Blogueurs enseignants tueurs de manuels ?

L’avenir du manuel papier incertain…

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Bonjour à tous,

Et si à terme les blogueurs enseignants ruinaient le modèle économique des manuels scolaires au format papier ?

Comme moi, ces derniers temps, vous avez dû recevoir des kilotonnes de manuels scolaires. Vos casiers débordent, votre bureau aussi et alors qu’avant, vous vous en réjouissiez, aujourd’hui vous vous demandez ce que vous allez en faire. Les éditeurs sont ravis de voir que nos programmes changent aussi vite que les modes pédagogiques. Quand je pense que j’enseigne depuis 2005 et que j’ai déjà connu les programmes de 2002, ceux de 2008 et désormais ceux de 2015. Alors qu’allons-nous faire de tous ces spécimens reçus alors même que les pratiques enseignantes évoluent et tendent à se détacher de plus en plus du sacro-saint support papier ?

Question centrale de cette chronique, les blogueurs enseignants et les ressources qu’ils offrent vont-ils tuer à terme les éditeurs de manuels scolaires ?

Personnellement je pense que oui et je vais m’en expliquer.

1. L’offre des éditeurs est en inadéquation avec les usages de classe

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Quand je regarde chaque année les manuels que nous propose l’ARBS et que je dois choisir parmi ceux possibles, quel dilemme.

Aucun ne me semble indispensable ou utile dans sa totalité.

J’imagine la difficulté de nos prédécesseurs qui devaient composer leurs cours avec ces outils très limités. Résultat je ne m’en sers que pour différencier et donner « des biscuits » à mes meilleurs pendant que j’aide mes élèves en difficultés en manipulant ou en jouant.

Pourquoi continuer de proposer des manuels quand la richesse de ceux-ci repose sur un nombre limité de pages et d’annexes ? Que ce soit dans leurs rôles de fichier de systématisation, de fiches mémos ou de ressources iconographiques les manuels sont vite limités et trop pauvres en contenu.

Concernant les fichiers, ils représentent une alternative à la photocopie de masse et leur existence peut se justifier (même si j’ai toujours eu du mal personnellement à adhérer car on s’oblige à le terminer, tout n’est pas pertinent à 100 %) mais les manuels, quelle utilité ?

Quand même notre ministre de l’Éducation nationale prône le développement du numérique, comment croire qu’un avenir radieux puisse exister pour l’édition papier ?

Enfin, les manuels enrichis ou manuels numériques sont d’une pauvreté à faire pâlir toute personne qui fouille régulièrement sur la toile. Quelques exercices interactifs sont bien proposés mais dans la majeure partie des cas, ces manuels dits « augmentés » ne proposent que des captures d’écran à projeter pour des corrections illustrées. Et il existe tellement mieux ailleurs…

2. Sur la toile on trouve TOUT

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Quand je vois tout ce qu’il existe sur la toile en termes de :

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  • tutoriels (en informatique, en arts visuels, en sciences)
  • séquences toutes faites construites, réfléchies et éprouvées par des pairs.
  • fichiers complets d’exercices (j’adore ceux de Boutdegomme)
  • évaluations et des supers livrets en ligne comme sur l’excellent site EDUMOOVE

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Je me dis qu’il serait illusoire d’espérer trouver mieux que ça dans des manuels papiers et qu’il me faudrait des heures de consultations et de feuilletage pour trouver aussi bien ou pour ne rien trouver du tout.

3. Les blogueurs enseignants se multiplient et gagnent en qualité

Je m’étonne chaque semaine de voir des petits nouveaux apparaître dans la blogosphère qui s’agrandit chaque rentrée un peu plus. D’une poignée au milieu des années 2000 à près de 500 « gros » blogueurs enseignants aujourd’hui (par « gros » j’entends ayant reçu plus de 100 000 visites) les ressources numériques et la qualité de celles-ci ne cessent de croître.

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Quelques  blogueurs « stars »  émergent comme Charivari, LutinBazar, Boutdegomme (tous ces noms vous parlent j’en suis sûr). Ces blogueurs rassemblent des milliers de visiteurs par jour et des millions par an, preuve qu’ils fédèrent mais aussi que les pratiques numériques des enseignants croissent.

lutinLa plupart du temps les blogueurs devancent les éditeurs classiques car ils ont une capacité de réaction face aux demandes et aux modes pédagogiques plus grandes.

Ils bénéficient aussi de nombreux retours de visiteurs ce qui leur permet de mieux percevoir les besoins et de corriger plus rapidement leurs ressources disponibles au téléchargement.

Avant même que ne sortent les dossiers d’accompagnement, progressions et programmations des nouveaux programmes, ceux-ci ont déjà été réalisés par des blogueurs (allez voir du côté de la classe de Luccia, le travail énorme qu’elle a réalisé sur les nouveaux programmes)

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Donc quand je cherche des idées de séquence, des fichiers d’exercices, des illustrations de cours, d’expériences déjà réalisées je vais sur la toile. Je ne vais pas m’amuser à feuilleter les 150 manuels scolaires d’une étagère fantôme qui n’existe d’ailleurs plus chez moi.

4. La recherche de ressources et le suivi d’actualités sont plus faciles

Des moteurs de recherche spécifiques enseignants ont vu le jour (www.moteurPE.fr et www.Peclic.com) et facilitent grandement le travail de recherche des enseignants. Des forums existent ou encore des annuaires qui regroupent les liens vers les meilleurs sites de blogueurs pour professeurs tel www.sitesPE.fr

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Les jeunes PE qui sortent de formation ont déjà leurs comptes netvibes ou bloglovin pour suivre leurs blogueurs favoris.

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Ils maîtrisent l’actualité et le suivi pédagogique des sites qu’ils affectionnent en fonction de leur niveau et de leur pédagogie.

Ils échangent les bons plans qu’ils trouvent sur les réseaux sociaux et suivent des pages d’enseignants dans leur fil d’actualité que ce soit sur Facebook, Twitter, Pinterest et dans une moindre mesure Instagram.

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Donc lorsqu’ils recherchent un moyen de mener telle ou telle séquence ou qu’ils ont besoin de ressources, ils consultent leurs différents comptes, font passer des messages d’aide, interpellent leurs amis professeurs des écoles.

En conclusion !

70005Avec le développement des usages du numérique, les murs des salles des profs ont volé en éclats et c’est tant mieux.

L’usage des manuels scolaires papiers répond à des usages d’un autre temps.

Ils sont hors-course avant même leur sortie, vite désuets et rarement utilisés ou utilisables à bon escient à 100 %.

Avec l’usage des tablettes, VPI, TNI et ordinateurs portables, l’intérêt des manuels comme outil de systématisation devient obsolète.

De même pour la recherche et l’étude iconographique. Quelques images ou cartes d’un manuel ne remplaceront jamais la richesse présente sur la toile.

Avec les ressources numériques, vous avez accès à de multiples contenus riches, variés, neufs et renouvelés sans cesse.

Auprès des blogueurs enseignants, vous avez accès à des conseils de pair à pair, des retours d’expérience. Vous pouvez faire des propositions, vous avez le sentiment de participer à la création de certains documents ou jeux. Dans certains cas, vous faites même partie d’une communauté et vous trouvez alors le réconfort, l’écoute qu’il vous manque parfois auprès de vos collègues de la vie réelle.

Alors n’est-ce pas plus stimulant que de feuilleter des manuels scolaires, seul chez vous ou dans votre classe ?

À bon entendeur…

Une chronique de Monsieur Mathieu

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Commentaires

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7 Comments

  1. Granger 18 avril 2016
  2. Bernard 15 avril 2016
  3. Monsieur Mathieu 14 avril 2016
    • Granger 14 avril 2016
  4. Granger 14 avril 2016
  5. Monsieur Mathieu 14 avril 2016
  6. jacques 14 avril 2016

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