Le nouvel an Chinois…


…  vu depuis le lycée français de Pékin

nouvel_an_chinois

Vous pensiez que la saison des vœux était finie ? ERREUR ! Ici, à Pékin, dans l’Empire du milieu, c’est tout juste la nouvelle année. Le calendrier lunaire a repris un nouveau cycle en ce lundi 8 février, sous le signe du Singe de feu. 猴年到了 ! Vous souhaitiez depuis toujours savoir comment on vit cela de l’intérieur ? Suivez le guide !

 

imageDepuis plusieurs semaines, nous avons vu fleurir partout des lanternes rouges. Dans les rues, au portes des immeubles, des commerces, des logements et du lycée français. Tout cela en l’honneur de 春节 (littéralement la fête du printemps), appelée aussi nouvel an Chinois. La plupart des résidents de la capitale, non Pékinois d’origine sont retournés dans leur province parmi leurs proches pour 过年 (passer l’année). La ville s’est vidée pendant la semaine précédant cette fête majeure. Dans les derniers jours, nous traversions des quartiers entiers quasiment déserts, comparativement à l’habituel grouillement de deux roues et de voitures. Imaginez-vous être les seuls à prendre le cartable pour aller faire cours un 24 décembre. C’est un peu la sensation que nous avons ces jours-ci. Les écoliers chinois ont un mois entier de congé séparant les deux semestres de l’année. Mais pour nous français, la coupure ne peut être si longue, trop rapprochée de nos propres fêtes de fin d’année. En plus du week-end, nous n’avons que trois jours fériés (cela compensera tous les jours fériés français ici travaillés). Le vendredi précédant le démarrage des festivités a tout de même été consacré imageà la célébration de l’événement au sein du lycée français international de Pékin. De la maternelle à la terminale, ont été proposés des ateliers et des représentations permettant de découvrir ou redécouvrir la culture chinoise. Une belle occasion pour petits et grands de partager des moments conviviaux et de se préparer à cette belle fête. Ici, on étudie la civilisation sur le terrain ! Les lycéens ont eu le choix entre les ateliers suivants : 麻将, 象棋, 折纸, 书法, 剪纸. Très clair non ? Bon, d’accord, je décode : mah-jong, échecs chinois, origami (atelier que j’ai encadré), calligraphie, papier découpé. Les plus petits ont fabriqué des 花灯 lanternes, chanté des chansons traditionnelles, récité des comptines, fait de la calligraphie… Le clou du spectacle ? La 龙舞 danse du dragon effectuée par ma classe de sixième. Magique !

 

 

imageAprès cette belle journée, nous sommes tous rentrés chez nous avec l’envie de rester dans l’ambiance plus longtemps. Alors dès le lendemain, et avant que les marchés ne ferment pour une semaine, je suis allée faire mes emplettes pour pouvoir célébrer l’événement dans la tradition, non sans souhaiter de bonnes fêtes aux commerçants, toujours étonnés de voir une 老外 étrangère comme moi prononcer les phrases de rigueur. Le jour du réveillon, mes enfants et moi avons décoré la maison avec tous les accessoires rouges achetés la veille : lanternes, guirlandes, décorations de fenêtres… Nous avons attendu la tombée de la nuit pour 贴对联和福字 coller les « sentences parallèles » de part et d’autre de notre porte d’entrée et le caractère « bonheur »sur la porte elle-même. Le soir, en famille, nous avons 包饺子 confectionné des raviolis avant de les déguster ensemble. Les 年糕 gâteaux de riz glutineux achetéimages l’après-midi même n’ont pas eu le même succès que les 月饼 gâteaux de lune (traditionnellement confectionnés en octobre) faits maison. Nous avons passé la soirée à admirer les feux d’artifices que tiraient nos voisins. Aux alentours de minuit, où que portait notre regard, les gerbes de couleurs illuminaient les immeubles ou se reflétaient dans certaines façades vitrées. Imaginez un feu d’artifice durant huit heures sur une étendue de la taille de l’île de France, avec un bouquet final d’une heure… Vous y êtes !

 

 

Le lendemain, les rues étaient jonchées des restes de fusées pyrotechniques. Nous avons mangé en famille une 火锅 fondue chinoise, nous nous imagesommes abstenus de jeter les poubelles comme le veut la tradition, avons admiré le début de floraison de notre jacinthe achetée à juste maturation pour s’épanouir le jour J, puis sommes sortis dans un temple pour admirer une danse du dragon. Surimage ce dernier point, cela n’a pas été une réussite, nous n’étions pas au bon endroit mais qu’importe, nous nous sommes associés à la ferveur des gens, avons brûlé quelques bâtons d’encens et avons fini l’après-midi dans notre parc préféré à admirer un maître faire de la calligraphie éphémère à l’eau sur les pavés… Une magnifique façon d’entamer l’année du singe. Si je veux poursuivre dans la tradition, cela sera une attention de chaque jour pour moi : étant du signe du singe, je dois cette année m’astreindre à porter quotidiennement quelque chose de rouge.

 

Et enfin pour ceux qui souhaitent en savoir encore plus, un peu de civilisation :
农历, Le calendrier chinois est composé de douze mois lunaires (treize mois certaines années, histoire de ne pas avoir trop de décalage avec le calendrier solaire). Ce calendrier est encore dans la mémoire de chacun car il rythme les nombreuses fêtes chinoises mais aussi les tâches agricoles à effectuer tout au long de l’année. Lundi donc, la fête la plus importante dans le coeur des Chinois : 春节. Même effervescence et même excitation que notre Noël occidental. Sur toutes les portes d’entrée, on colle le caractère 福 calligraphié sur un losange rouge. Pour apporter d’avantage de bonne fortune, il est apposé la tête en bas. En effet, 福倒 et 福到, homophones en chinois signifient pour l’un « bonheur renversé » et pour l’autre « le bonheur arrive ». Le foyer sera ainsi sous de bonnes auspices pour l’année entière. On décore aussi les pourtours de la porte avec des bandes rouges sur lesquelles sont inscrits les souhaits pour l’année à venir. Des petites baraques se sont installées dans les rues pour vendre des pétards et des feimageux d’artifice. Tout ce rouge, tout ce bruit et toutes ces lumières pour effrayer le monstre 年 (année) dont voici la légende:
« Le monstre Nian vivait dans les profondeurs de la mer, et sortait une fois par an pour se nourrir de bétail et d’humains. Ainsi, afin de se protéger de ce monstre aux pattes de lion et aux cornes aiguisées, les chinois se réunissaient en famille le temps qu’il passe. Un jour, un vieil homme se mit en tête de chasser la bête, et la veille de l’arrivée du monstre, il l’attendit à l’extérieur. Les hommes n’avaient pas vraiment confiance en ce vieux fou, mais à l’arrivée de Nian, c’est une réelle explosion qui accueillit la bête. La lumière, le bruit, le rouge : tout était fait pour effrayer le monstre qui s’enfuit aussitôt! Il apparût alors que le vieux fou était un dieu qui était intervenu pour libérer les hommes de ce fléau à l’aide de banderoles rouges, de pétards et de feu… ».
Les fêtes commencées il y a une semaine par les préparatifs se poursuivront jusqu’à la fête des lanternes qui aura lieu deux semaines après le début de l’année lunaire. Pendant cette quinzaine, chaque soir, Pékin brillera de plus de mille feux, avec un regain au quatrième et au quinzième jour. Même si beaucoup sont partis et que certains étrangers trouvent cela trop dangereux de tirer eux-mêmes des fusées, il reste, rassurez-vous, suffisamment de Pékinois de souche pour protéger la ville du monstre Nian !

 

 

我祝大家新年快乐!万事如意!
Je souhaite à tous une heureuse nouvelle année! Que dix-mille choses soient conformes à vos vœux!

image

Une chronique de Mélanie Bourgeois

Commentaires

commentaires

3 Comments

  1. Kaushika 16 février 2016
  2. Kaushika 16 février 2016
  3. Sylvie 16 février 2016

Leave a Reply