Bras cassés…

Main droite ou main gauche ?

Le gamin me montre son poignet droit, puis son poignet gauche ; le gauche fait le double de volume du droit. Son père me demande : « Alors, vous le prenez ? ». Je ne prends personne, moi, je ne suis pas commissaire-priseur. Je réponds que non, qu’il faut aller voir un médecin, faire une radio. « Ah, ok ! » L’enfant est content de repartir avec son père, je ne sais pas s’il est content parce qu’il ne va pas à l’école ou s’il est soulagé d’aller voir le médecin.

bras-casse

En tout cas, il doit avoir mal parce que je ne le revois plus pendant une semaine entière, de mercredi à mercredi, plus de lui, plus de nouvelles. J’aurais appelé si le numéro mentionné sur la fiche de renseignements était encore attribué. Et puis il revient, le mercredi suivant donc, le poignet est plâtré. Pas l’attelle souple, non, le vrai gros plâtre. Fracture du poignet, un mois de plâtre. Le père me tend un certificat médical, bon, ce n’était même pas nécessaire.

Je dis au petit élève qu’il restera du coup en classe pendant la récréation, au chaud, il pourra proposer à un copain de rester avec lui, ils joueront. Ça ressemble presque à un bon plan ; d’ailleurs, il sourit. Mais le père insiste : « Mais si, il peut courir. » Il me prend de haut : oh hé ! c’est pas une petite fracture qui va empêcher son fils de courir, il en a vu d’autres. Je m’abstiens de demander lesquelles. Eh bien non, je réponds, il ne peut pas courir, enfin si, il peut, mais enfin il ne doit pas, j’explique au père, non mais quel métier ! J’explique au père qu’il ne faut pas courir, qu’une chute pourrait être dramatique pour le poignet déjà traumatisé et l’enfant qui n’en est pas si loin non plus. Il restera dans la classe, voilà, ce n’est pas négociable, il restera dans la classe, et on signera son plâtre avec des smileys et nos prénoms à tous, ça ressemblera presque à un bon souvenir.

Pour clore la conversation et repasser dans la vraie vie, je rassure l’enfant et son père, quoique son père n’ait pas l’air bien préoccupé : « Heureusement, c’est le poignet gauche, et il écrit de la main droite. »

Ah non, m’apprend le père. Il écrit de la main gauche. Puis se ravise : « Ah non, c’est avec la droite. Non, la gauche. Enfin non d’ailleurs, la droite. »

Alors, je lui confirme : son fils écrit avec la main droite. Donc tout ira bien, et il sera en sécurité à l’école. Dans la classe, même pendant les récréations. Le père me remercie, je l’en prie.

Je ne sais pas si c’est la Toussaint qui toussainte un peu trop vite ou si c’est l’effet C, mais enfin, je me dis vraiment qu’on fait un drôle de métier.

 

Une chronique de Papa Lion

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  1. Marinecat 18 octobre 2016

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *