Quand le Blackout frappe, les cours dérapent.

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Ce matin, patatras, pas d’électricité.

Un événement banal certes, mais qui veut d’abord dire, pas de café (l’élément essentiel à un journée qui tourne rond), pas de lumière, et pas d’Internet. Ah oui, parce qu’on le veuille ou non, une box ça marche à l’électricité. Et la connexion 3G est en rade.

Catastrophe… et mes cours alors ?

Trois heures de cours aujourd’hui, des TS euros exigeants, des TL spécialité qu’il faut encourager et des secondes euros bouillonnants avant deux conseils de classe et je n’ai pas fini de les préparer, OMG !

C’est pas déjà photocopié?

bonus_the_red_book_of_westmarch[1]Loin de moi l’idée de faire polémique, tourner le couteau dans le plaie, de jeter l’opprobre sur notre profession aimée, mais non, non malgré les on-dits, nos cours ne viennent pas du « GRAND LIVRE ROUGE DE LA PÉDAGOGIE », ce livre magique des cours tous préparés qui s’auto-adaptent en plus au public…

Du coup une question me frappe, je faisais comment avant ?

Avant l’Internet à haut débit ?

Je ne suis pas une « digital native », je ne suis pas née avec un Ipad dans mon berceau, je suis une « digital immigrant » paraît-il. Alors, avant, pour aller « en ligne » il y avait  le modem qui se connectait en faisait des tas de cliquetis un peu comme dans ce film. La première fois que j’ai vu une page Internet s’afficher, je m’en souviens encore;  bon évidemment, ça avait pris quelques minutes mais naguère, on avait la patience du pionnier.

Et sinon pour les cours alors ?

J’allais à la bibliothèque, consultais des encyclopédies, des thésaurus, des atlas, des dictionnaires, compulsais des fiches, cherchais dans des archives, remplissais des demandes pour avoir ce livre dont j’avais absolument besoin, traquais l’impudent/e qui avait dépassé son temps d’emprunt… Les préparations prenaient toute la table, papiers, livres et opuscules envahissaient mon espace d’écriture, il fallait aussi faire attention aux vieux machins périmés.

Autrefois, il y avait cette capacité à compiler les ressources, vérifier leur validité et les rendre compréhensibles.

Le progrès mais pas que…

Dans les fameuses options du Bac entre Mites et zéros*, il y a le Progrès (on avance ou on recule ?) qui questionne l’évolution de notre société.

A-t-on progressé ?

Mon émerveillement toujours renouvelé pour les TICE (je préfère ça à TIC qui me fait toujours dresser le poil en pensant aux nasty parasites :)) et les applications en ligne est inversement proportionnel à la lenteur d’affichage des pages Internet en mode 56k du passé.

google_chrome[1]Jamais sans mon Google

Comment ferai-je maintenant pour préparer un cours sans « M. Je-sais-tout-Wikipedia » et « Google Chrome, le silversurfer de l’extrême » ?

Je ne pourrai plus travailler à courte échéance ni dans cette urgence qui paraît-il rend parfois brillant.

Une vraie coupure ?

La vraie coupure c’est de déserter les CDI, bibliothèques et autres librairies des CRDP et de ne pas vraiment aider les élèves à lire et à écrire sur tous types de supports.

Je ne voudrais pas retourner en arrière, les ENT* sont devenus mes amis virtuels, mes sonneries de notifications mes rappels à la réalité mais il faut toujours guider les élèves à construire des parcours, les guider dans le choix des ressources et à les aider à construire du sens.

« Pour faire cours de langues, il faut deux chaises »

Faire cours débranché, une traduction littérale de Teaching Unplugged nous fait reconsidérer nos habitudes de prof branché.

On peut faire sans 3G

  • un stylo une feuille, c’est votre écriture, c’est vous, pas une police de traitement de textes.
  • acheter des journaux, faire une revue de presse, avoir les doigts noircis d’encre?
  • utiliser son quotidien, raconter des anecdotes et faire réagir, acquiescer, rebondir.
  • prendre des notes quand les élèves parlent, rendre compte de la prise de paroles dans la classe.
  • garder une journal de la classe, une trace écrite des bons mots des élèves et de leurs trouvailles.
  • refaire des posters pour les débats
  • faire des gâteaux, un goûter, se parler.
  • réutiliser les Post It
  • utiliser sa plastifieuse, sa masicoteuse, attention les doigts, ça coupe
  • faire des trucs qui collent sur un tableau de feutrine, si si 
  • faire des avions en papier avec un voeu dedans quand on travaille « I wish » et les lancer dans la classe pour lire et partager les rêves des autres.
  • laisser son téléphone à la maison, et tenir un journal, avant pendant et après. Quelles surprises nous attendaient le soir… Comment j’ai fait pour me réveiller, savoir qu’elle heure il était pour retrouver mes amis ?

Je levé les yeux et les ai cherchés du regard. Et vous, vous faisiez comment avant ?

 

Une chronique d’Amélie Silvert.

*Mythes et Héros of course. *ENT Environnement numérique de Travail (une autre façon de vous faire travailler partout et tout le temps)

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