La réforme : qu'en dire à M-4 ?

Un premier bilan

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Bon, après en avoir entendu et lu beaucoup sur cette réforme, j’ai envie d’émettre un premier bilan personnel.

1. Ça fait peur

La somme de travail va être colossale, outre les EPI, AP à mettre en place, en français notamment les programmes changent beaucoup. Je ne peux garder que deux chapitres de tout ce que je fais habituellement, je dois refaire tout le reste… Tant de travail à mettre à la poubelle ça me fait franchement mal au cœur… Mais…

2. Ça fait réfléchir

Refaire des chapitres, se demander de nouveau quels textes convoquer, quelle thématique choisir, réfléchir à sa propre pratique ça fait du bien (enfin moi j’aime ça, ce travail en amont, chercher, penser, formuler…)

3. Travailler en équipe obligatoirement

Que ce soit l’équipe de notre matière ou avec les autres, cela va être primordial. On doit vraiment se concerter et se mettre d’accord pour faire avancer d’un même bloc nos élèves sans que ce soit fouillis comme ça peut l’être actuellement (là je pense à l’étude de la langue notamment). Et là je me dis que j’ai de la chance. Mon équipe de français est super. Il va falloir se réunir, discuter mais ce sont autant d’émulations intellectuelles positives.

4. Bémol : impression qu’on nous prend pour des machines corvéables à merci

Bémol ultra négatif : l’impression d’être corvéable à merci. Réunion de 17 h à 19 h, formation le mercredi toute la journée sans aucune heure sup rémunérée (c’est mon mari qui tique encore plus que moi et il est dans le privé : « Quoi ? Vous n’êtes pas payés en plus ? ». Phrase de conjoint de prof investie (trop peut-être)). Je ne me plains jamais. Je vais aux réunions. Je m’investis grandement au sein de mon établissement (projet d’ouverture culturelle, GPDS), je ne compte pas mes heures pour faire du tutorat ou des sorties scolaires volontaires (2 dimanches avec mes troisièmes, un à la Comédie-Française, un à l’opéra). M’investir est pour moi l’essentiel de notre métier. On est passionné ou on ne l’est pas. Si on ne l’est pas mieux vaut réfléchir aux raisons… Mais là franchement, trop c’est trop. Ok c’est nécessaire de se réunir pour créer ces EPI mais des réunions le soir et le mercredi quand on ne travaille pas et qu’on a des enfants en bas âge P… ! Certains collègues ont leur formation le mardi, le jeudi, sur leur journée de travail mais beaucoup ont le mercredi. Et bien merde. On est OBLIGÉ de s’y rendre (convocation dans le casier) mais pas de sous. Trois conseils pédagogiques élargis de 17 h 15 à 19 h 15. La garderie ferme à 19 h. Trouver un moyen de garde. Le payer en plus de la garderie. Rentrer le soir tard. Coucher ses enfants fatigués. Être soi-même épuisée. Car oui là je m’épuise. À force de trop tirer sur la corde à la fin elle se casse. Donc attention chers principaux et autres responsables de la mise en route de cette réforme de ne pas USER vos professeurs et les dégoûter de cette réforme qui finalement, en travaillant dessus, est vraiment bien.

5. Une super réforme si elle est bien mise en place

Se réunir en équipe, réfléchir à sa pratique, créer des projets, avoir une finalité… Ça me plait. Là je me lance dans un EPI avec ma collègue d’Art-plastique et d’anglais et ça va être une super aventure. J’ai plein d’idées qui bouillonnent dans ma tête, plein de projets. Bref c’est très positif. Pendant cette fameuse deuxième réunion de 17 h à 19 h, nous travaillons par îlot, chaque petit groupe ou binôme de profs qui discutait, réfléchissait, écrivait. Émulation. C’était beau à voir, des projets naissant de nos esprits et prenant forme.

Alors ce bilan ?

Pff et bien je suis vraiment convaincue que cette réforme va dans le bon sens si elle est bien faite, bien menée, que les professeurs s’engagent et en prennent possession. Mais il faut nous laisser le temps de le faire ! Assurer nos cours, nos projets, nos vies hors du collège (ah bon nous sommes des êtres humains avec une vie hors de nos salles de classe ?) et en plus créer, innover, inventer ça devient vraiment compliqué et épuisant. Car là est le cœur de la réforme : créer, innover, inventer. Cette masse de travail fait peur mais elle donne envie aussi quand on s’y plonge. Je voudrais des demi-journées banalisées pour pouvoir le faire bien, vraiment. Au moins une ou deux parce que ce n’est pas en juin-juillet qu’on devra s’y mettre, c’est maintenant !

Une chronique d’Amélie-Mélo

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3 Comments

  1. Cat 27 avril 2016
  2. Frédéric AURIA 25 avril 2016
  3. Guill 20 avril 2016

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