L'heure est aux bilans

Avez-vous fait les vôtres ?

Les beaux jours arrivent (on y croit, on y croit !). L’Euro bat son plein alors que les festivals s’annoncent. Les élèves commencent sérieusement à se démobiliser. À cette heure, les dernières copies sont en passe d’être corrigées. Les moyennes sont bouclées et les bulletins quasiment tous renseignés. Mois de juin ! L’heure est donc certes aux rangements mais surtout aux bilans divers et variés…

Bilan sur l'année

Côté cour…

Une activité qui a son intérêt et qui passe plutôt bien. Faire réfléchir les élèves à leur année scolaire, soit avec la casquette de professeur principal et donc faire un bilan sur l’ensemble des disciplines, soit dans sa matière uniquement. Travailler sur les bulletins des 3 trimestres pour mettre en avant points forts et points faibles, analyser les conseils distillés tout au long de l’année par les collègues, construire des graphiques, jongler avec ses moyennes, commenter et justifier son araignée annuelle, mettre en perspective les résultats obtenus avec son projet d’orientation, échafauder des stratégies pour la suite. Vous entendrez forcément des remarques du style : « C’est juré, l’an prochain, je travaille à mort ! » ou « Mais j’comprends pas, j’croyais avoir augmenté en maths au 3ème trimestre ! Vous êtes sûre m’dame qu’il est juste votre logiciel ?!? ». Bref, c’est un moyen de travailler de façon détournée quelques compétences transversales à l’heure où il est difficile de motiver les foules mais aussi de rendre les bulletins plus compréhensibles et de faire le lien entre résultats et projet.

Des exemples de fiches d’activité dans cet article

Faire un bilan dans ses classes et dans sa discipline sur l’année déroulée peut s’avérer par ailleurs intéressant. Demander aux élèves qu’ils s’expriment sur le déroulement des cours, les difficultés rencontrées, les progrès réalisés, la plus-value (ou pas) des cartes mentales et des fiches de révisions, les séances en salle multimédia, les supports utilisés au fil des cours, la fréquentation du blog ou l’utilisation de l’espace numérique de l’établissement. Ce sondage peut être anonyme ou pas, de préférence à l’écrit, guidé par des questions plus ou moins précises. Il faut en expliquer les objectifs (on ne règle pas ses comptes !). Vous n’échapperez pas aux demandes de vidéos à tous les cours ou à davantage de sorties à organiser. Mais on peut y glaner des informations utiles. Synthétiser oralement les résultats ensuite en classe permet de repréciser les démarches ou les objectifs, de revenir sur des méthodes de travail, sur les décalages entre les attendus du prof et ceux, plus ou moins réalistes, des élèves.

Côté jardin…

Alors, quel bilan pour vous cette année ? Juré, vous mettrez moins de notes, vous vous limiterez à un projet par classe, vous ne vous ferez plus l’ardent défenseur de la transdisciplinarité. Tiens, c’est drôle, vous aviez déjà fait ce même constat l’an dernier et l’année d’avant aussi. Promis, d’ici fin juin, vous ferez le point sur vos progressions pour l’an prochain, pendant que c’est encore frais et ce sera du temps de gagné pour septembre. Bon, d’accord, avec la réforme en vogue du collège, les bonnes résolutions sont un peu différées et les priorités ailleurs. Il vous reste tout de même à faire vos bilans pour le dernier Conseil d’Administration, le prochain Conseil Pédagogique, l’ultime Conseil d’Enseignement et l’imminent Conseil écoles-collège.

Et si vous êtes passés du collège au lycée cette année, ou vice-versa, un autre bilan s’impose forcément. On dit souvent qu’au collège, les élèves sont plus spontanés, encore curieux et moins attentistes. On materne davantage. Les effectifs sont moins importants dans les classes mais il y a plus de discipline à faire. Une heure de cours est nerveusement plus dense. Les élèves sont moins autonomes et nettement plus bruyants. Au lycée, le contact est différent avec un public plus mature, parfois plus distant mais pas tant que ça au final. Il faut s’imposer autrement, plus en souplesse. 38 élèves de première dans une salle à 8h du matin un lundi font nettement moins de bruit qu’une horde de 6ème à canaliser dès le retour de week-end. Mais le Sixième est plus facile à mobiliser que le Seconde amorphe sur sa table à bailler aux corneilles et à vous lancer un regard noir à l’idée même d’avoir envisagé de lui demander de formuler la problématique du nouveau chapitre. Côté cours et travail ? Au collège, il y a moins d’enjeux avant la classe de troisième à ne pas tout à fait finir les programmes. On a davantage de libertés pédagogiques sans la pression des examens. On entend dire aussi qu’il faut moins de temps pour préparer les cours car il y a moins de contenu et que la correction des copies est plus rapide. CQFD. Il y a davantage d’opportunité de projets transversaux et d’occasion de croiser les matières. Il faut faire en permanence le grand écart entre un public très hétérogène, pas encore partagé entre la voie générale ou professionnelle. La multiplication des actions diverses et variées fait parfois perdre le fil et on en arrive à s’éloigner de ses disciplines d’origine. Au collège, il y a aussi beaucoup plus de réunions. Au lycée, les cours prennent une autre forme. Davantage dialogués, parfois magistraux. Des élèves moins acteurs alors et plus consommateurs ? À ce niveau, c’est selon les disciplines, selon l’envie de chacun et surtout selon sa conception du métier. Ce peut être un défi à relever que de vouloir mettre au travail en binôme ou en groupe un public qui attend un contenu clé en main. Préparer des cours ou des activités demande peut-être davantage de temps et de travail en amont chez soi. Au lycée, il y moins souvent de copies à corriger mais on y passe plus de temps. Et côté collègues alors ? Pour ceux installés en lycée depuis de longues années, impensable de retourner devant des collégiens, ils ne le conçoivent même pas. À la machine à café, vous croiserez forcément le collègue qui vous dira que vous avez bien fait de muter en lycée car vraiment, il se demande bien ce qu’on fait au collège, vu le niveau des élèves qui arrivent maintenant en seconde. Tout comme au collège, il y a toujours LE collègue qui se demande ce qu’ils font en Primaire car les 6ème savent à peine lire… Ah, quand les uns se chargent de faire le bilan des autres… !

Allez, trêve de blablas. Les vacances approchent ! Je vous souhaite à tous un bel été mais une question tout de même : vos bilans sont-ils faits ?!?

 

Une chronique de Agnès Pleutin

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  1. Co 24 juin 2016

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