Cette année, j'ai changé d'école !

Comment respirer, prendre du recul, se booster, redynamiser, se remettre en cause au cours de sa carrière ? En ce qui me concerne, j’ai peut-être trouvé un moyen cette année : Je change d’école ! Pas de grand changement a priori : je reste en élémentaire, dans le même cycle avec un CE1 au lieu d’un CP (ma classe chouchoute mais bon voilà… pas le choix). Bien que… les nouveaux programmes vont me bousculer un peu et m’obliger à refaire le point sur les attentes et mes choix pédagogiques.

emménager dans une nouvelle classe

Confortablement installée depuis 8 ans dans mon ancienne école et 4 ans dans ma classounette de CP à compter les élèves passer (sans pour autant perdre ma motivation quant aux projets et apprentissages à transmettre bien sûr !), j’ai débuté ma carrière en l’an 2000 et fréquenté quelques établissements (cinq) aux caractéristiques bien différents. Mais, cette fois-ci, ma mutation (véritablement désirée) me fait quitter une école de ville (de 42 851 habitants) de 9 classes avec dispositif de Regroupement d’Adaptation et une Ulis école pour une école de campagne (1958 habitants) avec 7 classes, sans dispositif d’accompagnement particulier.

Mes deux mois de vacances (oui, oui, je sais, deux mois !!) ont donc été ponctués par de multiples questions, de la plus simpliste à la plus stressante, tout en aiguisant une curiosité et une excitation nouvelle face à ce changement d’univers scolaire qui m’attend :

  • Le « public élève » est-il différent entre ville et campagne ?
  • Les parents vont-ils avoir une autre confiance ? Une autre approche ? D’autres exigences vis-à-vis de moi ?
  • Comment l’accompagnement des élèves à besoin éducatif particulier pourra-il être assuré dans ma nouvelle école sans dispositif adapté ?
  • Quelles seront mes possibilités de travail en cycle ?
  • Quelle implication possible de ma classe dans la vie municipale ?
  • Quelle liberté pédagogique, quels supports ?
  • Quels moyens humains et financiers pour accompagner mes projets, mes sorties… ?

… ou encore :

L’école est-elle la même partout ?

Travaillons-nous tous égalitairement ?

Bon, là j’avoue, sur les deux dernières on se croirait en train de préparer l’épreuve du BAC philosophique. Vous choisirez un des deux sujets, vous avez 3 heures…

Cela me semble assez pour commencer et trop de questions tuent la question, non ? 😉 Deux écoles dans deux endroits totalement différents mais toujours la même passion, avec l’expérience en bonus ! Pour l’instant, je me contente (toute contente) de terminer mes préparatifs car quelle que soit l’école, la rentrée reste la rentrée !

UNE SEMAINE PLUS TARD…

Allons-y, c’est l’heure du bilan !

Par quoi commencer ?

La rentrée avec un groupe nouveau d’élèves est toujours une rentrée : le temps des présentations, la mise en confiance, la présentation des objectifs et de ses exigences… Un côté aussi sympa mais autoritaire à affirmer et quelques larmes et parents à rassurer… Bref, ma rentrée auprès des élèves aura eu le même goût que celles des années passées… Quoi que les années passent et l’expérience me donne de plus en plus de facilité à affronter cette journée primordiale.

Des élèves de toute sorte : des bavards, des timides, des « je sais tout », des « moi je », des « madame j’ai mal », des « j’peux faire pipi », des «trop tard…», des « j’sais pas l’faire »… Des enfants, de campagne ou de ville : des enfants dans toute leur splendeur avec la spontanéité qui les qualifie et fait qu’on les aime.

  • Le « public élève » est-il différent entre ville et campagne ?

 

RESOLU

Je m’attendais donc, toute nouvelle maîtresse que j’étais, à faire face à un attroupement de parents lors de la sortie de 16h30. Préparée à déballer mes arguments d’expérience et mon CV d’enseignement au cycle 2 je me suis rapidement trouvée… seule ! La sonnerie, l’arrivée dans la cour puis les « au revoir madame », « à demain », des petits signes au loin de parents occupés dans la cour des maternels à récupérer leur plus petite progéniture, des « bonsoir, je suis le papa de … bonne soirée !»… m’ont laissée bras ballants au milieu de la cour. Mais où sont les : « ça s’est bien passé ?? », « alors vous arrivez d’où ? », « ca fait longtemps que vous enseignez ?? »… rien… RAS, le calme absolu ou plutôt : la pleine confiance ?!

  • Les parents vont-ils avoir une autre confiance ? Une autre approche ? D’autres exigences vis-à-vis de moi ?

 

en cours de RESOLUTION

Et puis, ça y est, j’ai fait mes premiers pas avec un VIDEOPROJECTEUR ! Ma classe, donc mon local classe, est une « ouverture ». Ainsi depuis ma rentrée j’évolue dans un local entièrement rénové aux couleurs pratiques et neutres (blanc et gris), lumineux et moderne : équipé d’un tableau blanc et d’un vidéoprojecteur, de plafonniers aux lumières LED blanches (finies les migraines liées à la craie et aux néons clignotants !!!). Du « jamais eu ». Alors j’en profite : je projette mes textes de découverte, les photographies … et les enfants trouvent ces séances « cinéma » à leur goût ! Une pédagogie nouvelle et moderne qui se complétera bientôt par l’utilisation des 30 tablettes disponibles pour l’école ainsi que des 15 ordinateurs portables !!

A cela se mêle une entière confiance quant à mes choix pédagogiques et mes demandes particulières pour accompagner mes CE1 dans leur apprentissage de leurs savoirs fondamentaux. J’ai « carte blanche ». Merci madame la Directrice !

  • Quelle liberté pédagogique, quels supports ?

 

RÉSOLU

En ce qui concerne les dispositifs extérieurs pour les activités culturelles et sportives, alors que j’avais eu quelques craintes en traversant la petite cour de récréation après avoir observé les deux préaux antiques permettant une récréation limitée à un déplacement à la verticale (sur le rythme «des sardines »), je me suis trouvée dans l’abondance des choix proposés sur un planning organisé :

  • la salle de sport à 10 minutes à pied de l’école avec son complexe « city park » (pour jeux de balles) et son terrain de foot
  • la petite « salle des fêtes » à 2 minutes à pied
  • la salle polyvalente : à 3 minutes à pied
  • la bibliothèque municipale tous les 15 jours avec une animatrice bénévole…

Des intervenants sportifs ? No problem

Que du bonheur !!

Bien sûr, terminés le « festival du cinéma », les concerts des « Jeunesses Musicales de France » et autres manifestations ponctuelles et gratuites que pouvait se permettre de s’offrir sur la grand place la ville dans laquelle j’enseignais avant…

Mais ne vaut-il mieux pas assurer des activités extérieures sportives régulières plutôt que de ponctuer une année de quelques sorties sans pouvoir assurer correctement le sport pour cause soit de mauvais temps soit de salle de sport inadaptée (trop petite, inondée, trop éloignée) ?

Je regretterai certainement ces quelques manifestations culturelles qui donnaient matière à débattre ou à étudier… Cependant, je ne sais pas encore ce que nous proposera ce nouveau village dans lequel la vie associative et culturelle y est largement valorisée par des bénévoles à foison.

  • Quels moyens humains et financiers pour accompagner mes projets, mes sorties… ?

 

RÉSOLU

  • Quelle implication possible de ma classe dans la vie municipale ?

 

EN COURS DE TRAITEMENT…

Quant à mon travail de cycle, avec mes deux autres collègues de CP et CE2, nous sommes sur la même longueur d’ondes (yes!). Pas de problème donc pour continuer la mise en route un classeur recueil des activités de QUESTIONNER LE MONDE en CP pour un glissement/accompagnement en CE1 puis CE2. Pas d’histoires non plus pour harmoniser sur une même approche un carnet de mots (échelle Dubois Buyse)… Beaucoup d’échanges d’outils et de méthodes de travail. Et déjà une belle concertation en ce qui concerne un élève de début CP lecteur/compteur/producteur d’écrit qui pourrait bien rejoindre mon groupe classe après quelques essais. Le tout en concertation, avec l’avis et l’accord des parents, soutenues en tous points par notre directrice !!

Nous commençons également à nous projeter dans des projets communs, à construire et à conforter au fur et à mesure que nous apprendrons également à nous connaître et nous apprécier.

Je n’avais pas vécu ça depuis bien longtemps… sous le (faux) prétexte de deux professeures à mi-temps sur une même classe ou celui d’une petite séparation géographique de bâtiments. Je me suis sentie longtemps seule avec moi-même et mes propres projets, idées et outils. Seuls quelques cahiers arrivaient uniquement à franchir, par principe, le seuil de deux années d’utilisation consécutives. Souvent seule aussi je me battais pour changer des habitudes ou rendre plus performants des enseignements … sans relai… sans résultat…

  • Quelles seront mes possibilités de travail en cycle ?

RÉSOLU

Quant à ma question :

  • Comment l’accompagnement des élèves à besoin éducatif particulier pourra-il être assuré dans ma nouvelle école sans dispositif adapté ?

 

NON TRAITE

pour l’instant je ne peux établir un bilan, les quelques difficultés pointées chez certains enfants ne semblent pas induire de dispositif particulier. Alors je vais juste ouvrir les yeux et tendre les oreilles pour voir comment ça se passe dans les autres classes.

En attendant, j’ai fini mes devoirs de ce « week-end rédactionnel » alors… je vais fermer les yeux et profiter des doux rayons de soleil régénérant qui s’offrent à nous pour ce beau mois de septembre et pour les jours d’école à partager encore, super motivée, dans ma nouvelle école enchantée.

Que du bonheur !

Une chronique de Claire Maurage

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