Silence… On est en direct.

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Faire du bruit dans la classe.

A force de faire prof, on acquiert des tas de mimiques pour demander aux élèves de parler moins fort : haussement de sourcils, sifflement appuyé, soupirs soutenus, claquements de doigts…

On attend, on pianote, on s’énerve, ou alors on fixe les élèves, guerre de position, on espère gagner.

  • Mais dans une classe de langues, le silence religieux ça paraît illogique.

Comment apprendre à communiquer, à échanger des idées et à écouter les autres si on ne parle pas ?

En même temps, dans la pratique, 5/6 heures de bruit soutenu et subi, ce n’est pas tenable.

Alors au moment de préparer son cours, on va prendre le pouvoir et choisir QUAND les élèves parlent.

  • Mais bon sang, mais c’est bien sûr ! On va faire une radio !

A lire les statistiques* 82% des jeunes écoutent la radio. C’est un medium familier, qui rythme nos vies et tellement proche qu’on l’oublie parfois.

Une idée simple, mais des obstacles techniques nous effraient : capture et diffusion du son, circulation de la parole. Et aussi, si personne ne nous écoute, à quoi bon parler dans un micro ?

J’ai testé l’enceinte géante d’un autre siècle qui fait larsen quand on approche le micro et les soupirs et autres claquements de papier. Ce n’est pas le meilleur moyen de capturer le son même avec un lecteur mp3 de qualité.

  • Ce qu’il vous faut pour faire une radio.

Il existe une petite application mixlr qui vous permet de capturer et de diffuser votre radio gratuitement découverte lors d’une formation.

Deux PC, un pour télécharger le programme, un micro externe, et deux élèves prêts à se lancer.

Après avoir téléchargé l’appli sur le pc, on peut démarrer l’enregistrement et on diffuse sur le canal créé au moment de l’inscription.

silverteacher is on Mixlr. Mixlr is a simple way to share live aud...

Pendant ce temps, en salle info, le reste de la classe écoute et poste ses commentaires en direct sur le chat.

On aura préalablement rappelé aux élèves que les commentaires engagent leur responsabilité et qu’ils doivent être nominatifs.

Si on n’a pas de salle info, on peut imaginer que les élèves écoutent sur leurs smartphones et prennent des notes sur le contenu diffusé par les chroniqueurs/animateurs

  • Et de la liberté créative, jeux, blagues et autres calembours.

Les élèves peuvent s’en donner à cœur joie, pour peu bien sûr qu’ils aient préparé un travail de recherches à la maison ; pour nos deux derniers essais, c’était le retour sur la visite au musée des Beaux-Arts ou en encore le mouvement des droit civiques aux USA.

Il ne faudrait pas lancer les élèves sans filet et discuter de manière improvisée. Il faut prévoir un conducteur pour guider les plus timides.

Ce conducteur est d’ailleurs une bonne activité d’écriture. Souvent, ils découvrent que parler c’est écrire et que les blagues qu’on entend à l’antenne sur les « vraies » radios ont été préparées. Etre bon en improvisant, c’est un métier.

La version gratuite de l’app permet une diffusion d’une heure sans interruption autant de fois que l’on veut.

La fameuse Prise de Parole en Continu chère aux linguistes se fait toute seule et pendant une heure de cours 4 couples d’élèves peuvent passer en direct. A deux, ils ont parlé 10 minutes, ont tenté des lancements percutants, ont fait réagir et rire leurs camarades.

Animer une radio ce n’est pas une compétence innée, mais les élèves adorent les défis.

Pour diffuser en direct il suffit de partager le lien de votre chaîne. http://mixlr.com/silverteacher/

  • Et la suite ?

Bien sûr, d’autres se sont lancés avant nous. Le fameux bahut actu est une webradio qui diffuse depuis plusieurs années maintenant. Il y a aussi les exemples d’audioblogs sur Arte : http://audioblog.arteradio.com/ et ce projet cher à notre région minière, l’art dans les terrils dans un territoire marqué, un pari risqué mais magnifique : http://louvre-lens.arte.tv/fr/ faire parler les tableaux, les gens du musée et de son impact dans leurs vies. (ne semble pas s’afficher sous Google Chrome).

On n’est pas des professionnels, on est des amateurs, notre radio sent les ratés, les portes qui claquent, les faux départs,  mais on a le mérite d’essayer, on progresse petit à petit et on sent cette énergie, ce coup d’adrénaline quand on passe à l’antenne.

On donne les moyens aux élèves de se sentir à l’aise dans les situations de communication authentique, les liens se construisent, la confiance grandit et la fierté aussi, d’avoir apporté sa pierre à l’édifice.

Maintenant tous les projets peuvent être envisagés, ponctuels ou réguliers. Une sauvegarde de l’émission est effectuée automatiquement et on peut la partager plus tard. Pendant et avant le programme vous pouvez inviter des auditeurs par email, message ou via les réseaux sociaux. Quoi qu il arrive, même s’il y a des blancs, on ne pourra que s’améliorer.

La prochaine fois on espère que nos correspondants Américains pourront nous écouter en direct et partagerons leurs réactions.

Faire de la radio en classe, donner la parole aux élèves et les autres se taisent pour écouter…tout naturellement.

Amélie Silvert.

*Pour référence le fascicule « Faire de la radio à l’école, des ondes aux réseaux » Eric Bonneau.

Une plateforme opensource pour faire de la radio: http://icecast.org/

 

 

 

 

 

 

 

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