TPE : quelqu'un a-t-il une solution miracle ?

Petit retour sur les TPE… (les « Travaux Péniblement Élaborés », à moins que, réflexion faite, ce ne soient les « Travaux Personnels Encadrés » ).

solution

Février : nous tenons enfin le bon bout… depuis septembre, soit 6 mois, nos élèves de première travaillent d’arrache-pied sur leur sujet de TPE. D’arrache-pied ? ah non, c’est vrai… en fait, nous sommes plutôt derrière eux, à les pousser comme s’ils pesaient des tonnes, à les tirer comme si une force magique les retenaient. Peut-être un joli sujet de physique-philosophie (bon, je crois que cette pluridisciplinarité ne se voit pas souvent mais on peut imaginer !) pour les prochains TPE « comment s’exercent les forces qui nous empêchent d’avancer ? ».

Cela fait 10 ans que j’encadre des TPE ; car c’est bien d’un encadrement dont on parle ici. Nous ne sommes pas la source de leur savoir, mais une aide qui leur permettra d’y accéder. Et chaque année, essayant pourtant d’apprendre de mes erreurs et dysfonctionnements de l’année écoulée, je vois se renouveler le même scénario. Le jour où il faut rendre la production finale n’est qu’enchaînement de :

  • Regretsje n’aurais pas dû me mettre en groupe avec ce camarade », d’ailleurs les 2 élèves ne se parlent plus tellement ils se sont fâchés lors de cette collaboration).
  • Craintes fondées (« j’ai fait 4 pages, vous croyez que c’est assez », mais oui voyons ! 4 pages en 6 mois, tu as été d’une efficacité sans bornes).
  • Angoisses infondéesj’ai 54 pages, mes parents me disent que ce n’est pas assez », pour une thèse, peut-être, mais vous êtes le meilleur groupe, alors, pas de panique ! au fait, que font vos parents ?).
  • Délégation de service : (« je vais aller au CDI, la documentaliste va me l’imprimer », je croyais bêtement, moi, que le I de CDI voulait dire Information, non Impression !).
  • Faux prétextesc’est mon petit frère qui s’en est servi comme brouillon », et ou l’as-tu laissé traîné pour que ton frère puisse jouer avec ?).
  • Récriminations (« vous n’aviez pas dit qu’il fallait le relier », non bien sûr, tu étais tellement attentive alors à la blague de ta voisine que pour toi, c’est comme si je ne l’avais pas dit, et c’est tellement joli toutes ces feuilles volantes !).
  • De mauvaise-foi évidenteje ne savais pas qu’il fallait une problématique », oh ! Regarde nos remarques sur ton carnet de bord, pendant 2 mois nous avons sans cesse essayé de te faire réfléchir sur la problématisation du sujet !, en vain semble-t-il…).
  • D’insolence envers le futur jury (« je suis vraiment obligé d’écrire le plan, il faut être débile pour pas comprendre », ah oui ? peut-être devrais-tu écrire cette phrase à la fin de l’introduction, cela mettra le jury dans de bonnes dispositions !).
  • D’irrespect pour nousc’est parce que vous ne nous avez pas assez aidés », en es-tu certain ? Pendant 6 mois je t’ai entendu râler contre nous parce qu’on était trop sur ton dos !).
  • Colère de toute sorte : « vous êtes méchante, vous ne voulez pas récupérer notre production pendant les vacances ». La date à laquelle il fallait le rendre est officielle pour tout le lycée, mais les élèves et les dates-limites, cela fait une mauvaise association !

Bref, 10 ans que les même problèmes apparaissent. Je trouve juste qu’ils sont de plus en plus nombreux et que les élèves qui rendent un travail fini, correct, sans rien dire et dans les délais impartis sont de plus en plus rares.

Ma séance de TPE, aujourd’hui, dans un lycée de centre-ville : la dernière, celle où il faut enfin rendre son travail : 1 production finie, 3 fiches de synthèse… Ne riez pas, j’avais 35 élèves quand même ! Heureusement, d’après mes élèves, il parait que tous leurs travaux seront demain matin dans mon casier. Alors, pourquoi pas maintenant ?… parce que leur vision du temps n’est pas la même, que nos exhortations au travail (6 mois, ça passe vite !) leur semble aberrantes (6 mois, c’est si long pour eux !), parce qu’ils veulent montrer leur indépendance en ne répondant pas aux impératifs de l’institution et enfin, parce qu’ils sont parfois dotés d’une paresse incommensurable et que ce n’est que face au mur qu’ils le remarquent !

10 ans que je cherche à corriger cela en les avertissant dès le mois de septembre de ce qui risquera d’arriver…

Cela n’a pas encore fonctionné cette année. Difficile de les motiver tous. Un petit tour d’ailleurs ici pour se rendre compte que dans une enquête lancée après la création des TPE, si l’on regroupait dans leur perception de ces travaux les adjectifs : « inutile, inintéressant et ennuyeux », on obtenait 32,5 % de réponses négatives.

Alors, si pour l’an prochain, vous avez une solution, je suis preneuse !

Commentaires

commentaires

9 Comments

  1. enriqueta 20 février 2015
  2. Claire 17 février 2015
    • rachelle 17 février 2015
  3. rachelle 17 février 2015
  4. Marielle 17 février 2015
  5. Maria Grelet 17 février 2015
  6. Stéphane 17 février 2015
    • rachelle 17 février 2015
  7. Véronique GRESSIER 17 février 2015

Répondre

Vous n'êtes pas un bot hein ? *