La prof attitude…

Existe-t-il un autre style ?

Les vacances. Chaud, détente, farniente, ploufs dans l’eau, des semaines avant le cap de la rentrée, pas un remous sur la mer bleutée.

Incursion fugace dans ma boîte mail, et entre photos des vacances, offres promotionnelles et autres spams, des infos sur « Éduvoices. »eduvoices-idee

Bof, encore un piège à gogo, des start-up belges qui m’offrent des réductions sur l’achat de stylos en gros sans doute, ou des prix cassés sur des sonotones pour pallier mon incapacité à entendre ou à comprendre les bêtises que certains élèves me disent tout au long de l’année.

Mais non, des vidéos. Mais sur quoi donc ? Sur son style quand on est enseignant.

Je suis plutôt du genre bobo cool. C’est pas ça non plus ? C’est pas la fashion week pour les geeks ? Mais alors c’est quoi « Éduvoices » ? En gros, comment faire parler l’éducateur qui vit en toi.

Bonne surprise.

Ce qui m’a vraiment plu, c’est de réfléchir, pendant que j’avais l’esprit libre, à ma façon d’agir en classe. L’expérience commence donc par un test. Il y a trois types d’enseignement, le rationnel, l’affectif et l’opérationnel.

Ce n’est pas une surprise, l’affectif domine dans ma pratique. Et je me suis soudain demandé comment je pouvais parler à tous les élèves, alors, parce qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, bah non.

IUFM et ESPE

Bon, je ne suis pas une référence, on a boycotté l’IUFM quand ça a commencé, et j’ai passé les concours en candidate libre, mais quand même dans un institut qui forme les maîtres. Un passage obligé : les questions essentielles. Qui suis-je ? Comment je transmets, est-ce que c’est efficace ? Et toutes ces heures à parler dans le vide… C’est parce que je ne parlais pas dans le bon canal, qu’il me manquait quelques clefs. En anglais, en plus, on ne parle pas dans la même fréquence que les Français, alors ça n’aide pas.

En mode solo

On est dans des classes, certes, mais seul quand même. Pas beaucoup de retour sur nos pratiques, ou alors épisodiquement.

Il y a les stagiaires aussi, qui nous visitent parfois pendant 15 jours ; ils sont de bons miroirs. Mais on n’a pas toujours envie de regarder dedans. Parce que regarder, c’est critiquer, et critiquer, c’est refaire, et ça met en péril…

Les vidéos d’Éduvoices

La vidéo 3, les styles d’apprentissage

Forcément, si on se demande comment on enseigne, on se demande par voie de conséquence comment les élèves apprennent.

Et là, c’est le choc.

Et mes rationnels alors, qui ont aussi besoin que j’écrive ce qui va se passer dans le cours, qui ont besoin de guides, je les avais oubliés ! Alors bien sûr, à l’oral je l’ai annoncé, mon plan, mais les mots s’envolent et les écrits restent.

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Du coup ce petit rituel, ces étapes, ce processus, non seulement rassurent les élèves mais m’aident à bien garder les pieds sur terre et le cap sur l’objectif.

Mine de rien, ça change tout.

Avant, je privilégiais le moteur de la surprise, en me disant que j’allais « séduire » (oui oui, affective, on ne se refait pas) mais je comprends maintenant que certains élèves devaient être perdus dans les méandres de mes cours.

D’où les déclarations d’une élève, Louise je crois, pendant une réunion parents-profs « Ah oui, parce qu’en cours, je vois pas DU TOUT où vous voulez en venir, bref je comprends rien. » Moi : « Avec 18 de moyenne, c’est que vous comprenez deux-trois petites choses, quand même. Évidemment j’avais été très vexée, sans le faire voir, souriante mais blessée.

Les 10 vidéos, la playlist

Des vidéos qui couvrent des questions pertinentes, de l’usage du numérique à la façon d’utiliser sa voix comme un outil. Je les ai regardées, ai pris des notes, ai fait mes devoirs et me suis retrouvée à me poser des questions. J’ai appris à faire des pauses, à laisser questionner, laisser emmagasiner les informations ; j’ai rédigé des feuilles de route qui permettent aux élèves de savoir noir sur blanc les différentes étapes du cours.

Transformer les cours en missions

On a une dominante, mais aussi des tendances. Du coup, on peut essayer d’équilibrer, pour que le cours soit mieux construit.

Voilà que tout ce qui passe sous mes mains est soumis à refonte. C’est formidable, la dynamique que ça génère. Par exemple, un cours un peu moyen, avec une compréhension orale qui avait ennuyé les élèves, a été refondu en un escape game (missions terminées = aucun devoir).

La surprise au cœur de l’été

Un coup de chapeau à deux jeunes gens qui dépoussièrent notre façon de voir les choses et qui nous remettent au cœur des questions essentielles, la transmission dans le métier d’enseignant.

Leur bienveillance dans les échanges et leur capacité d’écoute m’ont rappelé que c’était le cœur de mon métier. Leur passion est contagieuse.

Ils étaient à Lille la semaine dernière, bientôt à Paris. À suivre, sans modération.

Une chronique d’Amélie Silvert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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