M’dame, ça sonne déjà ?!?

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Fin de la séance, ça sonne. Un lourd face à face s’engage. Eux, élèves de 4e, n’y tenant plus, pressés de retrouver les méandres des couloirs pour jeter un coup d’œil furtif et illicite sur leur portable. Impatients de croiser la classe qui sort de SVT et soucieux de se rendre le plus lentement possible vers la salle de maths pour le prochain cours.

Nous, au bord de la crise de nerf. S’en voulant de ne pas avoir fait sortir l’agenda plus tôt, de s’être laissé emporter dans une explication poussive et chronophage sur le principe de la non rétroactivité des lois dans la justice française. Contraint à lutter glorieusement contre cette masse qui n’attend qu’une seule consigne, à savoir le très célèbre « merci de votre attention, rangez vos affaires et à demain ! ».

Et si c’était possible  d’entendre « M’dame, ça sonne déjà ? C’était trop bien aujourd’hui ! ». Alors, pourquoi ne pas mettre en œuvre pour motiver les foules  une séance sur un livre interactif, grâce au support Didapage ?

Le lendemain en salle informatique, les mêmes. Dans le cadre de l’Education civique, la séance est consacrée à la découverte de la Cour d’assises. Pas gagné pour faire l’unanimité, vous en conviendrez. Quelques minutes de brouhaha, le temps de trouver son partenaire du jour. Chacun s’installe devant son poste, en binôme. Le lien vers le support interactif dédié au thème du jour se trouve sur mon blog.

http://lewebpedagogique.com/juleslagneauhg/2015/02/11/droit-et-justice-en-france-didapage/

Assez rapidement, chaque groupe entre dans l’activité proposée, lit, coche, décoche, fait glisser des vignettes, choisit la bonne proposition dans une liste déroulante, visionne la vidéo ou écoute un fichier son, clique sur le lien qui mène vers un site, découvre l’animation, feuillette les pages, va et vient entre documents et questions, discute, débat sur le fond ou la forme, appelle à l’aide, valide, regrette d’avoir validé trop vite, se promet de davantage réfléchir à la prochaine page et oublie presque immédiatement cette sage résolution.

Les esprits s’échauffent de temps à autre, une médiation s’impose. Passer d’un groupe à l’autre, expliquer et guider. « M’dame, j’ai tout perdu et je vous jure, j’ai cliqué sur rien ; c’est pas moi, c’est l’ordi. ». La séance avance. Il faut gérer le temps et envisager déjà les bilans à rédiger, ceux qui seront imprimés et constitueront la trace écrite finale à coller dans le cahier. Un travail de synthèse s’opère alors dans chaque groupe, avec la volonté, plus ou moins affichée, de parfaire ses textes, d’y revenir pour les compléter et les corriger avant l’étape ultime de non-retour. Les plus rapides déjà s’autoévaluent, lancent l’impression, rendent leur travail et terminent la séance par un quizz ou par la découverte d’un site Internet référencé sur le blog. A la sonnerie les plus lents s’exclament «m’dame, ça sonne déjà ? On n’a pas eu le temps de finir, on peut finir chez nous ? C’était trop bien aujourd’hui ». Pari réussi.

Au-delà de cette petite phrase qui incite à se remettre tête baissée à la réalisation du prochain livre ? Les élèves ont travaillé et à leur rythme. Chacun a apporté à l’autre ses compétences. La motivation a été au rendez-vous. Les plus récalcitrants se sont pris au jeu des cases à cocher ou des vignettes à glisser même si la phase de rédaction s’est avérée plus délicate. L’erreur est possible : se tromper dans les questions ne conditionne pas la qualité des productions finales, éventuellement évaluées avec des critères annoncés. Le support favorise une réelle autonomie des groupes et permet de fait à l’enseignant d’apporter de l’aide aux élèves les plus en difficultés. Une démarche intéressante pour voir ses élèves acteurs, les observer au travail, les évaluer, différencier et remédier.

Techniquement, pas besoin d’être un pro de la programmation pour concevoir des livres interactifs au format flash. Il suffit juste d’un peu de temps devant soi. L’opportunité est offerte d’insérer tout type de documents. Une fois finalisés, ces supports peuvent être déposés localement sur un disque dur ou un serveur, stockés sur un site Internet ou un blog. Ils sont lisibles par tous sans logiciel particulier. Pour éviter toute déconvenue le jour J, il est préférable de tester au préalable la bonne lecture des fichiers audio ou vidéo intégrés. Ne nous cachons pas que la création des premiers livres est très chronophage.

Mais quelques clics plus tard, l’élaboration devient nettement plus rapide. Le logiciel a évolué au fil du temps. La version didapage 1.1 est gratuite mais n’offre pas la possibilité d’enregistrer au fur et à mesure le travail de l’élève. Les versions suivantes, payantes (abonnement personnel ou établissement), le permettent et renferment davantage de fonctionnalités. Le téléchargement se fait à partir du site de la société Didasystem qui propose des tutoriels permettant de s’initier à l’outil.

www.didasystem.com

D’autres exemples de livres en Histoire Géographe et Education civique à découvrir au gré des articles du blog.

http://lewebpedagogique.com/juleslagneauhg/

De nombreux collègues, toute discipline confondue, proposent leurs travaux en les mettant en ligne. Alors, pourquoi pas vous ?

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2 Comments

  1. enriqueta 20 février 2015
  2. Julien Bernon 19 février 2015

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