Comme un livre ouvert

À la découverte de soi-même

commeunlivreouvert

J’ai lu Comme un livre ouvert de Liz Kesser, publié dans la collection « Hugo Roman » que j’aime beaucoup. J’ai eu du mal à écrire cette chronique car même si ce livre est un roman de jeunesse qui se lit aisément, je dois faire une chronique dans l’optique de « comment partager cette lecture, dans quel cadre la conseiller aux élèves » et là, ça me semble compliqué… Je vais vous expliquer pourquoi.

Synopsis

Ashleigh est une jeune fille qui va découvrir sous nos yeux son homosexualité en se rendant compte des sentiments extrêmement fort qu’elle nourrit envers son professeur de littérature, Mademoiselle Murray. Cette lycéenne n’avait plus goût à rien, était en échec scolaire, reprend goût aux études et surtout aux cours de littérature où elle devient excellente et peut ainsi aller à l’université.

Mon avis de lectrice

L’épineuse question de l’identité sexuelle est ici décrite sans tabou. On suit les révélations d’Ashleigh au fur et à mesure car il s’agit d’un roman en point de vue interne. On se rend très vite compte qu’elle ressent plus que de l’admiration pour sa jeune professeur de littérature, jolie et bienveillante. Le dénouement est un peu long (le lecteur suit ses questionnements alors qu’il a la réponse, ce qui est un peu agaçant). Néanmoins, cette découverte de la sexualité d’une adolescente est décrite avec finesse et sensibilité, il pourrait donc plaire aux jeunes filles qui se cherchent.

L’avis du jeune professeur (jolie et bienveillante que je suis… et modeste) : comment l’utiliser en classe ? Et là, je suis bien mal à l’aise. Je l’ai lu en entier et assez rapidement, mais les sentiments de la jeune fille envers son professeur de littérature (en qui je me suis somme toute identifiée…) et surtout le dénouement final m’ont dérangée. Je n’oserais pas forcément proposer ce livre en classe comme conseil de lecture, comme je le fais régulièrement en début de cours quand un livre m’a plu, car je me sens trop proche de ce jeune professeur et je ne voudrais pas que ce soit mal interprété. Le jeune professeur (qui est aussi homosexuelle) se reconnaît en Ashleigh et a de la sympathie pour elle, elle voit en elle ce qu’aucun autre professeur n’a pu percevoir (son intelligence, sa pertinence, ses capacités), mais la jeune fille interprète mal ces attentions et lui fait une déclaration d’amour. Gros malaise. Ce qui me dérange aussi, c’est que le public de ce livre me semble ciblé et que l’auteur ne va pas jusqu’au bout de sa démarche. J’aurais presque préféré qu’il y ait une histoire passionnelle entre Ashleigh et son professeur, que cette fin qui se veut plus morale et dont le dénouement est évident depuis un bout de temps… Je suis comme ça, j’aime les histoires de passions interdites et absolues (qu’aurait été Le Rouge et le Noir si Mme de Rénal était partie brusquement après la déclaration de Julien Sorel ?…). Il y a donc un côté prévisible et des éléments illogiques et agaçants. En effet, Mlle Murray, après la déclaration, part du lycée sans adresse, ni téléphone, ni rien… Pourquoi ? Elle n’a rien à se reprocher et elle fuit en laissant tous ses élèves juste avant la fin de l’année et leur diplôme… Ridicule. Un vrai professeur fait face et, même s’il peut être mal à l’aise face à un élève ou une situation, il se doit de communiquer et de régler le problème. Je pense donc que je n’ai pas aimé ce livre parce que Mlle Murray ne répond finalement pas aux attentes du lecteur et aux miennes. Elle m’a également agacée parce que le personnage en lequel je pouvais me projeter, c’était elle. Déception. Mais je comprends aussi que Mlle Murray n’était qu’un prétexte, un fantasme qui a permis à la jeune fille de se découvrir et, finalement, de trouver une personne avec qui vivre une histoire bien réelle et d’adolescente saine. Du coup, je pense que ce livre peut être bien accueilli par de jeunes lectrices.

Pour conclure, ce livre pourrait tout à fait trouver sa place dans une séquence sur l’homosexualité ou la découverte de soi comme lecture cursive. Notamment pour la quête de l’identité sexuelle de la jeune fille, mais aussi l’acceptation de son homosexualité par sa meilleure amie et sa mère et le conflit engendré avec son père.

Lisez-le et faites votre propre opinion…

 

Une lecture d’Amélie Mélo

Commentaires

commentaires

Répondre

Vous n'êtes pas un bot hein ? *