Profitons du tohu-bohu pour innover

C’est toujours plein d’allant qu’il faut accompagner une réforme. Ne surtout pas verser dans un attentisme très à la mode : les élections arrivent et le nouveau ministre va nous concocter une nouvelle réforme dont l’insigne modernité sera de balayer la précédente. Contrairement à Pierre Frackowiak, je pense que l’innovation pédagogique n’est pas un leurre, mais une lueur. Une lumière qui va s’amplifier et rayonner sur une jeunesse bien désespérée par le menu que le collège leur propose depuis quelques années.

lueur

L’innovation pédagogique, est-ce la classe inversée ? Les îlots bonifiés ? Est-ce Freinet ou Montessori ? Je ne sais pas. Ou plutôt, je trouve toujours étonnant et vaguement inquiétant que Célestin et Maria, fringuants centenaires, incarnent toujours la modernité pédagogique.

Depuis une quinzaine d’années, l’ordinateur et le TBI, ou le VBI sont entrés dans les salles de classe. On peut espérer que la décennie qui arrive cela celle qui verra l’abandon des sacro-saintes tables de classe au profit de systèmes souples d’organisation de l’espace-classe.

Et puis, osons renverser les tables ! Invitons la bienveillance à notre banquet. Non pas celle, démagogique, qui consiste à ne plus demander l’impossible à nos élèves. Non, la vrai bienveillance. N’ayons pas peur d’encourager à l’effort, partageons le bonheur d’apprendre, enrichissons notre vocabulaire de la réussite. Félicitons les élèves pour ce qu’ils font, pour leurs progrès, pour leur sourire ou leur sens de l’humour et non plus seulement parce qu’ils sont capables de réciter les verbes irréguliers, de calculer l’hypoténuse d’un triangle ou de faire la différence entre calvinistes et luthériens.

Bannissons l’évaluation chiffrée, cette vieille hypocrite qui gangrène les relations humaines, qui ramène toute la communauté au grand tohu-bohu originel. C’est noté ? Non ? Donc je peux ne pas le faire. Pourquoi mon enfant n’a eu que ça ? Le sujet était trop difficile. Tu te rends compte, il veut aller au lycée avec cette moyenne !

Pourquoi faut-il toujours évaluer ? Ce culte de la mesure est le nouveau Mammon et il brise les hommes avant même qu’ils commencent à entrer sur le marché du travail.
Je veux pouvoir voyager avec mes élèves, les amener à visiter les quatorze îles, Medhamoti, Macraeons et autres îles de la Dive. Je veux accoster à Ithaque.

Une chronique de Philippe Crémieu-Alcan

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6 Comments

  1. Cat 17 octobre 2016
  2. Cat 17 octobre 2016
    • Philippe Cremieu-Alcan 17 octobre 2016
  3. Sophie 17 octobre 2016
  4. Cat 17 octobre 2016
  5. L. 17 octobre 2016

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