Un élevage en classe…

Oui, mais des fourmis !

Pourquoi ?

fourmis

Ça change :
1. des poissons rouges avec lesquels il y a peu d’interactions (Quoi, vous, vous y arrivez ? Ben pas moi…)
2. des phasmes : c’est sympa mais déjà fait
3. des hamsters, rats et autres rongeurs : ça sent pas très bon, il faut bien le dire, et il faut nettoyer la cage souvent pour une bonne hygiène… sans parler des allergies ! Et qu’en fait-on pendant les grandes vacances ?!
Bref optez pour des fourmis ! Inutile d’être myrmécologue (oui oui… le spécialiste des fourmis) pour construire un nid – ou plusieurs – avec ses élèves en classe et observer ces insectes forts intéressants. L’intérêt d’un élevage en classe n’est plus à démontrer : de la découverte du vivant au développement de la culture scientifique et technologique et ce, par l’expérimentation. Bref, à chaque âge l’élevage a ses avantages !

Chez Madame la fourmi, que peut-on observer précisément ?
1. La division du travail : la reine versus les fourmis ouvrières et au sein des ouvrières : les chasseuses, celles qui s’occupent du couvain, etc.
2. Le couvain : de la naissance à l’éclosion d’une fourmi -> quoi de mieux pour travailler sur les stades de développement des êtres vivants ?
3. L’alimentation : mais que mangent-elles ?
4. La coopération : par exemple pour le transport d’objets volumineux : il est facile d’en faire l’expérience avec de la nourriture.
5. Le principe des phéromones : quand une fourmi détecte quelque chose d’intéressant – là encore à manger par exemple – elle va « rameuter » ses collègues et toutes suivent ensuite exactement le même chemin. On imagine mieux le concept de phéromones…

Bon tout ça c’est chouette mais comment faire un nid de fourmis ? D’abord il existe plein de sites sur la toile : le must expliquant l’élevage de fourmis et un « C’est pas sorcier » qui peut-être diffusé aux élèves.

Recette pour un nid de débutante

Ingrédients :

  • du béton cellulaire (3 € le bloc de 15 x 25 x 60, il y en là pour plusieurs !)
  • 2 vieilles boîtes transparentes
  • un tuyau flexible transparent
  • des baguettes chinoises ou des allumettes pour creuser les galeries du nid
  • une plaque de plexiglas
  • 4 vis à tête plate
  • du talc et de l’alcool à 90°
  • en option pour peindre le nid : de l’argile

 

Prenez le bloc de béton cellulaire, déterminez la face destinée aux fourmis où vous allez creuser des galeries. Ensuite entailler la partie opposée du bloc suffisamment pour pouvoir immerger celle-ci (ou une partie) dans une boîte remplie d’eau : le nid doit-être toujours humide et chaud (mais moins chaud en hiver si vous les faites hiberner).

Avec vos élèves :

  • creuser des galeries et des salles et une sortie pour accéder à l’aire de « chasse », que vous relierez avec le morceau de tuyau transparent ;
  • peindre le nid (c’est optionnel) avec de l’argile en poudre ou en pâte (c’est non nocif pour les fourmis), genre ’argile à faire des masques pour la peau ;
  • installer la plaque de plexiglas, la fixer avec des vis par exemple ;
  • pour éviter que les fourmis ne s’échappent de l’aire où vous leur donnerez à manger : mélanger de l’alcool à 90° avec du talc et appliquer cette solution le long des parois. Ainsi les parois seront glissantes et les fourmis ne pourront pas s’échapper !

Votre nid est fait !

Trouvez votre reine !

Deux possibilités : au printemps  il est possible d’en récupérer dans la nature un jour d’essaimage : les vols nuptiaux ont lieu les jours chauds et humides. Le reste du temps, on en trouve sur Internet… ça vaut entre 10 et 20 €. Merci la toile ? Si cette pratique n’est pas forcément idéale, voire si vous avez mauvaise conscience, sachez qu’on estime à 10 millions de milliards le nombre de fourmis sur terre et que vous pourrez prendre bien soin de votre colonie. Pour commencer, il est conseillé d’opter pour des lasus niger, elles sont faciles à trouver et s’adaptent bien. Enfin, une colonie peut vivre plusieurs années donc si un jour vous n’en voulez plus, donnez-la !

Ça y est, vous avez votre reine, c’est la première… la première fois ! Waouh ! Déposez-la dans l’aire de « chasse », elle va s’approprier tranquillement  le territoire. L’idéal, c’est de la laisser s’acclimater sereinement – certes, ce n’est pas toujours facile en classe !

Bon élevage !

 

Une chronique de Sophie Dupré

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