RIONS ENSEMBLE

Rire pour mieux apprendre !

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Depuis ces dernières années, il est de mode de proposer en entreprise des séminaires pour gérer le stress par différentes techniques de contrôle de soi. Le sport, bien entendu, mais aussi des méthodes de relaxation, de méditation font partie de la mode actuelle de la gestion de son bien-être au travail, voire même dans sa vie personnelle. Au menu aussi : yoga du rire et activités d’expression théâtrale ont le vent en poupe.

Tous ces moments où on se lâche permettent de libérer son stress et d’agir sur ses émotions. Bref, tout est sujet à aller vers une émotion positive qui, d’après nombre de scientifiques, permettrait une plus grande rentabilité, une meilleure communication et intégration au groupe social dans lequel nous évoluons.

Dans cette recherche de bien-être et d’amélioration en productivité, le rire trouve sa place dans le monde de l’entreprise. Et c’est vrai, en plus d’être « le propre de l’homme », le rire est un médicament naturel et gratuit exceptionnel contre la dépression, le stress, l’anxiété, la douleur. « Les nez rouges » au chevet des enfants malades en sont la parfaite illustration : l’endorphine produite face au rire permet d’atténuer la douleur.

Lors d’une séance de rire, le corps sollicite presque tous ses muscles, le rythme cardiaque atteint une fréquence basse et l’apport en oxygène dans les poumons se multiplie par trois : le rire lutte donc contre les maladies artérielles. En allant encore plus loin, le rire peut être comparable à un sport, il aide aussi à la digestion, améliore la qualité du sommeil.

Hormis toutes ces propriétés (sans effets secondaires), déjà très alléchantes, ce qui me fait prendre la plume (ou taper du clavier) pour rédiger cette chronique, c’est que depuis quelque temps j’ai naturellement introduit le rire dans ma pratique d’enseignement. Et, depuis, je trouve une certaine facilité à obtenir l’attention de mes élèves et à leur transmettre des apprentissages simples ou complexes. Cela mérite de s’interroger plus loin encore…

En explorant d’autres études sur le rire j’ai découvert que des docteurs neurologues ont prouvé que le rire aide à améliorer la confiance en soi et facilite les apprentissages intellectuels.

Le rire au service de l’école… vous y aviez pensé ?

Eh oui, tout simplement ! Le rire aide le cerveau à mieux travailler.

  • Le rire favorise une attitude plus détendue et plus positive vis-à-vis de l’apprentissage.
  • Il réduit la peur de l’échec ou de commettre des erreurs, qui empêche de proposer une réponse.
  • Il stimule la créativité et la volonté de faire un lien entre différents aspects du sujet.

Pour comprendre, le rire génère des endorphines cérébrales, chimiquement proches des opiacés comme l’héroïne ou la morphine. Aussitôt, les niveaux d’anxiété et de nervosité chutent, l’esprit se met en éveil. Le rire facilite donc l’éveil de l’esprit et l’apprentissage, améliore la mémoire et développe la créativité.

C’est bien ce que recherche tout bon enseignant ! Non ?

Voilà pourquoi, quand et comment en quelques exemples j’ai laissé le rire prendre de l’importance dans ma classe et dans mes méthodes d’apprentissage.

SITUATION : Des élèves frappent à la porte et rentrent. Pourtant, je n’ai pas dit « entrez ! ». Le respect et la politesse dans tout ça ? C’est pourtant le b.a -ba d’un apprentissage social.

OPTION POSSIBLE

  • Réprimander les enfants : grosse voix, gros yeux « pas bien ! ».
  • Utiliser le RIRE, l’humour :

« Dis-donc, tu aurais pu attendre que je te dise oui… ,

et si nous étions en train de prendre notre douche !!? »

 

Rire général : le lendemain les enfants ont frappé à la porte et sagement attendu mon « ouiiii » avant d’entrer en souriant, sans stress et avec politesse.

J’ai ri, donc j’ai appris ?

SITUATION D’APPRENTISSAGE : apprendre que la lettre -s chante [z] entre deux voyelles.

OPTIONS POSSIBLES

  • Méthode classique : j’énumère la règle : « la lettre -s placée entre deux voyelles chante [z] » puis je leur fais appliquer ce principe.
  • RIRE : mettons en scène quatre élèves pour rire. Il y aura deux voyelles, une lettre -s et son « jumeau -s »… comme les voyelles chantent « trop bien », la lettre « » s’endort et… ronfle et rrrr[z]… Pour qu’il chante de nouveau -s, il faut que son jumeau, deuxième lettre « s », le réveille en le secouant bien fort : Et ssss, ça suffit la sieste !

Éclats de rire garantis et surtout : la leçon est retenue ! Nombreux sont les volontaires à la scène.

SITUATION PROBLÈME : ça y est, mon activité de lecture collective « repérage de mots dans le texte travaillé » commence à égarer quelques brebis de la pâture de l’attention. Il faut que je trouve un truc…

OPTIONS POSSIBLES

  • Je crie.
  • Je prends un bon point à ceux qui ne cherchent pas le mot demandé.
  • RIRE : je propose un défi lecture rapide et porte à la gloire le vainqueur en le faisant danser comme un pantin en lui agitant les bras de droite à gauche et en criant derrière son dos « Ouaiiiis !!! j’ai gagnéééééé ».

C’est gagné, tout le monde veut lire pour venir au tableau goûter à ce plaisir du rire provoqué par la scène, tout mon public se réveille et en redemande. J’ai même droit à un « oh noooon » collectif  lorsque j’annonce la fin du défi.

Le rire réveille l’attention et motive la recherche.

Et quand la maîtresse se met en scène ?

À défaut d’être devenue clown de l’espoir pourquoi pas devenir clown d’apprentissage 😀 (après tout mon image de chroniqueuse n’est pas choisie par hasard !!).

Le plaisir de les voir rire, m’a aussi encouragée. Mes talents enfouis d’actrice m’ont soudainement envahie cette année et face à mon public naïf et crédule, il ne m’est pas difficile de passer l’obstacle du « regard de l’autre ».

Voici donc quelques « extraits de mes folies » :

  • En mode « robot » pour l’apprentissage de l’heure : « Il est…. heures PILE ! »…
  • En mode « bébête » pour les familles des nombres lorsque je range n’importe comment les nombres pour que mes élèves, riant aux éclats, m’apprennent comment faire. Participation 100% ! Gagné. Tout le monde rit, veut s’amuser, essaie de m’expliquer, de me corriger, de restituer ses acquis !
  • En mode « danseuse » pour connecter les index de mes élèves à mon feutre marqueur avant de leur faire tracer les lettres dans l’espace, quelques mouvements de danse haut/bas/droite/gauche, accompagnés d’un déhanché de folie assure une connexion sans faille et attentive. La séance d’écriture peut commencer.
  • En mode « chanteuse » lorsqu’une consigne n’est pas écoutée. Il suffit de la chanter (cf. une certaine pub de banque actuellement diffusée à la T.V). Attention totale d’enfants scotchés qui se mettent à écouter cette drôle de maîtresse.
  • En mode « muette » lorsqu’il s’agit de les calmer en leur parlant en langage des signes (Borel Maisonny) pour donner une consigne ou pour dire une bêtise.
  • En mode « chef de gare » pour compter de 10 en 10 le train qui démarre et accélère avant de retourner calmement à la gare.
  • En mode « cow-boy » pour faire une bataille de doigts en dégainant le plus vite possible la quantité demandée à voix haute face à un adversaire de petite taille.

Et pourquoi pas en utilisant des accessoires ? L’année dernière, Madame Bidule venait régulièrement en classe avec sa casquette pour faire parler les enfants (cf. ma deuxième chronique).

Rire pour apprendre, rire pour être bien, rire pour construire des apprentissages ou une relation de respect. Tout le monde ne demande pas mieux et je pense qu’il est possible de le faire même au collège, même au lycée… J’ai en tête un certain film…

 Ô Capitaine, mon Capitaine ! Cercle des poètes disparus

Mais pour ça, je ne peux que vous inviter à partager votre expérience.

La mienne s’arrête à 6 ans et demi, 7 ans moins l’quart… 😉 et il est à présent l’heure pour moi d’aller rire un bon coup en buvant ma tisane pour préparer mon sommeil.

Merci au passage à EmyBill qui a réalisé l’illustration (www.facebook.com/pourmieuxtecroquer) et que mon article sur le rire m’a menée comme une évidence à rencontrer.

« Le rire est le chemin le plus court entre deux personnes. »

Charly Chaplin.

Une chronique de Claire

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One Response

  1. jacques 7 mars 2016

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *