme administratif datant de 1969 qui s’est substitué à celui de nomade. Il caractérise les personnes qui vivent au moins six mois dans l’année sur le territoire français dans un habitat terrestre mobile (comprenez une caravane). Ils sont 400 000 personnes et ont quasiment tous la nationalité française.

Revenons aux mots les plus génériques:

  • Tsigane: Il a une forte connotation péjorative en Europe de L’est alors qu’à l’inverse en Europe occidentale il a une connotation positive car liée à la danse et à la musique Tsigane
  • Roms signifie « Homme  » en romani. C’est le plus approprié car il est utilisé par les Roms eux même. Il a été adopté en 1971 par des associations d’Europe de l’Est pour remplacer celui de Tsigane. Il regroupe 85% des Tsiganes et une grande majorité de ceux qui vivent en Europe occidentale. Les Roms ne sont ni français, ni nomades. Ils sont à peu près 25 000 en France ce qui est peu par rapport aux « gens du voyage ». Ils viennent de Roumanie ou de Bulgarie et vivent autour des grandes villes dans le Nord et le centre de la France.ROM4

 

 

2°/ Comment les « gens du voyage » et les Roms gagnent-ils leur vie?

 

La plupart des gens du voyage ont un métier (élagueurs, rempailleurs, forains,marchands ambulants, couvreurs-zingueurs,artistes de cirque).

Ils ont des métiers d’indépendants hérités de la tradition et de leur nomadisme. Difficile en effet de travailler pour un employeur ou dans un bureau quand on change de région presque chaque mois. Beaucoup réalisent aussi des emplois saisonniers pour la cueillette des fruits, les vendanges ou tous les légumes à ramasser à la main.Quelques uns ont un statut d’auto-entrepreneur ou d’artisans dans le bâtiment

.femmes tsiganes

Pour les ROMS la situation est beaucoup plus délicate. Ils font le plus souvent de la mendicité, lavent des pare-brises aux carrefours,vendent des fleurs cueillies pour les femmes et les enfants. Les hommes récupèrent de la ferraille et la revendent aux ferrailleurs contre quelques dizaines d’euro par jour.

 

3°/ Pourquoi les enfants ROMS ou des « gens du voyage » ne viennent pas à l’école ou peu?

 

Tout d’abord il faut rappeler à nos élèves que l’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui l’est.

Dans certaines académies (pas toutes malheureusement) il existe des camions-écoles qui vont à la rencontre des gens du voyage ou des Roms. L’éducation nationale a également mis en place des protocoles d’accueil des primo-arrivants ou  nouveaux-arrivants. La scolarisation reste cependant difficile du fait de la mobilité des gens du voyage et du refus familial pour les ROMS.

La scolarisation est meilleure en élémentaire qu’en maternelle mais reste faible. Des enfants suivent aussi des cours par correspondance avec le CNED.

Certains parents ont peur de l’école car ils sont eux même illettrés. Pour les ROMS la barrière de la langue est aussi un frein.

De plus peu de terrains d’accueil ont été créés par les communes (alors que la loi les y oblige) ils sont donc souvent mis à l’écart, loin de l’école et ne s’y intéressent que peu.

Il y a pourtant des exemples de réussite comme dans cette vidéo

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Voilà j’espère que cette courte chronique vous donnera des pistes pour aborder le sujet avec vos élèves car inévitablement un jour dans vos classes la question vous sera posée.

Donc autant prendre les devants!

Bien à vous

Monsieur Mathieu

Blog de Monsieur Mathieu page Facebook

 

Comme toujours je vous livre ici une webographie pour ceux qui voudraient pousser le sujet un peu plus loin:

 

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