Le numérique à l'école

Les antibiotiques, c’est pas automatique, mais à l’heure du tout numérique à l’école, l’informatique, si !

Le numérique à l'école

Ce lundi matin là, quand je suis arrivé en cours, du numérique et de l’informatique, il ne me restait que le « ique » et un gros « Hic »…

Depuis quelques années, j’avais construit une petite activité qui fonctionnait bien avec, notamment, un petit logiciel en ligne, certes en anglais, mais tellement intuitif que cela ne posait pas de problème aux élèves.

Ce matin là, donc, j’abordais ma séance détendu et serein, sûr de mon fait quand un élève leva la main pour me signaler que le lien indiqué ne s’ouvrait pas.

Pas de panique, ça arrive parfois, c’est le « plugin flash » qui n’est pas à jour, ou peut-être est-ce le « plugin javascript » ? – oui, c’est vrai, ça fait prof qui maîtrise !!! – je vais me connecter en administrateur (sinon impossible de charger une quelconque mise à jour) et le problème sera réglé.

Je ferme donc la session de l’élève, ouvre la mienne (2 minutes environ à attendre que le bureau s’affiche) et me voilà fin prêt à ouvrir le navigateur Internet (2 minutes encore car il est très lent) puis je me connecte au site pour la mise à jour (2 minutes encore) j’installe la mise à jour (encore 2 minutes), je me connecte enfin sur mon logiciel en ligne et là… rien !!!!

Pas grave j’essaye maintenant la mise à jour du second plugin et à nouveau je teste (6 minutes plus tard)… Toujours rien !!!

Bien sûr, c’est un grand moment de solitude, d’autant plus paradoxal que, pendant toutes ces manipulations, je suis entouré de tous mes élèves qui attendent que je trouve la solution pour pouvoir commencer leur travail car, pour tous, c’est le même écran vide qui les accueille.

Allez, on ne se démonte pas, courage, il est encore possible d’essayer avec un autre navigateur : « Firefox » viens à mon aide !!! (lui, c’est le pire à l’ouverture sur le réseau, il faut presque 5 minutes car notre gestionnaire réseau ne l’a pas bien paramétré : il se remet à jour à chaque démarrage).

Très dubitatif et réaliste, je ne place guère d’espoir dans cette tentative… Et finalement, je ne suis pas déçu… toujours rien.

Le site a peut-être changé l’adresse de son logiciel ? Il me reste mon ami : Google. Une question bien posée et une page déplacée est à nouveau localisée (combien de fois cela m’a sorti de situations mal engagées par le passé).

Mais Google ne trouve pas. Peut-être ma question est-elle mal formulée ? Mais mon ami numérique reste toujours muet.

Cela fait déjà plus de 30 minutes que je suis dessus, et là, croyez moi je me sens de plus en plus seul alors que les regards convergent sur moi.

Eh bien il ne reste plus qu’à jeter l’éponge. Le numérique : 1, le prof : 0.

Mais je ne vais pas me laisser faire, il ne me reste plus qu’à installer le logiciel que j’avais prévu d’utiliser la semaine suivante. Pour cela, ce n’est pas très compliqué, il faut « juste » se connecter sur chaque poste en temps qu’administrateur, un par un, puis installer depuis la clef, le logiciel à utiliser. Une heure après, je pouvais enfin commencer mon TP !!!

Il y a bien sûr eu d’autres moments épiques, que ce soit le réseau en panne avec tous les fichiers des élèves perdus (dommage pour ceux qui avaient commencé un travail sans l’enregistrer sur une clef), la photocopieuse réseau qui n’était plus reconnue (on fait des économies d’encre et on passe pas mal de temps à récupérer des travaux avec une clef usb), la carte graphique des ordinateurs tout neufs qui ne permet plus l’affichage de nos logiciels (une carte graphique bas de gamme, ça permet d’être moins cher sur l’appel d’offre), les logiciels qu’on ne peut utiliser car les configurations de sécurité bloquent leur exécution, les sites qui mettent des heures à charger car trop de monde dans le lycée utilise internet en même temps. Je laisse de côté la lenteur des interventions sur le matériel : 4 mois pour réparer un câble réseau, un an pour installer l’antenne wifi nécessaire pour utiliser nos tablettes numériques, etc.

Tous ces « petits » détails qui n’existent pas lorsqu’on prépare sa séquence à la maison, bien installé dans son fauteuil, avec un ordinateur sur lequel on possède tous les droits de gestion et une connexion qui semble illimitée.

Avec le temps, j’ai bien sûr vite compris qu’il fallait tester les différentes activités sur les postes élèves, être muni des codes et identifiants de l’administrateur, mais qu’il fallait avant tout s’attendre au plus inattendu.

Oui, à l’heure où l’on voudrait que l’école passe au numérique, je m’interroge : des moyens matériels sont fournis mais les moyens humains (les personnes qui savent gérer, organiser les réseaux) font cruellement défaut. Je ne parle pas non plus du manque d’anticipation et de cadrage dans les équipements (matériel non compatible ou peu adapté à une utilisation en classe). Et nous voilà à bricoler chacun de notre côté pour pouvoir espérer faire fonctionner au mieux cette école numérique.

Oui, le numérique, comme je le dis souvent « ça fait gagner du temps »…. mais j’aime bien ajouter : « quand ça marche ».

Une chronique de Damien THOMAS prof 2.0 (quand ça fonctionne)

Commentaires

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6 Comments

  1. Renaud Nathalie 29 septembre 2016
  2. Jean-Luc Parisot 29 septembre 2016
    • Damien THOMAS 29 septembre 2016
  3. Cédric 29 septembre 2016
    • Damien THOMAS 29 septembre 2016
  4. Cremieualcan 29 septembre 2016

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