Le poids des mots

Qui n’a pas souri intérieurement un jour quand un élève a employé un mot à la place d’un autre ? Qui n’a pas été amené lors d’un débat en classe à désamorcer un échange vif entre deux protagonistes qui, au final, disaient la même chose mais sans se comprendre, faute d’une bonne maitrise du vocabulaire utilisé ? Qui n’a pas été obligé de redéfinir des termes pourtant simples mais dont le sens premier détourné avait poussé au quiproquo et faisait planer la menace d’un pugilat généralisé à deux minutes de la sonnerie ô combien salvatrice ce jour-là ?

mots

Souvent, ces situations prêtent à sourire. Plus récemment et à la lumière de l’actualité de ces dernières semaines, nous avons été contraints dans nos classes et à chaud de répondre à des questions autour du fait religieux, de faire le point sur les notions de libertés ou de discriminations. Nous avons dû réfléchir, peut-être plus que d’habitude, au sens des mots et à l’enjeu de leur utilisation.

Parce que nous ne sommes pas forcément des spécialistes de ces questions, parce que nous ne sommes pas toujours à même de trouver les bons termes et de choisir l’angle juste pour expliquer simplement des notions complexes à un jeune public parfois déboussolé et en quête de réponses simples, parce qu’on se doit dans ces moments d’être clair et précis face au flot d’informations lues sur Internet ou échangées sur les réseaux sociaux, voici un document dont la lecture peut s’avérer intéressante et utile.

La LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) vient de faire paraitre un petit dictionnaire intitulé « 100 mots pour se comprendre, contre le racisme et l’antisémitisme », sous la direction d’Antoine Spire et de Mano Siri. Plus d’une trentaine d’auteurs d’horizons divers ont contribué à cet ouvrage collectif en proposant des définitions brèves de termes usuels. « D’étranger à Français, de Marianne à racisme, d’islam à sionisme, de christianisme à communautarisme, d’information à rumeur, les mots sont à chaque fois recontextualisés et ajustés à une situation, à un discours susceptible de montrer comment leur signification évolue. Il s’agit de les définir et de montrer, aux jeunes notamment, que les mots ne peuvent pas être intervertis ou employés à tort et à travers et l’un pour l’autre, comme si leur signification singulière était susceptible de se diluer ou de se neutraliser ».  Il est mis à disposition en format PDF sur le site EDUSCOL.

http://eduscol.education.fr/cid85800/eduquer-contre-le-racisme-et-l-antisemitisme.html

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