Périscope, l'appli cachée au fond de la trousse

Vous connaissez ?

periscope

« Allez, on fait un Péri ! », smartphone à la main alors qu’on partait en sortie scolaire, cet élève de 3e n’a pas mis longtemps à me mettre la puce à l’oreille.

Péri = Périscope, l’application chouchou des jeunes est sur le podium des téléchargements sur l’Applestore ou Googleplay. Comme la plupart des gens, j’ai entendu parler de Périscope avec l’affaire Serge Aurier alors qu’elle existe déjà depuis un peu plus d’un an. « Découvrir le monde à travers les yeux des autres », tel est le slogan aguicheur de cette application appartenant à Twitter.

Périscope est une application de livestreaming puisqu’elle permet de diffuser de la vidéo en direct dans le monde entier via son smartphone connecté sur Internet. Une fois la vidéo terminée, Périscope la conserve durant 24h, ce qui permet aux internautes d’avoir une séance de rattrapage. Comme le croyait Serge Aurier, seul l’émetteur de la vidéo peut conserver une copie de sa diffusion sur son téléphone… mais certains utilisateurs font des captures d’écran ou enregistrent les vidéos. Ainsi quand un footballeur se lâche sur Périscope et qu’il est rattrapé par la patrouille, il risque de passer un petit moment sur le banc de touche. Pour un élève, on ne sera pas loin du carton rouge voire de la commission de discipline.

Mais revenons à notre sortie scolaire, après avoir demandé à l’élève d’arrêter de filmer, j’ai installé le lendemain l’appli sur mon smartphone. Aujourd’hui, je suis allé voir mes congénères s’ébattre à filmer la banalité ou le vide du quotidien, à se lancer des défis, à faire le beau et la belle. Sorte de télé-réalité ambulante et débridée, Périscope permet de zapper d’une existence à une autre en entrant dans l’intimité d’une vie avec la bénédiction des utilisateurs. C’est assez déconcertant au départ et on imagine facilement combien une telle application peut être addictive. Ceux qui livrent leur intimité aux autres et qui la mettent en scène reçoivent des messages, des cœurs et des encouragements… d’autres un lot d’insultes gratuites qui mettront à mal l’estime de soi.

périscope école

Ce qui est frappant mais finalement attendu, c’est la rapidité avec laquelle les ados et les jeunes adultes se sont emparés de l’outil en classe. Caché au fond de la trousse, le smartphone filme une banale scène de classe où quelques collégiens gentiment frondeurs se lancent dans le grand bain du livestreaming un brin émoustillés. « 90, 95 connexions ! » disaient deux petits parisiens émerveillés, comptant le nombre de curieux, dont moi, regardant leur contre-plongée alors que leur cours de Maths du vendredi après-midi semblait s’éterniser. La différence avec les bonnes vieilles vidéos filmées au smartphone, c’est l’interactivité : chaque personne connectée au flux vidéo peut commenter et aussi défier l’utilisateur de Périscope avec le risque de surenchère que cela apporte. Un peu plus tard, j’ai suivi des étudiants qui pour égayer leur après-midi avait intitulé leur vidéo « Exclus de cours ! Donnez des défis ». Pour ce que j’en ai vu, quatre loustics venaient tout juste de vider l’extincteur de l’établissement, s’en étaient mis partout sur leurs sapes et après une série de pompes continuaient leurs déambulations dans des couloirs déserts avec les yeux rivés sur les messages qui tombaient à la pelle.

périscope école2

Remèdes à l’ennui scolaire administrés par auto-médication, mode du moment, les vidéos sur Périscope vont fleurir dans nos salles de classe. On lira bientôt une série d’articles sur « Périscope à l’école », cela relancera aussi le sujet sur la place du Smartphone en cours, des profs s’emporteront, d’autres riposteront avec des pistes pédagogiques. En tout cas, il me paraît bon de télécharger cette application pour comprendre comment elle fonctionne. C’est notre rôle d’en discuter avec nos élèves, d’en expliquer tout de suite les limites et les dangers. Pour les pistes pédagogiques, on peut quand même regarder par là

Pour aller + loin

Une chronique d’Emmanuel

Commentaires

commentaires

4 Comments

  1. Jean 21 mai 2016
  2. Pingback: PÉRISCOPE, L’APPLI CACHÉE A... 16 mars 2016
  3. Roy-Delanchy 15 mars 2016
  4. Emmanuel GRANGE 15 mars 2016
  5. Laurence Allard 15 mars 2016

Répondre

Vous n'êtes pas un bot hein ? *