Voyage voyage… en paradis fiscal !

 Apprendre l’anglais sur l’île de Jersey

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Je vous ai déjà parlé de cette classe de CM2… si si quelques loulous très claniques et excluants, des élèves à besoins particuliers, un nouvel élève pas intégré… Bref, une classe qu’on sort peu ! Et pourtant, un voyage est toujours pertinent et, en CM2, c’est une bonne manière de clore l’école primaire et de laisser plein de chouettes souvenirs. Alors, pour tous ces élèves qui subissaient depuis plusieurs années cette ambiance de classe un peu délétère, j’ai décidé de partir. Je rêvais d’une classe urbaine… ma collègue de CM1, avait envie de faire découvrir l’anglais en situation à ses élèves. Elle pensait aux îles anglo-normandes, j’étais déjà allé à Jersey, alors banco !

Première information :

Jersey avec des élèves, c’est très bien mais ça coûte un peu cher. À deux classes on a certes rentabilisé le bus, cependant il faut aussi payer la traversée en ferry (de Bretagne ou de Normandie) et trouver un hébergement. Nous, on a opté pour un séjour court : arrivée le matin sur l’île (le décalage horaire est favorable) et retour le lendemain soir. Pour une nuit, les hébergements de groupe ne sont pas adéquats car ils sont situés en dehors de la ville. Il faut donc louer un bus pour s’y rendre le soir et en partir le matin,… ce qui explose tout le budget ! Alors on s’est renseigné pour des hôtels. Le but : rester à Saint-Hélier (le port et la ville de l’île de Jersey), en ville et tout faire à pied.

Deuxième information :

Pour deux jours c’est un bon concept car il y a plein de choses à voir et à faire à Saint-Hélier (même gratuitement). Le plus compliqué ? Trouver un hôtel pouvant accueillir une cinquantaine de personnes pour mi-juin. L’hôtel c’était nouveau pour certains : ils étaient un peu tout excités mais ça s’est très bien passé ! On a pu dîner sur place – les élèves ont donc commandé leurs plats, in english please ! – et se faire préparer des paniers repas pour les deux midis.

Troisième information :

Il est très facile de pique-niquer à Saint-Hélier dans certains parcs, même avec cinquante élèves !

Quatrième élément :

Notre objectif premier était de leur faire parler la langue anglaise. On a créé un jeu de pistes pour découvrir la ville avec des noms de rues, de mobiliers urbains, des différences avec la France, etc. Ils devaient poser des questions aux passants. Puis l’après-midi, nous sommes allés au château… accessible à pied à marée basse : là les élèves devaient trouver du vocabulaire.

Le deuxième jour, ils avaient deux missions.

  • Acheter une carte postale dans une boutique, s’asseoir pour écrire la carte en anglais, puis aller à la Poste acheter le bon timbre. Outre la postière que ça n’a pas fait rire de servir 50 élèves à la suite, cela a eu le mérite de les faire parler un petit peu.
  • L’après-midi nous avons à nouveau travaillé cela : les élèves ont commandé à tour de rôle une boisson et acheté des souvenirs : chacun avait 5 euros d’argent de poche maximum changé en livres sterling. Pour ceux qui n’avaient pas d’argent de poche, la caisse de l’école a discrètement joué son rôle.

Enfin, tout au long de ce court séjour ils avaient un carnet de dessin pour noter leurs impressions et garder des souvenirs. Nous avions imposé des appareils photos jetables pour ne pas être responsables des contenus (ce sont les parents qui font développer !) et bien sûr interdit tous les téléphones portables. Nous enseignants, nous avons posté photos et nouvelles sur le blog de l’école pour tenir informés les parents.

Bref, pensez à Jersey pour vos voyages scolaires… ça dépayse : oui les jerseyens roulent à gauche, vous laissent traverser la rue avec une facilité déconcertante et parlent anglais ! Deux choses pour finir : comme c’est un voyage scolaire à l’étranger, il faut déposer le dossier encore plus tôt à l’administration (si si c’est possible !).

Enfin, peut-être que certains parents vous demanderont pourquoi vous emmenez leurs enfants dans un paradis fiscal ? Véridique ! Tellement drôle ! Allez, d’accord, la prochaine fois on part au Panama… c’est tellement à la mode !

Une chronique de Sophie Dupré

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