Et si l’on apprenait à communiquer ?

Ces dix dernières années, on a vu apparaître ce que l’on appelle les compétences psychosociales. Pour les intimes : les CPS. L’organisation mondiale de la santé les définit comme « la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. » Elles désignent donc les compétences qui permettent de s’adapter au monde dans lequel on vit, de mieux gérer son rapport à soi, aux autres et donc de mieux vivre ensemble.

Et si l'on apprenait à communiquer ?

Mais avoir conscience de soi, gérer ses émotions ou encore communiquer efficacement, ce n’est pas inné. C’est donc que ça s’apprend.

Cette année, je fais l’expérience de la mise en place de séances afin de favoriser un climat serein au sein de ma classe de 6e SEGPA et de créer une dynamique de classe la plus positive possible.

Mais je vous voir venir. « Quand est-ce qu’elle trouve le temps de faire cela ? »

Alors cette année, j’ai choisi l’heure de vie de classe. Au choix, vous pouvez aussi utiliser des heures d’Accompagnement Personnalisé.

Et en pratique, comment ça se passe ?

Chaque séance débute avec un rituel qui permet d’entrer dans la séance, en donnant la possibilité à chaque participant de dire comment il se sent. Par exemple, le rituel « haut les mains ». On ferme les yeux, on compte 1, 2… et sur le 3 on lève les mains en haut, aux épaules ou on entoure son ventre selon son état d’esprit du moment. Fermer les yeux permet de ne pas s’influencer les uns les autres et de se recentrer sur soi. Le rituel de « la météo » est aussi facile à mettre en place. Au choix, on montre un soleil, un soleil caché d’un nuage, des nuages ou un ciel zébré d’éclairs. On peut expliquer pourquoi l’on se sent comme ça si on a envie de le partager avec les autres. Mais on n’y est pas obligé.

Une fois le rituel effectué, une ou deux activités sont réalisées. L’animateur doit veiller à instaurer un climat bienveillant car cela est parfois difficile pour certains élèves d’oser et de participer.

main jointe

Voici quelques activités que j’ai pu expérimenter en classe, provenant de l’excellent site Le cartable des compétences psychosociales (http://www.cartablecps.org/).

  • Se lève qui : L’animateur donne des critères et, si l’on correspond à la description, il faut se lever. Cela permet de mettre en évidence que parfois, même si l’on se sent très différent de quelqu’un, on a quand même des points communs. Des exemples de critères possibles : « a déjà eu honte », « a pris son petit déjeuner ce matin », « a 3 frères et sœurs » « sait siffler » ou encore « aime les vacances ».
  • Trouve quelqu’un qui : Chaque élève a une grille et dans chaque case une proposition est inscrite. Par exemple « a beaucoup d’humour », « sait loucher », « est généreux ». Il faut trouver un camarade qui correspond à chaque description. Mais, pour noter le prénom de quelqu’un dans sa grille, il faut avoir consulté la personne. Dernière contrainte : la grille ne doit contenir qu’une seule fois chaque prénom. Cette activité permet aux élèves d’apprendre à connaitre leurs goûts, leurs qualités, leurs compétences et peut les aider à se voir positivement et là encore, à parfois se trouver des points communs.
  • L’arbre des qualités : Après avoir échangé sur les qualités et sur ce que les mots qui les désignent signifient, des images sont mises à disposition des élèves. Ils doivent choisir parmi une liste de mots deux qualités qu’ils attribuent à leur voisin de gauche et trouver deux images qui les font penser à cette qualité. Puis, à tour de rôle chaque élève fait sa présentation.

Par exemple « Louis, je trouve que tu es créatif, c’est pour cela que j’ai choisi pour toi cette image. »

creatif

À tour de rôle, chaque élève énonce et reçoit des qualités, et, au fur et à mesure, les images sont placées sur un arbre dessiné. Cela permet de constituer l’arbre des qualités de la classe. Comme le disait un célèbre proverbe africain, « seul on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin. » Au sein de la classe, différentes qualités cohabitent et il peut être utile de savoir vers qui se tourner selon les points forts de chacun.

La séance se termine par un rituel de fin. Par exemple « Le cadeau ». Ce rituel se réalise en cercle. Il consiste à imaginer un cadeau virtuel à offrir à son voisin de droite. À tour de rôle, chaque participant se tourne vers son camarade et lui dit par exemple : « Léo j’ai choisi de t’offrir … ». Cela oblige à se décentrer, à imaginer ce qui pourrait faire plaisir à l’autre et permet de terminer la séance sur une note positive.

Recevoir un cadeau, c’est plutôt agréable non ? Pas toujours ? Pourquoi ?

Ce peut aussi être des pistes de discussion…

 

Alors certes au début, les élèves ne sont pas habitués, ont dû mal à ne pas se moquer ou encore à offrir un cadeau qui fasse plaisir :

*Non M., on n’offre pas une mitraillette !

*D., on n’offre pas non plus de nouvelles oreilles à son voisin.

Pour ma part, j’ai reçu une boite de feutres Velleda. Cela partait d’une bonne intention, mais heureusement que ce n’est pas ce que l’on m’offre à Noël !

Bref, je suis persuadée que développer les CPS par des séances comme celles-là ne peut que permettre d’apaiser les relations entre les élèves, surtout en cette période d’adolescence où ces futurs adultes sont en pleine construction.

Alors à vous maintenant ! Les CPS en classe, vous commencez quand ?

Une chronique de Chloé

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