Je suis devenue prof car…

Pourquoi vous êtes devenue maîtresse ?

Il y a peu… l’une de mes élèves m’a posé une colle. Si ! Si ! Une colle… le genre de question qui vous laisse sans voix et le cerveau fumant de réflexion.

« Mais… pourquoi vous êtes devenue Maîtresse ? »

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Question toute bête en apparence, me direz-vous. Certes. Mais cette dernière m’a laissée complètement bête. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que je ne me la suis jamais vraiment posée. Pourtant, aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours vue « prof »…

J’aurais pu me la jouer ironique : « Oh ben pour les vacances voyons ! » ou bien plutôt politiquement correct genre Miss France à 10 minutes de la finale : « Je suis devenue prof parce que je veux former de futurs citoyens blablablablablabla. » Mais tout compte fait, j’ai joué la carte de l’honnêteté et je lui ai répondu : « Je ne sais pas. »

Depuis, je ne cesse de me poser la question. C’est vrai, pourquoi suis-je devenue enseignante ? Et plus largement, pour quelles raisons devenons-nous prof ?

« Je suis devenue prof car c’est de famille ! »

Quand j’étais à l’IUFM, j’ai découvert à mon grand étonnement que les ¾ de mes collègues étaient eux-mêmes des fils et filles d’enseignants. Pire encore, les profs se mariant souvent entre eux, il n’est pas rare de se retrouver avec des « dynasties » au sein d’un même secteur ! Et pour le vérifier, il suffit souvent d’interroger les enfants des collègues sur ce qu’ils veulent faire plus tard (en particulier chez les filles) : « Maîtresseuh !!! Comme maman !!! » Comme quoi, passer ses mercredis après-midi en conseil de cycles quand on a 6 ans, ça peut laisser des traces !

Quant à moi, une tante professeur de français et une grand-mère immigrée espagnole qui rêvait d’être institutrice… Mais des parents qui ont arrêté l’école très tôt, et un frangin qui déteste les profs ! Alors… Probabilité : 50%

« Je suis devenue prof car j’adore les enfants ! »

Alors celle-ci je l’aime… En général c’est ce qu’on se dit quand on a 12 ans ! Bien sûr, si on ne supporte pas la compagnie des « moutards », il faut passer son chemin. Mais aimer les enfants est-ce une condition suffisante pour exercer ce métier ? Non, parce qu’une fois que vous aurez fait la connaissance de « Kévin », rien ne sera plus pareil !

Me concernant, je n’aime pas plus les enfants que les adultes. Petite, je ne jouais pas tellement à la poupée et je ne dégouline pas quand je me retrouve face à un petit. Néanmoins, j’apprécie leur candeur et leur honnêteté, je ne me lasse pas de ces discussions sans fin que nous avons sur le monde qui nous entoure… J’aime leur humour et leur spontanéité, même si je suis bien contente de les quitter après 6 heures de classe.

Probabilité : 25 %

« Je suis devenue prof car j’admirais ma maîtresse étant petite. »

On a tous en tête un enseignant qui nous a marqué, dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. Et quand on écoute nos élèves, ils sont nombreux (ou plutôt nombreuses) à avoir été touchés par la grâce (« Moi je veux être maîtresse comme toi ma Maîtresse chérie adorée que j’aime !!! » VÉRIDIQUE) On en reparlera dans quelques années ma grande…

Pour ma part, je n’ai jamais voué le moindre culte à mes enseignants. Petite, mes maîtresses n’étaient pas très funky (dédicace à ceux qui ont grandi dans les années 80/90), elles avaient de nombreuses heures de vol (le sex-appeal des hôtesses en moins). Et encore mieux, mon enseignante de CP m’a un jour collé une gifle parce que je n’avais pas terminé un exercice de maths… Pour autant… me voici prof !

Probabilité : nulle

« Je suis devenue prof car je veux avoir une vie de famille et jouir de mon temps libre. »

Celle-ci est généralement prononcée par des personnes n’ayant pas encore intégré la grande famille de l’Éducation Nationale. Car en effet, tout prof digne de ce nom pourra affirmer que, même si ce n’est pas la mine, le monde de l’école n’est pas de tout repos. Tu emportes ton travail chez toi, tu fais subir à ta famille les conséquences (enfants qui font les réunions le mercredi après-midi avec vous, une partie des vacances passée à préparer sa classe…). On ne coupe jamais vraiment (mais mince qu’est-ce que je fais là à vous écrire en fait ?!?). Et, comble du bonheur, tu payes tes vacances très cher car c’est impossible de partir hors saison ! (« Ah bon ? Tu as payé 1500 euros un billet d’avion ? »)

Cependant, je ne boude pas mon plaisir d’être en vacances toutes les 7 semaines (même si j’ai toujours du travail à faire), quand je vois mon papa ou mon mari qui n’ont que 5 semaines de congés par an… et plus de 40 heures hebdomadaires dans les pattes.

Probabilité : 10%

« Je suis devenue prof parce que… ben je sais pas en fait ! »

Toujours est-il que je n’ai toujours pas la réponse à ma question. Mais il y a une chose que je sais ! Jamais je n’aurais pu faire autre chose… et je savoure un peu plus chaque jour ce plaisir que j’ai à être en classe et à… jouer à la maîtresse !

To be continued…

 

Une chronique de Céline P

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6 Comments

  1. Mika 19 avril 2017
  2. MOKEDDEM Mohammed 14 avril 2017
  3. DAVAL Jacques 13 avril 2017
  4. Connillière Marie-Laure 10 avril 2017
  5. BRUNETDOC 10 avril 2017
  6. Shirley 10 avril 2017

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