L'automne à Pékin

Certains traversent la France pour reprendre le chemin de l’école. Pour moi, il s’agit de traverser l’Eurasie. Il aura fallu la pré-rentrée et ses contraintes horaires pour me remettre définitivement des six heures de décalage horaire. Dès le premier jour, je me retrouve tout de suite dans le bain : n’ayant pas passé le permis ici, je me dois comme la majorité de mes collègues étrangers en cette terre de Chine, de chevaucher mon vélo (comme on dit en bon chinois) pour regagner mon établissement. Mais après un mois et demi de repos forcé, mon fidèle destrier me fait défaut : passage obligé chez le réparateur de vélo de rue. Comme chaque fois, il m’arnaque en me changeant toute la chambre à air plutôt que de me coller une simple rustine, et ce malgré mon insistance. C’est de bonne guerre et je consens à dépenser la modique somme demandée pour mieux faire tourner sa petite affaire.

J’arrive finalement au Lycée français international de Pékin.

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Le parking à vélos est déjà plein. Ambiance familiale en salle des professeurs. Certains sont arrivés la veille et sont encore plus « jetlaggés » que moi ! De la petite section de maternelle jusqu’au bac, notre établissement compte cette année 877 élèves.

Pendant l’assemblée générale, nous sommes impatients de voir les nouvelles têtes. Il y a ici plus de « turn over » que dans un établissement de métropole. Les attentes des nouveaux ne sont pas tant de savoir l’emplacement de la photocopieuse et des ordinateurs que de trouver leurs repères dans cette mégalopole de 23 millions d’habitants. A Pékin, on devient du jour au lendemain totalement analphabète et on ne peut pas se faire comprendre lorsqu’on vient tout juste d’arriver. La majorité d’entre nous atterrissent sans aucune autre affaire que ce que peut contenir le nombre de valises correspondant aux nombre de personnes ayant payé un billet d’avion pour venir. Le déménagement ne sera réceptionné que quelques mois plus tard, paperasserie oblige ! Fort heureusement, la solidarité dans la communauté francophone est grande et du haut de mes deux ans d’expérience, je suis contente de pouvoir aiguiller les nouveaux pour leur éviter les galères des premiers temps : je mets en contact une nouvelle collègue PE avec l’installateur du décodeur qui nous permet de recevoir TV5monde, un de nos seuls liens ici avec la France et j’organise le rendez-vous puisqu’il ne sait pas parler anglais. Je conseille un nouveau professeur de français sur LE dictionnaire en ligne qu’il faut avoir dans son smartphone. Je sais par expérience que tous les conseils sont bons à prendre dans les premiers moments.

Puis vient le temps des conseils d’enseignement. Notre équipe de mathématiques est composée de cinq collègues, de la sixième à la terminale. Difficile de travailler en équipe quand la Terminale S la plus proche de la mienne se situe à Séoul. Lorsque je voudrai échanger sur mes pratiques, il me faudra contacter mon homologue « coréenne » par mail. J’ai eu la chance de la rencontrer lors d’un stage de formation que j’ai suivi en janvier dernier à Jakarta. On nous propose d’ailleurs en ce début d’année de nous inscrire au PRF, équivalent du PAF français. En regard des sujets de stages, chacun est attentif aux destinations proposées. On se croirait dans une agence de voyages. Notre zone regroupant des pays tels que le Japon, la Corée, la Malaise, l’Indonésie, Singapour, l’Australie, l’Inde, la Thaïlande, le Vietnam… Je passe mon tour cette année, ayant déjà vu du pays l’an passé.

 

Je suis particulièrement impatiente de découvrir ma classe de sixième. La plupart d’entre nous travaillent simultanément au lycée et au collège, et c’est une nouveauté pour moi qui n’avait pour l’instant côtoyé que des élèves d’au moins 15 ans ! Mais il me faudra attendre jusqu’à la semaine prochaine. Je ne participe pas à la rentrée demain car je ne suis pas prof principale, et les jours suivants sont déjà fériés ! Le gouvernement a décrété deux jours de congé pour célébrer les 70 ans de la fin de la guerre sino-japonaise. Quoiqu’il en soit, Pékin sera paralysée en raison de la revue des troupes monumentale qui aura lieu à cette occasion. Le proviseur avait pour consigne de nous prévenir que nous devions, encore plus que d’habitude nous plier à la législation chinoise et que nous n’avions pas le droit de faire voler un quelconque objet dans le ciel de Pékin ! Nous voilà informés. Je ferai donc profil bas en attendant de découvrir mes classes, on ne rigole pas avec les autorités !

Une chronique de Mélanie, en direct de Beijing

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7 Comments

  1. PICAUDÉ Bruno 5 octobre 2015
  2. Alexandra 21 septembre 2015
  3. Marie Ferry Godet 21 septembre 2015
    • Vincent Olivier 21 septembre 2015
  4. Jacques 21 septembre 2015
    • Mélanie 23 septembre 2015
  5. Michel BACKELJAU 21 septembre 2015

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