Où est passé mon proviseur ?

Une créature légendaire ?

J’ai longtemps cru que le proviseur, qui, lorsqu’il nous écrit, commence par « chers collègues », était une personne que je pouvais croiser dans l’établissement, voire même à laquelle j’avais le droit de parler. Je constate qu’il reste enfermé dans sa tour d’ivoire, qu’il sécurise de cartes électroniques en raison du risque d’attentat, sécurité qui filtre par la même occasion les professeurs mal intentionnés qui voudraient lui montrer les dysfonctionnements.

 

proviseur

 

Je le cherche donc, dans les couloirs, par mail. D’aucuns me disent qu’il existe bel et bien, puisqu’on l’a vu lors du vernissage de la collègue d’arts plastiques, et dans un dîner mondain. Mais le professeur semble être un prédateur redoutable, c’est pourquoi notre proviseur se méfie et se cache.

Calife à la place du calife

Depuis peu, la peur ayant visiblement encore augmenté, notre « collègue » a pris un garde du corps. Que le contribuable se rassure, ce n’est pas un nouveau fonctionnaire qu’il faudra nourrir pendant 40 ans, mais son comptable, notre comptable, le gestionnaire, le premier secrétaire… Dieu ! Il a tant de noms, et l’on fait tellement appel à lui, que c’est lui désormais le phœnix des hôtes de ces bois. Vous voulez organiser un voyage, le proviseur répond : « Ah, je vais voir avec le comptable ». Plus aucune réponse n’émane de celui qu’autrefois on appelait, sans doute de manière flatteuse, le capitaine du bateau. Le second est devenu calife à la place du calife. Vous l’aurez compris, je suis un peu taquin, j’en profite tant que ledit seigneur des lieux a encore des pouvoirs limités. Car je redoute la future mandature et avec elle l’avènement d’une nouvelle espèce : le proviseur-manager, forme hybride qui sera censée réconcilier le libéralisme et l’humanisme…vaste tâche.

Horizontal et vertical

En attendant, et cette fois trêve de plaisanteries, j’aimerais qu’un proviseur soit là au quotidien, je voudrais qu’il enseigne quelques heures seulement pour voir que les ordinateurs de la salle B2 ne fonctionnent pas, que la salle des professeurs est exiguë, que les imprimantes sont à bout…tout comme une partie du personnel, enseignants mais aussi techniciens. Alors, à l’approche de Noël, j’ai envie de penser que le père Noël mettra dans sa hotte un proviseur qui soit un homme de représentation, mais aussi un homme de terrain qui prend la température de ses équipes. Redescendez de votre nuage, nous avançons dans le même sens vers une éducation 2.0 dont aucun d’entre nous ne sait encore de manière définitive ce qu’elle sera, mais qui de toute évidence nécessitera une collaboration renforcée entre les chefs et les autres. Nos amis allemands l’ont compris, qui font tourner pour partie les tâches administratives et d’enseignement, l’horizontal et le vertical.

Une chronique d’Octave

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2 Comments

  1. Vivi 12 décembre 2016
  2. LORET 12 décembre 2016

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *