Faire travailler l'éloquence à ses élèves…

C’est possible !

concours d'éloquence

L’année 2014-2015 a été pour moi pleine d’aventures : temps plein, voyages à organiser, inspections, titularisation. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai également motivé mes élèves à participer au EF High School Challenge. Cette année, j’ai eu la chance d’avoir une classe de 4e bilangue (vous savez, celles en voie de disparition) non seulement intéressée, mais aussi motivée (pour la plupart d’entre eux du moins). Cependant, je me suis aperçue que certains en voulaient davantage et que mes trois heures de cours par semaine ne leur suffisaient pas (« We want more ! We want more ! »).

Je me suis longtemps demandée comment les emmener plus loin ? Et alors que je me creusais la tête (et pas grand chose en sortait !), je reçois un courrier d’EF proposant un concours d’éloquence ouvert dès 13 ans. Les meilleurs d’entre eux partiraient à New-York pour animer un forum. Les enseignants les plus méritants auraient aussi une formation à l’étranger. Mais quelle chance ! De plus le sujet invitait à la réflection : Comment les langues nous ouvrent-elles au monde ? J’ai alors proposé le concours à mes élèves comme l’opportunité de travailler leur expression orale, de travailler en collaboration et bien sûr de partir à l’étranger !

Nous avons préparé le concours en deux mois et nous nous voyions une heure par semaine. Ce n’a pas été si facile au départ. Les élèves ont clairement vu que l’éloquence ne s’improvisait pas : ils devaient avoir en tête leurs arguments, ils devaient également se montrer dynamiques et communiquer leur enthousiasme … Un vrai challenge pour des adolescents ! D’autant plus qu’en France, l’expression orale passe souvent après l’expression écrite, mais comme je leur rappelais souvent « Yes, you can !!! ».

Chaque séance avait un but précis : construire leur argumentation. Pour cela, je leur avais préparé un guide afin qu’ils soient le plus autonomes possible. À chaque séance nous voyions une étape différente : « brainstorm », arguments, organisation de ces derniers, exemples ou anecdotes afin de les illustrer, puis phrases de transition, conclusion et enfin introduction. À ma grande surprise, ils sont tous arrivés à construire des discours cohérents et dynamiques, ce qui n’était pas évident au début. Les idées fusaient, elles n’étaient pas connectées, ni justifiées et ils passaient d’une partie à l’autre sans qu’on s’en soit aperçu. Pas facile pour moi non plus de les guider sans leur montrer ce que moi, j’aurais mis à leur place ! J’ai donc appris à m’effacer, ce qui me sert aujourd’hui dans mes cours car les élèves sont davantage au centre et ont plus conscience de leur rôle qui doit être actif.

Le travail en coopération a également été un succès. Certes, il y a eu quelques tensions (surtout entre filles !) mais l’envie de mener à bien un projet les a poussés à prendre sur eux. J’ai beaucoup apprécié le rapport avec eux dans ces moments-là : quel plaisir de travailler avec des élèves volontaires ! Nous avons bien rigolé, ce qui a permis de nous connaître dans un autre contexte que de celui de la classe à 33 élèves.

Après cette expérience, j’ai bien senti que la plupart d’entre eux avait gagné en autonomie et en confiance en soi. En classe, par exemple, ils prenaient plus aisément la parole et avaient plus de facilité pour prendre des initiatives.

Vous vous demandez sûrement s’ils ont réussi à partir à New-York ? Et bien non, mais ils ont toutefois réussi à se qualifier en finale nationale ! Et puis grâce à eux, j’ai pu suivre une formation d’une semaine à Boston (de quoi rafraîchir ses méthodologies). « Thank you so much kids! » Alors, je sais que c’est du temps en plus, mais ça vaut vraiment le coup de vous lancer dans cette aventure! Remember, « yes, you can ! »

Découvrez le site d’Education Firt et le challenge : www.ef.fr/efchallenge

Une chronique de Marjorie

 

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